Compte-rendu entrevue 7 juillet 2009 avec Mr Kléber Arhoul Directeur affaires culturelles
En présence de catherine Reflé.
Cet entretien était accordé à Jean-Pierre Dupuy en tant que président de L’adada.a.
Entretien cordial d’une heure. Pour ma part je m’en suis tenu au document programme (pièce jointe). Cependant le Directeur ne manquera pas d’interpeller le syndicaliste responsable national du Synavi que par ailleurs je suis. Le directeur insistera sur la représentativité du Synavi et de l’adada qu’il considère comme des interlocuteurs parfaitement responsables.
J’insisterai sur le fait que l’adada n’est pas un syndicat mais une coordination qui anime une réflexion et des actions collectives…avec la volonté de traduire au mieux les besoins et aspirations des artistes. Le directeur soulignera que c’est justement ce qui fait à ses yeux la représentativité et l’intérêt de notre organisation et qu’à ce titre, il souhaitait que nous participions à la future Conférence Régionale. Qu’il attendait de nous des propositions et des textes synthétiques et qu’ainsi un véritable dialogue pourrait s’engager.
Le directeur insistera sur l’effort de la Drac en faveur de la danse montrant par là que l’action des danseurs a rencontré quelques échos. Il estimera que la Conférence régionale pourra ouvrir un atelier spécial pour traiter des problèmes de la danse. J’insisterais sur la spontanéité et l’exemplarité de la mobilisation du secteur danse et qu’une rencontre était de ce fait indispensable. Je ferrais observer que c’est tout le secteur qui doit être pris en considération. Que le clivage entre culture et socio-culture continuait à empêcher un traitement correct et d’ensemble des problèmes et que c’était vrai pour toutes les disciplines. J’ai rappelé que la dotation budgétaire du chapitre 224 (action culturelle) était bien insuffisante ..et que la formation et l ‘émergence devaient pourtant devenir prioritaire en période de crise.
Au total, le directeur a beaucoup insisté sur la collaboration avec les organismes représentatifs qui structuraient le secteur indépendant. Au terme de l’entretien , rendez-vous fut pris pour la tenue en septembre d’une conférence régionale …réflexion implicite : la Basse-Normandie est-elle en l’état une entité de bonne dimension ?
JP Dupuy 9 juillet 2009
Rappel positionnement Adada
Position de la Coordination des Artistes de Basse-Normandie. Adadat. 3 Juillet 2009.
Document communiqué Directeur des Affaires Culturelles lors de l’entretien du 7 juillet 2009.
Préambule
Force est de constater que la crise aigue qui agite l’économie mondiale n’épargne aucun pays. Cependant il apparaît bien que la France, quant à elle, dispose d’un modèle social façonné de siècle en siècle qui, sans la préserver de tous les ravages et traumatismes de la dite crise, lui en atténue les plus douloureux effets. Nous estimons que l’exception culturelle française appartient en propre à ce modèle et cette tradition qui fondent les valeurs de la République. Par voie de conséquence, le Président de la République a pu évoquer, en Mars dernier, un plan de relance pour la culture lors de sa rencontre avec les principales organisations représentatives du secteur culturel.
C’est dans ce contexte que nous avons à apprécier la mise en œuvre des Conférences Régionales du Spectacle Vivant. La coordination des artistes de Basse-Normandie (Adada14) espère pouvoir, aux côtés des forces syndicales représentatives, pouvoir y apporter son concours et témoigner des difficultés qui préoccupent les artistes.
Bien sûr, les conférences se focaliseront sur le spectacle vivant, mais les problèmes spécifiques qui le concernent, ne peuvent se traiter sans une vision d’ensemble. L’Adadat occupe une place originale et à nulle autre pareille dans le paysage culturel et de ce fait peut apporter un éclairage particulier, précieux à la meilleure compréhension possible des problèmes.
Il s’agit pour notre organisation de structurer une volonté de solidarité et de développement concernant tous les arts qui puisse se confronter à l’intérêt général…Autrement dit nous sommes préoccupés par une série de questions : quelle place pour les artistes, dans l’espace public ? Quel rôle peut-on attendre d’eux comme ciment de la vie sociale et collective, étant entendu que ce rôle n’est pas nécessairement consensuel.
Depuis sa création (janvier 2007) l’Adadaa s’emploie à stimuler la réflexion et la capacité des artistes à prendre leur responsabilité.
S’emploie tout autant, à mobiliser responsables culturels (formateurs et enseignants compris), responsables politiques et « usagers » (on peut préférer dire amateur, voire « publics ») autour de l’objet artistique. Ainsi constats et analyses s’enrichissent de l’appétit commun d’échanger. Ainsi, l’Adadaa est en mesure de traduire, ou d’essayer de traduire sous l’angle d’attaque qui est le sien (le plus large rassemblement possible des acteurs du secteur artistique) les effets heureux ou malheureux de la politique culturelle en cours. C’est ce travail d’observation et de réflexion qui nous autorise à avancer des propositions et à nourrir les débats en cours.
État. Collectivités locales et territoriales. RGPP. Conférences du Spectacle Vivant. Plan de relance.
La RGPP aura jusqu’à ce jour, nourri une forte inquiétude quant à l’avenir même des Affaires Culturelles. Une forte suspicion persiste sur le désengagement de l’État et un nouveau partage des rôles et responsabilités vis-à-vis de la politique culturelle. Les Conférences régionales annoncées seront-elles en mesure de rétablir la confiance ?
Seul, nous semble-t-il, un fort plan de relance peut donner marges de manœuvre et crédit à une redistribution et redéfinition des rôles et responsabilités. Telle est notre conviction, qu’il n’y aurait pas de réformes possibles sans garantie de moyens. Si l’État peut et doit tenir son rang, il ne le pourra le faire qu’à la mesure des moyens qu’il s’accorde…D’autant que l’on a assisté, ces dernières années à une montée en puissance des financements publics des collectivités locales. On voit mal qu’elles se laissent « dicter » leur conduite dès lors qu’elles deviendraient le principal bailleur de fonds. En phase d’équilibre relatif et instable qui peut et doit piloter l’avion ? La question paraît incontournable. Verra-t-on les Affaires Culturelles opérer un repli stratégique sur le pré carré de « ses » institutions labellisées…laissant le secteur indépendant s’en remettre aux collectivités locales et territoriales ? On voit bien pointer là une source de clivage sérieux, porteuse à court terme, de désastreux antagonismes.
Culture à deux vitesse qui « dupliquerait » le clivage déjà bien consommé et tout aussi désastreux du culturel et du socio-culturel.
Certes, secteur institutionnel et secteur indépendant n’obéissent pas strictement et nécessairement aux mêmes logiques…Mais en dernière instance, ils ont (ou devrait avoir) la même finalité d’ordre artistique. En réalité, nombreuses sont les pistes et dispositions à explorer qui pourraient assainir et dynamiser le secteur artistique et culturel dans son ensemble. Nous nous contenterons ici, sans prétendre à l’exhaustivité, d’en relever quelques unes :
Priorité absolue à la recherche et l’émergence.
Ce qui est vrai des techniques et des sciences ne l’est pas moins des arts.
Quelles que soient les difficultés, recherche et émergence ne peuvent être tenus que pour des priorités absolues. L’Adada.a a pu le dire de vive voix au Président de la Région, elle renouvellera volontiers sa démonstration devant les instances de l’état. Préfet ou Directeur des Affaires Culturelles.
Car, il s’agit en tout état de cause, de préserver l’avenir en s’appuyant sur l’heureuse exception culturelle française qui demande à faire école à l’échelon européen.
Nous considérons que le dispositif actuel de lecture et d’accompagnement de l’émergence est particulièrement défaillant …Notamment de la part de l’État !
En effet, l’État n’est jamais là quand ça commence…Pas de mise à l’épreuve, pas de banc d’essai sérieux, pas d’accompagnement. Il y a là –estimons-nous- une carence récurrente aux conséquences les plus lourdes, qui laisse la porte ouverte à tout et n’importe quoi..
L’évaluation : L’excellence ? critère un peu court pour justifier les labels.
Fonder l’octroi de labels sur la reconnaissance d’une quelconque excellence nous paraît un peu court, tant l’exigence artistique à quoi se reconnaît l’artiste, rend bien superfétatoire pour l’artiste une quelconque échelle des valeurs. L’excellence est donc un bel habit d’ordre fort académique, dont on veut affubler les artistes ! Faut-il le dire ? ils n’en demandent pas tant !
Ce que nous demandons avec insistance, c’est une plus grande transparence et un plus grand souci de justice dans le « travail » d’évaluation, en se rappelant à quoi invite la charte sur la diversité culturelle promue par l’Unesco. Le respect donc de la diversité est une donnée essentielle. L’évaluation est un sujet sensible pour beaucoup d’artistes, elle doit être pratiquée avec retenue et en s’entourant des plus sages précautions. L’Adadat Souhaite dialoguer et discuter sur l’évaluation et ses critères, souhaite que les artistes concourent suivant des modalités à réfléchir à affiner le travail d’évaluation.
Permettre au secteur indépendant de se structurer. L’innovation incontournable.
Sujet sensible s’il en est : la structuration du secteur indépendant sur des modes qui lui sont propres. Eviter un trop lourd maillage institutionnel ; Au contraire le secteur indépendant doit se doter d’une réelle capacité et inventivité pour se structurer ! Innover, il n’a pas d’autres perspectives. En l’état, le secteur indépendant souffre d’un trop grand morcellement. Il s’atomise et se paupérise à grande échelle.
Quel que soit l’artiste et la dimension de l’entreprise dans laquelle, il s’inscrit…Il est porteur d’une démarche singulière. C’est une réalité incontournable. Que faire ? Comment peut-on alors inventer des dispositions et outils praticables avec la multiplication des structures ? Comment gérer, « capitaliser » toutes ces énergies et cette richesse « explosive » ?
Par exemple :300 structures et formations de musiques actuelles sont opérantes sur Caen et la Basse-Normandie…Comment gérer et réguler ce flux sans dispositifs nouveaux ?
Ceci, alors même que le Cargo vient à peine d’entrer en service, pour le bonheur du secteur.
Apparaissent en conséquence des outils mutualisant, des regroupements qui permettent une meilleure lisibilité du secteur, qui permettent aussi une meilleure gestion de l’intérêt collectif des acteurs, et une meilleure appréhension de l’intérêt général dont se réclament de plus en plus le secteur indépendant.
En même temps croissent et se renforcent de nombreuses organisations de type syndicales qui expriment et traduisent chacune à leur manière les changements intervenus dans le paysage culturel. Une mutation considérable est en cours qui induit un réel changement des règles et conduites jusqu’ici adoptés, qui implique un effort de réflexion et une révision certaine des valeurs tenues pour établies. Comment accompagner et soutenir les transformations en cours..Aucun responsable ne peut s’épargner la question.
Redéfinir les relations avec les institutions.
La mutation, les évolutions indispensables qui font un devoir impératif au secteur indépendant de se regrouper et de s’organiser, demandent aussi un effort considérable aux institutions qui doivent se recomposer et se repenser.
Un système plus ou moins pyramidal peut devoir laisser place à des relations plus horizontales. Au lieu de modéliser à partir d’une « pseudo » excellence, (comme si la seule perspective était de s’institutionnaliser), l’institution se voudra porteuse d’exemplarité, garante de la diversité et partenaire du mouvement en cours.
Institutions et indépendants doivent « réformer » leur point de vue et leur stratégie, réviser en profondeur leur relation (sans hiérarchie ni condescendance pour les unes, sans infantilisme ni nombrilisme pour les autres).Un tel esprit, une telle réforme ne peuvent être opératoire sans remise en question des rentes de situation. Interroger la gouvernance des institutions et en revoir les modalités de gestion pour leur assurer un nouveau crédit et une nouvelle assise qui puisse les justifier comme pôle de référence pour l’ensemble d’une discipline. Faire comme « avant » ne peut plus « marcher » sans révision des rapports contractuels des uns et des autres à tous les niveaux.
Des États généraux pour la Danse
Le problème est d’abord national pour le développement de la danse en France, et c’est l’inspection générale des affaires culturelles qui a pu dresser un constat alarmant. Depuis certains comités d’évaluation régionaux ont alerté l’opinion et refusé de siéger en déplorant une insuffisance de moyens. Dans ce contexte alarmant, la Basse-Normandie se distingue par une peut enviable dernière place ! Et on ne peut incriminer les acteurs de la danse opérant sur notre territoire, ils font ce qu’ils peuvent et même plus !
Au stade de dégradation que connaît la danse dans notre région on ne peut pas se contenter de replâtrage. Un plan d’urgence est nécessaire et ce plan doit impliquer tous les acteurs. Les pouvoirs publics doivent donc –nous semble-t-il- prendre le taureau par les cornes. Des États généraux de la danse devraient permettre un juste diagnostic et permettre de mettre en œuvre le meilleur traitement possible.
Communiqué Drac entretien du 7 juillet 2009
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