ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Compte-rendu réunion collectif danse (vendredi 21 nov 2009) aux ateliers intermédiaires : pour continuer le débat !

Vous avez vu passer récemment deux courriers, l’un adressé au Drac, l’autre au Président de Région : ils sont les effets d’une réunion du collectif danse qui s’est tenu le 21 novembre dernier. Nous n’en sommes pas restés là un troisième positionnement plutôt  adressé à la ville et  au maire de Caen a été élaboré. Doit-il prendre la forme d’une lettre ou d’un communiqué ?


Vous avez quelques jours pour en décider. Communiqué , nous ferions coïncider sa sortie avec  le rendez-vous de samedi prochain 9h00 à l’ancien siège du CCI ( centre ville Bd du général Leclerc) Débat projet de ville : quelle économie pour l’art et les artistes !

Cependant Vendredi dernier le collectif/danse a ouvert des discussions dont  je me fais ici l’écho. 5 questions et un brouillon de lettre communiqué  sont soumis au feu rouland de vos observations.

1. Peut-on adhérer au collectif si  on dirige une structure qui ne remplit pas ses obligations économiques et sociales ? Comprenez qui ne paie pas ou incorrectement ses salariés ?

Bonne et vraie question, d’autant que l’on peut adhérer à l’adada que l’on soit employeurs ou salariés. En quoi d’ailleurs l’adada n’est pas un syndicat !

Éléments de réponse :

Nous soutenons les syndicats d’abord de salariés ( solidarité oblige) et d’employeurs ( Synavi ou syndeac participent à la négociation des conventions collectives ; ce qui leur fait reconnaître de facto la nécessité et l’obligation du respect des droits. Certains employeurs syndiqués sont de fait adhérent de l’adada et bienvenu. Côté salariés c’est la grande misère syndicale …Il faut une loupe pour trouver des salariés syndiqués ! On ne peut donc que le déplorer !  En quoi d’ailleurs dans sa forme peu aboutie l’ADADA s’avère indispensable pour que s’exprime et s’expose tous les problèmes. Nous le faisons depuis deux ans sans moyen …Nous en accordera-t-on pour pouvoir continuer cette tâche très lourde ?

Il n’est pas de notre ressort de contrôler et stigmatiser les manquements aux droits sociaux et économiques… Nous n’ignorons pas que l’intermittence est un cache-misère qui dédouane les pouvoirs publics de  financer à sa juste mesure les projets et entreprises artistiques !

La tartufferie que tout le monde connaît c’est que seule les institutions sont sensées avoir les financements « professionnels »  à la bonne hauteur… Les entreprises du secteur indépendant quant à elles doivent des démerder !

Donc qui peut se permettre honnêtement de jeter la pierre ?

Les institutions ? Elles sont les premières a utiliser l’intermittence comme variable d’ajustement de leur finance quand elles relèvent des arts vivants. Relevant des arts enregistrés c’est les grosses boites (télé ou ciné) qui ont inventé la PERMITENCE !

Alors pour ne pas souscrire à l’ hypocrisie ambiante, évitons  d’accuser les plus faibles tout en dénonçant intelligemment la situation.

Oui ! il n’est pas acceptable que l’on ne respecte pas les droits économiques et sociaux dans le secteur de l’art ! Et j’invite à la lecture de la pièce remarquable de Jean-Luc Lagarce Nous, les héros qui traite du sujet. Se rappeler que des premières génération d’artistes produits par la décentralisation vont arriver à la  « retraite »… Le plus souvent des retraites en forme de « minimum vieillesse »  contrepartie d’une pratique constante dans le  non-respect des droits.

Notre impératif ? dénoncer sans cesse  la tartufferie ! appeler à se mobiliser en permanence ! réclamer la mise en œuvre d’une économie solidaire et adaptée à nos pratiques !

Viendrez-vous le dire Samedi prochain 5 décembre à la CCI ?

Dénoncer nos conditions de travail ? Dénoncer la misère ?
Dénoncer la Drac qui convoque les compagnies de danse à Saint-Brieux pour les évaluer  sans s’inquiéter du coût  des prestations ?
Ne voilà-t-il pas un cas flagrant d’hypocrisie bien entretenue ?
Comme l’a suggéré un camarade danseur attentif au discours du Drac sur  les avancées  numériques  ( colloque de Caen du 27 nov 2009) : à quand une évaluation par visio conférence des projets chorégraphiques ?
Notre travail consiste à  inquiéter les pouvoirs publiques . De solliciter qu’elles paient les prestations. Par exemple l’adada réclame que soient rémunérés en régie municipale les prestations des artistes professionnels lorsqu’ils se produisent dans des bâtiments publics ! nous avions soulevé le problème lors de prestations danse à l’église Saint-Nicolas. Nous souhaiterions qu’alors la ville veille au grain ! Idem  lorsqu’un dispositif mobile s’installe au château et que s’y produisent  des compagnies de danse professionnels. Qui les rémunère ?

Tartuffe une fois de plus ! Tartuffe serait-il le premier employeur des danseurs et compagnies ?

L’adada se bat et se battra d’abord résolument contre Tartuffe. Tous ces non paiements  produit de non financement  parce qu’on sait très bien que l’artiste s’exprimera quand même payé ou pas !

De cela on parlera Samedi prochain 5 décembre 2009 à l’ancienne CCI !

Le débat sur le respect des droits est complexe et  le terrain miné :  nous devons faire en sorte que ce problème bien réel ne nous empêche pas de nous organiser et d’agir ensemble. Nous ne devons pas l’ignorer et ne pas ignorer les dégâts qu’il peut produire de toutes les manières. Le collectif danse a aussi abordé un autre problème.

2.Le politique a-t-il le droit d’afficher ses préférences en matière artistique?

Autre terrain miné. Est-ce le rôle de la ville de programmer dans ses salons  une manifestation en faveur d’un artiste plutôt que d’un autre ? Est-il acceptable qu’un responsable politique affiche ses goûts et ses couleurs ?

La réponse qui va de soi est NON ! C’est bien celle qu’avait fourni un responsable socialiste Thierry Legouix  qui avait honoré de sa présence notre dernière Assemblée générale où nous en avions débattu. Non paraît la réponse consensuelle  ce qui convenons–en érige la tartufferie en beaux arts et langue de bois de l’exercice politique. Les politiques comme chacun de nous ont  leur propre opinion et  donc  on peut solliciter discrétion et réserve sur ce terrain au profit de principe égalitaire et républicain. Discrétion et réserve n’interdissent pas une expression à minima sur les goûts et les couleurs.

Les politiques sont en général très avertis des dangers de trop s’exprimer en la matière…De leur côté les artistes sont  moins prudents dans les jugements de valeurs  que parfois ils portent sur la politique. C’est comme souvent Jacques Rancière qui a raison ; Nous devrions pour un heureux développement du fait démocratique redonner au DISSENSUS  sa dimension salvatrice et cultiver plutôt qu’un  art du consensus  souvent réducteur , un dissensus bien travaillé et expressif de notre capacité de tolérance . En matière de politique culturelle, nous dirions dissensus obligatoire et reconnaître par là la vérité irréductiblement visionnaire et singulière de l’œuvre d’art. Son « inquiétante étrangeté ».

Nous devons donc être attentif à démarquer constamment que nous sommes porteurs de deux points de vue qui cohabitent dans un relatif dissensus : le point de  vue « sociétal », une parole de l’ordre du collectif et le point de vue  singulier de l’artiste  dans la dynamique de sa sensibilité poétique.  Concilier l’inconciliable ! Voilà encore profondément un pari tenu par l’adada !

3. Pour arrêter de se marcher sur les pieds  nous devons nous structurer.

Nous avons échangé sur Kaffé croissant et sur le désordre et l’anarchie qui  président plus ou moins à la saison de danse.  Nous avons salué le travail de  Danse perspective pour coordonner et structurer les échanges et la diffusion par delà son investissement précieux dans la formation, mais nous constatons que l’on peut le même jour à la même heure se voir « invité » à  des manifestations très intéressantes sur la danse ..Ce qui ressemble un peu à la fable l’huître et les deux plaideurs. Il y a : NOUS Avons un problème de coordination  et ce problème ne peut se traiter empiriquement !

Comment éviter de se marcher sur les pieds ? Comment à ce niveau organiser une prestation mutualisée. Peut on imaginer un outil annuel en forme de calendrier de saison ? Un Agenda  illustré et commun à tout le secteur danse : il irait de septembre ) fin août… conçu et réalisé au profit de tout le secteur ?

En supposant qu’un tel ouvrage puisse exister  il nécessiterait dès maintenant la collecte des informations  ( une présentation adéquate indiquerait le prévisible et/ou l’aléatoire : ce serait un excellent ouvrage révélateur de la vitalité de la danse en Basse-Normandie)

La question devient combien ça coûte et qui peut le faire ?   Deux questions parfaitement soluble dès lors que les fonds nécessaires serait dégagés par les pouvoirs publics. L’adada pourrait s’en charger ou n’importe structure  candidate… J’en profite pour signaler que comme chaque année, l’association « le jeu de la règle »  propose son « imprévisible 2009 » un agenda unique au monde ! lejeudelaregle@laposte.net

Comme quoi l’association ressource  pour une mise en œuvre existe… On la trouve aussi avec des adhérents de l’adada qui  s’occupent de communication comme  blackmagic  de yann Voraceck et Hervé Mazelin ( membre du bureau d’adada )   Mais encore  nos  chères mutus Bazarnaom ou  ateliers intermédiaires seraient en mesure  de concrétiser une telle iniiative en attendant de nouvelles « fabriques «  à Caen.

4. Événement danse

Il a été suggéré de faire un off au Festival Danse d’ailleurs…Sous l’appellation « danse d’ici ».
Suggestion vivement contestée car fut-il dit  du off c’est du gratuit et du non payé modèle Avignon….Le débat est ouvert ! Mais il manque une grande manifestation populaire sur la danse et par la danse qui doit être pensée …Une grande manifestation citoyenne  car la danse reste la pratique artistique la plus répandue, la plus ouverte et la plus nécessaire au métissage et à la diversité. C’est le premier vecteur de rencontre possible .

5. Danse en danger

Si la danse est en danger c’est  que plus que tout art elle repose  essentiellement pour ne pas dire exclusivement sur  les fonds publics et donc sur une volonté politique. Philippe Duron n’a pas dit autre chose lors de l’ouverture des débats sur la politique de la ville en reconnaissant les difficultés singulières propres à cette discipline ( c’était le samedi 14 novembre  dernier  au théâtre des cordes)

C’est donc en masse que les danseurs doivent venir Samedi prochain 5 décembre à l’ex-CCI, éclairer et défendre les dimensions économiques ( les contraintes qui pèsent sur cette discipline) de leur travail.

Proposition communiqué/lettre pour ville de Caen, Caen-métropole et Caen la mer

La ville de caen se veut porteuse  d’un projet de politique culturelle s’appuyant sur un triptyque :  création/Diffusion/formation. Le collectif danse , avec sa volonté de rassembler dans une commune réflexion et action tous les acteurs de la danse se reconnaît parfaitement dans cette volonté de structurer une politique culturelle  dans tous ces aspects. Qu’en est-il alors au niveau de la danse ? Quelles perspectives se trouvent ainsi posées ?

Nous ne prétendons ici qu’allumer le feu…Solliciter la réflexion et encourager le débat.

1. Création

Le constat est déjà fait : depuis des années les équipes de création, danseurs et chorégraphes souffrent d’un sous financement  avéré à tous les niveaux d’intervention de la puissance publique. Ce sous financement à conduit certaines commissions d’évaluation  à suspendre leurs travaux… La dégradation des moyens financiers affecte d’abord la création et son exigence de qualité.  Que ce soit l’institution (le CCN) ou le secteur des compagnies indépendantes, en dépit de nos protestations, la situation reste fondamentalement  catastrophique. La disparité des traitements fait à la danse par rapport au théâtre reste insoutenable ! Ce qui ne veut pas dire que les « théâtreux » seraient des nantis ou des privilégiés. Cela veut dire qu’en danse on hésite pas à maintenir les structures en état de pauvreté indécente …Pour ensuite déplorer  la pseudo médiocrité des prestations (cf l’ODIA!)

C’est se permettre d’émettre des jugements de valeur compte tenu de la médiocrité des moyens accordés que nous estimons scandaleux et indécents. On ne peut donc parler d’une politique de la danse sans un réel et très significatif effort financier pour tous les acteurs de cette discipline. C’est une vérité incontournable et première à partir de quoi une perspective peut se dessiner !

2. Diffusion

Une politique de diffusion de la danse n’aura de sens qu’avec une mise en réseau consistante d’une part, et une volonté clairement affirmée de promouvoir  la danse.  Mettre un terme à la pénurie de locaux, identifier et promouvoir par des soutiens adéquates tous les lieux existants,

Equiper de nouveaux lieux… Arrêter de laisser les structures « bricoler » et les soutenir  véritablement à la bonne hauteur. Que l’Odia joue son rôle de soutien et non de chien de garde malthusien. Que soit bien identifié un réseau de distribution régional. Que soit créé un nouveau réseau à l’échelle de la communauté urbaine ( un réseau en assurant  des prestations en proximité assurerait aussi un meilleur financement de la création par des achats en coréalisation plus avantageux) ; Caen-métropole  doté d’un office danse  organisé et géré par les artistes eux-mêmes pourrait  asseoir un nouveau réseau (ouvert aussi sur d’autres disciplines) coordonner et harmoniser une vraie diffusion. Ainsi  les petites localités  pourraient jouir de prestations de qualité grâce à l’intelligence  d’une mise en commun de moyens. Bien entendu un tel dispositif suppose une coordination technique et « politique » avec l’office de la culture départemental, en tirant bénéfice de l’expérience acquise. Il n’y a pas de diffusion dynamique en milieu péri urbain comme en milieu rural sans un apport actif des habitants du territoire. La démocratisation trouverait là , un terrain d’élection.

Même en milieu urbain pas de démocratisation pensable sans implication des citoyens pour une culture faite de  lieux de proximité. La diffusion doit être aussi inscrite dans cette perspective.

3. Formation

La formation est l’enfant pauvre de la discipline alors même que chacun s’accorde à penser qu’elle est déterminante ! Le CCN a fait un travail  profond et  constant pour que l’exigence de qualité  soit mieux qu’admise, devenue une exigence très partagée.

Quel danseur néglige de se former, d’entretenir son appétit de progrès et de découverte !

La danse est une discipline où la  recherche  est incontournable.  Pas de développement possible de la danse sans un effort de formation, sans une professionnalisation, un entretien technique de haut niveau !

S’accorde-t-on  des moyens de formation conforme  à  ces exigences ?  Une formation exigeante  implique la rencontre avec ce qui se fait de mieux. Implique circulation des œuvres et des « talents ». Pas de haut niveau sans multiplier la présence de passeurs ( pédagogues/praticiens) omniprésents sur le terrain. Encore une fois le CCN fait beaucoup mais il ne peut pas tout compte tenu des moyens dont il dispose.
Car, hélas, on y revient toujours un niveau trop bas de financement hypothèque crucialement  le développement de la danse.

L’éducation artistiques  des publics comme des enfants  reste en jachère !

Il est vrai que la danse porte des exigences qui s’accommodent mal du professionnalisme marron ! C’est-à-dire de l’imposture de se dire professionnel avec une pratique d’amateur.

Ce brouillage des lignes qui sévit dans toutes les disciplines n’a pas sa place en danse et c’est tant mieux ! La danse heureusement et malheureusement reste le plus sûr révélateur des exigences et problèmes fondamentaux des Arts Vivants.

Pour le Collectif Danse
J.-P. Dupuy

CES OBSERVATIONS NE SONT PAS À  PRENDRE OU A LAISSER MAIS À DISCUTER

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Illustration : Rebecca Horn, Unicorn | Site de l’artiste

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Compte-rendu concernant deuxième rencontre de concertations et débats concernant le projet de la ville de Caen sur la Culture

Forum économie de la culture et du patrimoine

Un homme parti de rien pour arriver à pas grand chose, ne doit rien à personne
Pierre Dac ( Contribution magistrale de notre camarade José Escamez au débat)

C’était la deuxième rencontre de concertations et débats  concernant le projet de la ville de Caen sur la culture. Il portait sur l’économie. Occasion pour l’adada de rappeler par un tract distribué à l’entrée du forum que l’économie, c’est d’abord la réalité d’une économie libérale qui brade les travailleurs, artistes compris.

Il n’y a pas dans cette crise permanente, de lieu ou secteur préservés. La culture connaît le même marasme qui affecte toutes les couches de la population.  Grand merci aux nombreux adadaîstes présents ce matin !

À  la différence de la première réunion  d’il y a trois semaines on a pu constater une forte mobilisation y compris des intermittents.

Je vous rappelle que les débats enregistrés feront sans doute l’objet d’une communication ultérieure et  que de ce fait le présent compte-rendu ne prétend à aucune exhaustivité.

Responsable de notre parole collective, je  rend compte de « mes » propos comme il se doit et j’invite les adhérents qui ont pu intervenir à  nous faire parvenir la quintessence de leurs interventions et leurs observations.

En règle générale, nous avons pu constater  à propos d’interventions émises de la salle par des personnes étrangères à l’Adada une réelle convergence ! Convergence moins évidente avec les discours tenus à la tribune où avaient pris place Philippe Duron Maire de Caen et adjoint à la culture, J-P Quiles collaborateur de l’Observatoire des politiques culturelles, Samia Chehab  adjointe à l’innovation culturelle).

On observera aussi de très judicieuses interventions des représentants du SYNAVI de Basse- Normandie …Et pour la première fois, sera évoqué (par Samia Chehab)  le nom d’une nouvelle organisation, pièce maîtresse de la réflexion en matière d’économie : l’UFISC.

Ufisc, L’Union Fédérale d’ Interventions des Structures Culturelles rassemble plus de 11 organisations et quelque 1500  structures.
L’Ufisc a publié un manifeste pour une autre économie de la culture (document à télécharger en suivant ce lien).

J’ai pris la très lourde responsabilité de poser les questions suivantes :

1 Gratuité.

Rappel  d’une question d’actualité (déclaration dans tendance ouest du Maire) : la gratuité (entrée musée et autres)  est-elle une bonne chose ?

Nous avons souhaité évoquer une autre gratuité, rapportée à l’acte créatif, sensé ne rien rapporter, et procéder d’une gratuité absolue ! Nous trouvons inquiétant, le rappel de « retour sur investissement » trop souvent évoqué en matière de politique culturelle.  N’a-t-on pas avec  une plus grande implication du local dans le financement des arts, une tendance  à moins de désintéressement, vis à vis de l’activité artistique dont on attend retombées économiques ou sociales ? N’y a-t-il pas là, un bien réel danger ? (dont l’attractivité serait  un avatars).

2 Sens politique de la lutte des intermittents

La lutte des intermittents ne fut pas exclusivement une « défense économique » de chômeurs maltraités. Ce que défendirent et défendent encore les intermittents, c’est  un droit : le droit d’expression du plus grand nombre. Droit constitutif de toute volonté d’émancipation.

Primat de la volonté politique sur l’économique ? Est-ce possible ?

3 Une nouvelle politique culturelle est-elle possible ? Le livre sur les pratiques culturelles des français1 met bien en évidence que le développement culturel actuel  largement « dominé » par les institutions aboutit sans cesse à un effet d’aubaine ! On ne prête qu’au riche ! Quand donc cessera-t-on cette politique pour en essayer une autre ?  Une autre dynamique de développement plus horizontale moins marquée du sceau tour Eiffel (Décentralisation sur le modèle  jacobin)

4 L’Europe préparerait (avec la bénédiction du ministère de la culture) une dérogation concernant la circulation des œuvres (art vivant). Ponctuellement, des entreprises étrangères opérant sur notre territoire, seraient dispensées de la  nécessité de se doter de la licence d’entrepreneur du spectacle. Ce qui veut dire -en clair- que le clown polonais  pourra déroger à la législation française sur les droits des salariés, et relevés de la législation de son pays d’origine. Retour en force de feu la directive Bolkenstein de sinistre mémoire. Rappel que les artistes français jouissent d’une protection sociale  des plus avancées  en Europe. Et donc notre devoir c’est  d’accorder cette même protection au clown polonais … Au moins quand il vient en France !

Autres observations :

Quand une institution est en difficulté, du seul fait du non relèvement de sa subvention de fonctionnement : ce maintient  de l’essentiel de ses  recettes en francs constants 2 l’oblige à réduire sa capacité d’emploi des artistes…Les artistes (ou la marge artistique)  sont donc, de fait, la seule variable d’ajustement dont disposent les institutions !

Autrement dit, c’est celui qui, fondamentalement, justifie l’existence de l’institution  qui paie les pots cassés et qui se fait viré le premier3 ! EST-CE BIEN NORMAL ?

Dans le secteur indépendant c’est d’abord du non-emploi plutôt qu’une réduction d’emploi..Mais cela aboutit à la même chose : l’artiste paie la facture !                     Et l’intermittence continue de brouiller les cartes.

Dans ces conditions quelle évaluation économique sérieuse peut se faire ?

On rencontre sur le terrain de la culture, le même obstacle quant à l’estimation des économies clandestines : drogues, travailleurs émigrés exploités en mains d’œuvre clandestine…La culture émarge donc à ce qu’on appelle une économie souterraine ! Mais chuttttt, il ne faut rien dire, loi du silence oblige ! et d’ailleurs je n’ai rien dit me contentant de « suggérer »….que des questions puissent se  poser !

Enfin pour rester sur les sujets tabous  Comment se fait-il qu’il soit mal venu d’évoquer le critère du « prix de fauteuil » ? Pourquoi ne prend-t-on pas la peine  de calculer cle montant des fonds publics permettant à un spectateur de s’asseoir dans un fauteuil  du théâtre de Caen4 ? et combien accorde-t-on de fonds publics pour permettre à un habitant du Quartier de la Guerinière, d’apprécier un spectacle de rue 5?

Cela mettrait-il par trop, en évidence qu’une politique de gauche pourrait  par des choix précis, y compris « financiers », favoriser une autre approche  de la culture ? Qu’est-ce aujourd’hui que l’éducation populaire ? Peut-on fondait sur elle, une perspective politique sérieuse ?
De cela nous serions invités à parler Samedi 12 Décembre prochain à 9h à la MJC de la Guérinière où il sera question d’éducation populaire.

On se souviendra, le maire l’ayant rappelé, que la Jeunesse et Sports sensé tenir la main sur cette orientation et les « services adéquats » en est à une autodissolution indiscernable dans les méandres de l’action sanitaire et sociale du ministère de la Santé.

Mise en gouvernance « fascisante » de la jeunesse en la rapportant à la « bonne santé » physique et mentale aussi douteuse et nauséeuse que peut l’être le débat  sur l’identité nationale !  Ce n’est pas en se faisant rampante que la fascisation  se rendrait acceptable… Elle touche  et gangrène  toutes les sphères de la réalité sociale et culturelle.

Rapport au privé.

Échanges  « esquissés » sur le mécénat . J’ai pu évoquer comment l’adada a pu interpeller la CCI  de Caen à propos de la réalisation d’un film sur Guillaume le Conquérant où notre instance industrielle et commerciale s’est gardée  d’aucune concertation avec les milieux artistiques bas normands ! Notre démarche et notre courrier sont restés sans réponse ! Bref  le temps du mépris reste le temps de référence de nos relations avec le secteur privé !

Conclusions :

Nous sommes arrivés à un stade d’échanges sur le plan culturel de la ville qui permet un début de bilan.

En général, l’écho nous montre très réservés. Nous sommes à peu près unanimes à considérer qu’il ne s’agit pas là -à proprement parlé d’une concertation !

Les adhérents d’adada sont pragmatiques  et souvent , voient midi à leur porte ! Ils -nous- attendent des changements effectifs ! des actes…Le maire répond : patience et longueur de temps !

Mais pendant ce temps là …La défiance avancent assez sûrement !  Il manque quelques signes hautement symboliques ! Qui soient d’un autre ordre que de la belle idée !

En attendant il en est pour penser que  CETTE CONCERTATION Pourrait n‘ÊTRE QU’UN ÉCRAN DE FUMÉE.

En  effet, c’est un fait, la nouvelle politique de la ville, en dépit de la phase de concertation actuelle, rencontre un scepticisme bien réel !

NOUS DEVONS DONC ENGAGER LE DEBAT ! D’abord entre nous pour fixer une ligne et une stratégie, ensuite provoquer les mise au points nécessaires et indispensables !

Le compte-rendu que vous avez pu lire ne rend absolument pas compte des interventions  des camarades présents. Pourquoi ?  Parce que, que ce soit René Paréja, Romuald Poretti, Guillaume Leterrier, José Escamez, Laurent Frattale, ou Jean-Marie Mallet… (Pardon, si j’en oublie)

Ce fut un grand bonheur quand ils ont fait état de leur appartenance à l’adada… Parce que leurs interventions  étaient justes, fines et bien documentées…Et je me disais : « c’est ça notre force et notre richesse… revendiquer une diversité de point de vue ! Continuer à travailler ensemble  avec l’intelligence du dissensus6 ! travailler à  cette démocratie-là, voilà notre boulot ! »

C’est pourquoi je ne rapporte pas  les interventions de mes camarades pour ne pas dénaturer ou  déformer leur propos. Il faut donc si chacun le souhaite que, au sortie de ce genre de réunions, vous fassiez état par écrit de vos observations ! ça vous permet de travailler sur votre point de vue, de l’affiner..Et d’en enrichir notre communauté de travail. Si vous faites cet exercice …Alors notre réflexion deviendra forte et collective et l’adada n’aura plus qu’à s’affirmer comme une caisse de résonance  incontournable  qui dérange et dérangera au mieux les puissants (qui eux ne jurent que par le consensus pour  alibi du pouvoir qu’ils exercent sans partage !)

Que vivent nos désaccords et  que perdure notre union !

Merci .

Pour l’adada  JP Dupuy, le 5 décembre 2009

PS  Je vous rappelle que ce compte-rendu vient en complément de notre prise de position par tract et communiqué en date du 1er décembre 2009.
Il s’agit donc d’une pièce complémentaire. De même l’adada s’est clairement prononcée pour une autre économie ! Economie solidaire et culture de proximité. Mise en réseau et procédure mutualisante. Le manifeste de l’Ufisc  est pour nous  un texte de référence.

——
Notes :

1. Les pratiques culturelles des français par Olivier Donnat.
2. Il s’agit de lois d’économie de ce type d’entreprise connu comme loi de Baumol. Sur le fond le problème vient de ce que aucune machine n’a jusqu’à ce jour pu se substituer à l’homme sur le terrain de l’art vivant !
3. C’est extraordinaire comme les pouvoirs publics s’inquiètent de ne pas accorder aux artistes ce qu’ils appellent des « rentes de situation » !!! Quel acharnement à refuser qu’un artiste puisse ne pas avoir assez de sa courte vie pour « œuvrer » … Picasso par rapport à ce forcing constant des pouvoirs publics à maintenir l’artiste dans la précarité se saurait vu signifié l’interdiction de peindre dès son plus jeune âge… Avant même ou la précarité… qui n’a d’égale qu’une gérontocratie triomphante dans la sphère du politique ( où là les rentes de situation vont bon train… Ce qu’on appelle un train de sénateurs !)
4. Sans compter qu’en raison de son financement d’ordre « municipal » le théâtre de Caen a le bénéfice probable d’un réajustement annuel de ses ressources. La loi de baumol serait donc alors intégrée au mode de gestion de l’établissement. La question mérite d’être posée.
5. Le prix de fauteuil c’est le calcul de tous les paramètres incontournables rendant la prestation culturelle possible. C’est par une étude sur le prix de fauteuil que Pierre Boulez sauva son outil de travail l’IRCAM que l’ « on » (les pouvoirs publics) trouvait trop cher ! Par le prix de fauteuil un comparatif avec l’opéra Garnier et l’opéra Bastille incita les pouvoirs publics a une rapide marche arrière et à foutre une paix royale à Boulez ! Ceci pour répondre aux réticents d’évaluation fiable.

6. Lire et relire Jacques Rancière à ce sujet !

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Illustration : René Magritte, Ceci n’est pas une pipe, huile sur toile, 65 × 59 cm, 1929

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Contribution de Jean Pierre Dupuy au Kfé-Croissant proposé par Danse Perspective le 18 octobre 2009 à l’esam de Caen

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Au commencement était la danse. Au commencement de toute pratique artistique est la danse ; Nietzsche disait ce qui permet de comprendre le sens d’une phrase, c’est son rythme

Autant dire que ce qui permet de comprendre le monde c’est qu’il danse.

Chers amis, Mon propos prendra la forme d’un billet que je m’emploierais à lire…Puisque Michèle a bien voulu aimablement nous accorder un temps bienvenu de communication, je me permettrais très brièvement d’évoquer ici  le pourquoi du comment qui fonde l’existence de  l’Adada et  de ses actions.

Nous sommes partis d’un constat invraisemblable : il n’existait dans notre région aucune instance qui réunisse les artistes de toutes disciplines. Partant de là, la question devenait n’aurions-nous rien à nous dire ? rien à partager ?  rien à apprendre les uns des autres ?

Curieusement l’interpénétration des disciplines artistiques est depuis longtemps passés dans les mœurs, s’y reconnaît même un quasi critère de modernité…Ce lieu même qui nous accueille mieux qu’en témoigner semble en faire un moteur de sa réalité.

Autrement dit le dialogue interdisciplinaire est aussi fructueux que possible et en même temps  nous en sommes aux balbutiements quand à prendre la mesure de nous structurer en conséquence. L’adada avec sa volonté de rassembler dans le même bateau, d’aucuns diraient galère tous les artistes..Fait figure d’exception. Nous rassemblons une centaine d’artistes et plus sur le territoire bas normand..Avec comme objet commun : la solidarité des artistes et le développement des arts. Il reste -sauf exception que nos camarades s’investissent plutôt par  affinités relevant de leur stricte obédience. Chacun s’accorde comme excuse l’impératif de sa survie, et grosso modo qu’il n’a que trop à faire pour  atteindre ses objectifs par quoi se  trouve focalisée  son énergie. Bref on s’accorde à s’estimer coincé dans les bornes du calcul égoîste ; ce qui est amusant et contradictoire …C’est que c’est en s’emparant des problèmes de la danse que l’Adada a quelque peu malmené les fameuses « bornes étroites « . En effet la situation de la danse en France et en Basse Normandie est devenue si préoccupante et gravissime que cela n’a pu que devenir l’affaire de tous. Il existe avec la danse un comparatif possible par rapport  au développement du théâtre…Impossible alors de faire l’impasse sur une situation par trop dégradée. En tout cas sous nos cieux …Mais les signes existent indicatifs que cela commence à frémir aussi au plus haut niveau ( Entretien de Valois, conférence régionale Rhône-Alpes).  En tout cas nos amis danseurs ont mandaté l’Adada à juste raison  de  favoriser la mobilisation, la réflexion et l’action du secteur de la danse dans son appétit de se structurer et de prendre ses affaires en main. Mijote actuellement sur le feu un collectif/danse qui  entend maintenir une juste pression  sur les pouvoirs publics.

Ce n’est pas fausse modestie de ma part mais j’avoue ne trop rien savoir de la danse , ou si peu…Je suis donc susceptible de m’emmêler les pinceaux…Le trait d’esprit ne pouvait s’éviter en ce lieu.  Quand même, par delà leur technique qu’est-ce qui  rassemble les uns ou les autres, qu’est-ce qui nous fait : peintres, danseurs, acteurs un air de famille ?

Je suis tenté de répondre (il faut m’en excuser) par un emprunt à la philosophie allemande la plus accomplie. Un mot allemand donc me vient à l’esprit : l’Ursprung.  Quoi-t-’est-ce ?

Il se traduit par  convergence un double sens : le jaillissement d’une part, le retour sur les origines d’autre part. Ce serait ça qui bondit hors de moi,  le saut dans l’inconnu, la source imprévisible ..Cela jaillit on ne sait d’où ..Ce flot, ce flux bondissant, comment l’attraper, avec quel filet ?  Danse, peinture, théâtre …En réalité, rien ne s’attrape…L’eau vive traverse, transcende notre tentative..ça n’arrête pas : la vie suit son cours…Et comme disent les jeunes gens on s’éclate ! Ainsi que fait-on d’autre ? Que témoigner de sa naissance ? que d’être venu au monde pour « une saison en enfer ». Rimbaud le dit si bien :

« Connais-je encore la nature ? Me connais -je ? plus de mots.

J’ensevelis les morts dans mon ventre !

Cris, tambours, danse, danse, danse, danse !

Je ne vois même pas l’heure ou les blancs débarquant je tomberais au néant.
Faim ; soif, cris, DANSE ! DANSE ! DANSE ! DANSE ! »

JP Dupuy, le 5 oct 2009

Illustration : les danseurs d’Alvin Ailey  par Andrew Eccles

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Appel pour Affaires en cours nous concernant

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Comité Régional du Spectacle Vivant

Réunion tenue ce mercredi dernier 30 septembre avec pour tout interlocuteur les partenaires régionaux. Tout le monde nous parle de concertation mais presque tout le monde se dérobe à travailler sérieusement à faire du Comité Régional du Spectacle Vivant un réel organe de concertation !  On commence à se poser de très sérieuses questions sur la sincérité de nos partenaires… Une certaine colère commence à poindre !  Les absences répétées des responsables de tous bords  posent sérieusement question… Sur les dix syndicalistes présents, huit sont à l’adada ! Comme toujours dans ces instances sont massivement présents des gens pas payés pour ça qui discutent avec des gens payés pour ça ! Et au final ce sont les « pas payés » qui sont là …Et qu’on mène en bateau !

Nous avons si peu de ressources (aucune aide publique) que nous ne pouvons indemniser de leur frais les camarades intéressés par la concertation quand ils viennent de points éloignés du territoire ! Résultat : la concertation avec les tutelles devient un privilège des Caennais !  Nous devons mettre un terme à cette situation insupportable et anti démocratique ! la concertation et la démocratie ont un prix, l’adada va le calculer et nous allons en soumettre le principe à tous nos partenaires publics de façon qu’au moins sur cet aspect,  discussion et concertation puisse concerner tous les artistes qu’ils résident en Nord Cotentin ou dans le Perche. L’adada va présenter un budget dans ce sens et par conséquence nous seront fixer dans les trois mois à venir : veut-on ou ne veut-on pas d’une réelle concertation ? Veut-on ou ne veut-on pas faire de nous des interlocuteurs avec les moyens de travailler !

C’était mon coup de gueule du dimanche matin 4 octobre 2009.  L’adada cherche un administrateur coordinateur / trésorier  pour franchir pallier décisif dans notre combat ! qu’on se le dise. Autrement  débat riche et très  instructif avec nos partenaires régionaux dont je rendrais compte sous peu. Exploration du Conventionnement triennal avec connaissance du protocole en discussion à la Région. Pièce jointe.

POLITIQUE  et  élections régionales
Le synavi souhaiterait faire cause commune avec l’adada concernant l’interpellation des  organisations politiques. Y voyez-vous une objection ? Nous avons bien l’intention d’être actifs sur la campagne des régionales.

FORMATION charte emploi formation
Pour la première fois un accord devrait être signé entre le Conseil Régional de Basse Normandie et les organisations syndicales patronales (Synavi/Syndeac) et ouvrières (SFA/CGT) du secteur des Arts Vivants. Rappelons que l’adada n’entend pas se substituer aux forces syndicales mais agir en complément et parfois AUTREMENT.

CDN
Suite à l’intervention du DRAC en personne à la cérémonie inaugurale de saison du CDN, j’ai sollicité de Jean Lambert-Wild des explications susceptibles d’éclairer la lanterne de ceux que cette intrusion du drac a pu troubler. Qu’est-ce qu’indépendance veut dire ?  Jean Lambert-Wild m’a promis une réponse.

CULTURE
C’est l’État  qui jusqu’à preuve du contraire reste le grand chef d’orchestre de la culture en France. On peut donc prendre avec plaisir connaissance des positions de Sud Culture contre la politique gouvernementale  exposée en Commission  technique nationale en présence du Ministre.  L’adada a souvent été et reste très en accord avec les analyses et revendications du personnel de la DRAC (et notoirement avec Sud Culture) ce qui est tout à fait autre chose que d’offrir une tribune à son directeur. En pièce jointe le vibrant plaidoyer  de SUD Culture contre la marchandisation de la culture que n’aurait pas désavoué Pasolini !

Chômage/Intermittents / RSA
AC
souhaite défendre les dossiers des chômeurs en difficulté avec pôle emploi, dossier intermittents ( sont-ils autre chose que des chômeurs obligés ?)  compris. Effet RSA  sur l’intermittence ? nous attendons vos témoignage pour une mise au point avec Pôle emploi spectacle ! (actuellement deux dossiers seulement connus de nous ! tout va bien ? je vous rappel que c’est notre camarade José Escamez dont on connais la pugnacité qui suit ces affaires) En attendant  rendez-vous jeudi 8 octobre au pôle emploi rue  Fred Scamaroni à Caen à 11h ! on vous met le feu !

Caen en Capitale
A Y EST ! On peut trouver le projet culturel de la ville de Caen sur le site de la ville. À lire absolument. Que l’on soit Caennais ou pas ! On trouve aussi dans le journal aux arts l’outil un interview très intéressant de Philippe Duron , maire de Caen. En préparation à l’adada un spécial  petit journal : bienvenu au Conseil municipal ou vous saurez tout sur le positionnement de nos édiles de tout bord  sur la culture. pièce jointe très concentrée , il faut aller sur le site.

PUZZLE
Grande variété d’analyse, d’avis et de positions de la part des adadaïstes. Garant de l’unité de notre organisation je rappelle que nous avons adopté une position de principe par notre communiqué du 29 septembre à la quelle nous nous tenons. (rappel en pièce jointe)


MUSIQUES ACTUELLES

Aîe ! Nous apprenons que  les associations qui essaient de structurer les musiques actuelles sur l’agglomération de Cherbourg sont  en grande difficultés,voire menacées de disparaître. Notamment  Atagatomuzi-k qui écrit :

Si l’association n’a jusqu’ici que peu communiqué sur ses difficultés, elle tient aujourd’hui à être transparente : dès le 5 octobre, elle convoque une conférence de presse pour faire part de sa situation et des orientations prises par l’association.

Bénéficiant aujourd’hui d’un réseau professionnel et médiatique conséquent, elle  travaillera aussi sur la mise en lumière de sa situation au niveau national, de la possible disparition de La Terra Trema et de l’Épicentre, après le premier échec de l’Ultrason en 2005. Malheureusement l’histoire se répète.

Nous vous tiendrons au courant en temps et en heure des actions que nous mènerons pour faire valoir notre cause.

Aujourd’hui, Atagatomuzi-k vous demande à vous, adhérents et citoyens, d’imaginer les formes de mobilisation qui lui permettront de prouver la nécessité d’un véritable projet de musiques actuelles, l’inconsistance d’un tel comportement de la part d’élus. Nous, les citoyens porteurs de ce projet, espérons tous pouvoir puiser en chacun l’énergie nécessaire pour continuer et faire évoluer la situation, plutôt que de nous résigner à l’échec et d’être contraints à un défaitisme paralysant. Nous devons montrer aux élus qui nous ignorent et ignorent ce que nous faisons pour cette ville, tous acteurs culturels confondus, qu’en se passant de nous, ils se privent de forces vives et handicapent sérieusement l’avenir du territoire dont ils ont la responsabilité.
En détruisant un projet, ils détruisent non seulement une activité en essor et des emplois (permanents et intermittents) mais ils détruisent aussi une part de vie de la cité. Nous avons besoin d’une réponse claire, constructive et non évasive. N’hésitez pas à faire part de votre soutien, ou de vos idées pour relayer notre action à cette adresse mail : infos@atagatomuzi-k.com


DANSE

C’est au tour de nos amis de la Compagnie A/Corps implanté à Falaise  d’être en graves difficultés. Difficultés invraisemblables qui apparaissent au moment où Falaise est sensé devenir un Lieu relais pour la danse ! Une fois de plus la démonstration est malheureusement faite de la nécessité d’un plan d’urgence pour la danse à la fois national et régional ! La maltraitance continue en dépit des premiers frémissements qu’on va enfin  voir les tutelles prendre les problèmes de ce secteur à bras le corps ! Des paroles oui ! des actes c’est mieux !
Il faut en finir avec la maltraitance des problèmes de la danse.
À l’initiative de Danse Perspective qui  orchestre la manifestation ; se tiendra le dimanche 18 octobre de 10h à 13h à la nouvelle école des beaux arts Kafé croissant. Nous devons une fois de plus nous rendre massivement à ce rendez-vous danseurs ou pas ! La mobilisation de nos camarades danseurs est à bien des égards exemplaire. Les encourager, c’est s’encourager soi-même !

ODIA EVALUATION
Le dernier Comité Régional du spectacle Vivant projette de mettre à l’ordre du jour de sa prochaine séance l’évaluation. Le Conseil Régional de Basse Normandie veut se doter d’un comité, la Ville de Caen en promet aussi la mise en œuvre… L’évaluation  devient donc un sujet qui fait consensus. L’adada a sollicité de rencontrer l’ODIA et que l’ODIA soit invitée au prochain Comité Régional du spectacle Vivant.  L’évaluation est un problème capital, on l’aura bien vu à la dernière AG de l’adada puisque 4h de débats passionnés furent nécessaire sur le sujet. Le problème est complexe  et s’accommode assez mal  d’une idéologie d’épiciers ! nous en sommes tous d’accord mais tous d’accord pour dire que seule une diversité et une pluralité des esthétiques peut et doit accompagner les évaluations.
Quand à la critique disparue de nos quotidiens, on la trouve toujours active sur le site de l’insensé.

COMMUNICATION
La densité des problèmes ne doit pas occulter le plaisir d’aller au spectacle et c’est pourquoi il vous faut aller sur le blog de L’ADADA! Outre que l’ami Philippe se dévoue pour tenir à jour nos initiatives, on trouve sur le blog un DAZIBAOO qui  nous éclaire sur les sorties à faire ! À condition, évidemment d’en informer l’ami Philippe… Allez sur les blogs régulièrement, ils vous informent au jour le jour !

http://adada14.wordpress.com

http://dazibaoo.wordpress.com

COMMUNIQUES TELECHARGEABLES :

Communiqué Espace Puzzle

- Projets culturel Ville de Caen

- Déclaration générale SUD Culture

- Conventions Compagnies 2009

Illustration : Damien Hirst For the love of God (Pour l’amour de Dieu), œuvre vendue 74 millions d’euros

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Compte-rendu entrevue 7 juillet 2009 avec Mr Kléber Arhoul Directeur affaires culturelles

Compte-rendu entrevue 7 juillet 2009 avec Mr Kléber Arhoul Directeur affaires culturelles

En présence de catherine Reflé.

Cet entretien était accordé à Jean-Pierre Dupuy en tant que président de L’adada.a.

Entretien cordial d’une heure. Pour ma part je m’en suis tenu au document programme (pièce jointe). Cependant le Directeur ne manquera pas d’interpeller le syndicaliste responsable national du Synavi que par ailleurs je suis. Le directeur insistera sur  la représentativité du Synavi et de l’adada qu’il considère comme des interlocuteurs parfaitement responsables.

J’insisterai sur le fait que l’adada n’est pas un syndicat mais une coordination qui anime une réflexion et des actions collectives…avec la volonté de traduire au mieux les besoins et aspirations des artistes. Le directeur soulignera que c’est justement ce qui fait à ses yeux la représentativité et l’intérêt de  notre organisation et qu’à ce titre, il souhaitait que nous participions à la future Conférence Régionale. Qu’il attendait de nous des propositions et des textes synthétiques et qu’ainsi un véritable dialogue pourrait s’engager.

Le directeur insistera sur l’effort de la Drac en faveur de la danse montrant par là que l’action des danseurs a rencontré quelques échos. Il estimera que la Conférence régionale pourra ouvrir un atelier spécial pour traiter des problèmes de la danse. J’insisterais sur la spontanéité et l’exemplarité de la mobilisation du secteur danse et  qu’une rencontre était de ce fait indispensable. Je ferrais observer que c’est tout le secteur qui doit être pris en considération. Que le clivage entre culture et socio-culture continuait à empêcher un traitement correct et d’ensemble des problèmes et que c’était vrai pour toutes les disciplines. J’ai rappelé que la dotation budgétaire du chapitre 224 (action culturelle) était bien insuffisante ..et que  la formation et l ‘émergence devaient pourtant devenir prioritaire en période de crise.

Au total, le directeur a beaucoup insisté sur  la collaboration avec les organismes représentatifs qui structuraient le secteur indépendant. Au terme de l’entretien , rendez-vous fut pris pour la tenue en septembre d’une conférence régionale …réflexion implicite : la Basse-Normandie est-elle en l’état une entité de bonne dimension ?

JP Dupuy 9 juillet 2009

Rappel positionnement Adada

Position  de la Coordination des Artistes de Basse-Normandie. Adadat. 3 Juillet 2009.

Document communiqué Directeur des Affaires Culturelles lors de l’entretien du 7 juillet 2009.

Préambule

Force est de constater que la crise aigue qui  agite l’économie mondiale n’épargne aucun pays. Cependant il apparaît bien que la France, quant à elle, dispose d’un modèle social façonné de siècle en siècle qui, sans la préserver de tous les ravages et traumatismes de la dite crise, lui en atténue les plus douloureux effets. Nous estimons que l’exception culturelle française appartient en propre à ce modèle et cette tradition qui fondent les valeurs de la République. Par voie de conséquence, le Président de la République a pu évoquer, en Mars dernier, un plan de relance pour la culture lors de sa rencontre avec les principales organisations représentatives du secteur culturel.

C’est dans ce contexte que nous avons à apprécier la mise en œuvre des Conférences Régionales du Spectacle Vivant. La coordination des artistes de Basse-Normandie (Adada14) espère pouvoir, aux côtés des forces syndicales représentatives, pouvoir y apporter son concours et témoigner des difficultés qui préoccupent les artistes.

Bien sûr, les conférences se focaliseront sur le spectacle vivant, mais les problèmes spécifiques qui le concernent, ne peuvent se traiter sans une vision d’ensemble. L’Adadat occupe une place originale et à nulle autre pareille dans le paysage culturel et de ce fait peut  apporter un éclairage particulier, précieux à la meilleure compréhension possible des problèmes.

Il s’agit pour notre organisation de structurer une volonté de solidarité et de développement concernant tous les arts qui puisse se confronter à l’intérêt général…Autrement dit nous sommes préoccupés par une série de questions : quelle place pour les artistes, dans l’espace public ? Quel rôle peut-on attendre d’eux comme ciment de la vie sociale et collective, étant entendu que ce rôle n’est pas nécessairement consensuel.

Depuis sa création (janvier 2007) l’Adadaa s’emploie à stimuler la réflexion et la capacité des artistes à prendre leur responsabilité.

S’emploie tout autant, à mobiliser responsables culturels (formateurs et enseignants compris), responsables politiques et « usagers » (on peut préférer dire amateur, voire « publics ») autour de l’objet artistique. Ainsi constats et analyses s’enrichissent de l’appétit commun d’échanger. Ainsi, l’Adadaa est en mesure de traduire, ou d’essayer de traduire  sous l’angle d’attaque qui est le sien  (le plus large rassemblement possible des acteurs du secteur artistique) les effets heureux ou malheureux de la politique culturelle en cours. C’est ce travail d’observation et de réflexion qui nous autorise  à avancer des propositions et à nourrir les débats en cours.

État. Collectivités locales et territoriales. RGPP. Conférences du Spectacle Vivant. Plan de relance.

La RGPP aura jusqu’à ce jour, nourri une forte inquiétude quant à l’avenir même  des Affaires Culturelles. Une forte suspicion persiste sur le désengagement de l’État et un nouveau partage des rôles et responsabilités vis-à-vis de la politique culturelle. Les Conférences régionales annoncées seront-elles  en mesure de rétablir la confiance ?

Seul, nous semble-t-il, un fort plan de relance peut donner marges de manœuvre et crédit  à une redistribution et redéfinition des rôles et responsabilités. Telle est notre conviction, qu’il n’y aurait pas de réformes possibles sans garantie de moyens. Si l’État peut et doit tenir son rang, il ne le pourra le faire qu’à la mesure des moyens qu’il s’accorde…D’autant que l’on a assisté, ces dernières années à une montée en puissance des financements publics des collectivités locales. On voit mal qu’elles se laissent « dicter » leur conduite dès lors qu’elles deviendraient le principal bailleur de fonds. En phase d’équilibre relatif et instable  qui peut et doit piloter l’avion ? La question paraît incontournable. Verra-t-on les Affaires Culturelles opérer un repli stratégique sur le pré carré  de « ses » institutions labellisées…laissant le secteur indépendant s’en remettre aux collectivités locales et territoriales ? On voit bien pointer là une source de clivage sérieux, porteuse à court terme, de désastreux antagonismes.

Culture à deux vitesse qui « dupliquerait » le clivage déjà bien consommé et tout aussi désastreux du culturel et du socio-culturel.

Certes, secteur institutionnel et secteur indépendant n’obéissent pas strictement et nécessairement aux mêmes logiques…Mais en dernière instance, ils ont (ou devrait avoir) la même finalité d’ordre artistique. En réalité, nombreuses sont les pistes et dispositions à explorer qui pourraient assainir et dynamiser le secteur artistique et culturel dans son ensemble. Nous nous contenterons ici, sans prétendre à l’exhaustivité,  d’en relever quelques unes :

Priorité absolue à la recherche et l’émergence.

Ce qui est vrai des techniques et des sciences ne l’est pas moins des arts.

Quelles que soient les difficultés, recherche et émergence ne peuvent être tenus que pour des priorités absolues. L’Adada.a a pu le dire de vive voix au Président de la Région, elle renouvellera volontiers sa démonstration devant les instances de l’état. Préfet ou Directeur des Affaires Culturelles.

Car, il s’agit en tout état de cause, de préserver l’avenir en s’appuyant sur l’heureuse exception culturelle française qui demande à faire école à l’échelon européen.

Nous considérons que le dispositif actuel de lecture et d’accompagnement de l’émergence est particulièrement défaillant …Notamment de la part de l’État !

En effet, l’État n’est jamais là quand ça commence…Pas de mise à l’épreuve, pas de banc d’essai sérieux, pas d’accompagnement. Il y a là –estimons-nous- une carence récurrente aux conséquences les plus lourdes, qui laisse la porte ouverte à tout et n’importe quoi..

L’évaluation : L’excellence ? critère un peu court pour justifier les labels.

Fonder l’octroi de labels sur la reconnaissance d’une quelconque excellence nous paraît un  peu court, tant  l’exigence artistique à quoi se reconnaît l’artiste, rend bien superfétatoire pour l’artiste une quelconque échelle des valeurs. L’excellence est donc un bel habit  d’ordre fort académique, dont on veut affubler les artistes ! Faut-il le dire ? ils n’en demandent pas tant !

Ce que nous demandons avec insistance, c’est une plus grande transparence et un plus grand souci de justice dans le « travail » d’évaluation, en se rappelant à quoi invite la charte sur la diversité culturelle promue par l’Unesco. Le respect donc de la diversité est une donnée essentielle. L’évaluation est un sujet sensible pour beaucoup d’artistes, elle doit être pratiquée avec retenue et en s’entourant des plus sages précautions. L’Adadat Souhaite dialoguer et discuter sur l’évaluation et ses critères, souhaite que les artistes concourent  suivant des modalités à réfléchir à affiner le travail d’évaluation.

Permettre au secteur indépendant de se structurer. L’innovation incontournable.

Sujet sensible s’il en est : la structuration du secteur indépendant sur des modes qui lui sont propres. Eviter un trop lourd maillage institutionnel ; Au contraire le secteur indépendant doit se doter d’une réelle capacité et inventivité pour se structurer ! Innover, il n’a pas d’autres perspectives. En l’état, le secteur indépendant souffre d’un trop grand morcellement. Il s’atomise et se paupérise à grande échelle.

Quel que soit l’artiste et la dimension de l’entreprise dans laquelle, il s’inscrit…Il est porteur d’une démarche singulière. C’est une réalité incontournable. Que faire ? Comment peut-on alors inventer des dispositions et outils praticables avec la multiplication des structures ? Comment gérer, « capitaliser »  toutes ces énergies et cette richesse « explosive » ?

Par exemple :300 structures et formations de musiques actuelles sont opérantes sur Caen et la Basse-Normandie…Comment gérer et réguler ce flux sans dispositifs nouveaux ?

Ceci, alors même que le Cargo vient à peine d’entrer en service, pour le bonheur du secteur.

Apparaissent en conséquence des outils mutualisant, des regroupements qui permettent une meilleure lisibilité du secteur, qui permettent aussi une meilleure gestion de l’intérêt collectif  des acteurs, et une meilleure appréhension de l’intérêt général dont se réclament de plus en plus le secteur indépendant.

En même temps croissent et se renforcent de nombreuses organisations de type syndicales qui expriment et traduisent chacune à leur manière les changements intervenus dans le paysage culturel. Une mutation considérable est en cours qui induit un réel changement des règles  et conduites jusqu’ici adoptés, qui implique un effort de réflexion et une révision certaine des valeurs tenues pour établies. Comment accompagner et soutenir les transformations en cours..Aucun responsable ne peut s’épargner la question.

Redéfinir les relations avec  les institutions.

La mutation, les évolutions  indispensables qui font un devoir impératif au secteur indépendant de se regrouper et  de  s’organiser,  demandent aussi un effort considérable aux institutions qui doivent se recomposer et se repenser.

Un système plus ou moins pyramidal  peut devoir laisser place à  des relations plus horizontales. Au lieu de modéliser à partir d’une « pseudo » excellence, (comme si la seule perspective était de s’institutionnaliser), l’institution se voudra porteuse d’exemplarité, garante de la diversité et  partenaire du mouvement en cours.

Institutions et indépendants doivent « réformer » leur point de vue et leur stratégie, réviser en profondeur leur relation (sans hiérarchie ni condescendance pour les unes, sans infantilisme ni nombrilisme pour les autres).Un tel esprit, une telle réforme ne peuvent être opératoire sans remise en question des rentes de situation. Interroger la gouvernance des institutions et en revoir les modalités de gestion pour leur assurer un nouveau crédit et une nouvelle assise qui puisse les justifier comme  pôle de référence pour l’ensemble d’une discipline. Faire comme « avant »  ne peut plus « marcher » sans révision des rapports contractuels des uns et des autres à tous les niveaux.

Des États généraux pour la Danse

Le problème est d’abord national pour le développement de la danse en France, et c’est l’inspection générale des affaires culturelles qui a pu dresser un constat alarmant. Depuis certains  comités d’évaluation régionaux ont alerté l’opinion et refusé de siéger en déplorant une insuffisance de moyens. Dans ce contexte alarmant, la Basse-Normandie se distingue par une peut enviable dernière place ! Et on ne peut incriminer les acteurs de la danse opérant sur notre territoire, ils font ce qu’ils peuvent et même plus !

Au stade de dégradation que connaît la danse dans notre région on ne peut pas se contenter de replâtrage. Un plan d’urgence est nécessaire et ce plan doit impliquer tous les acteurs. Les pouvoirs publics doivent donc –nous semble-t-il-  prendre le taureau par les cornes. Des États généraux de la danse  devraient permettre un juste diagnostic et  permettre de mettre  en œuvre le meilleur traitement possible.

Communiqué Drac entretien du 7 juillet 2009



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Position de la Coordination des Artistes de Basse-Normandie

simone_decker

Préambule

Force est de constater que la crise aigue qui  agite l’économie mondiale n’épargne aucun pays. Cependant il apparaît bien que la France, quant à elle, dispose d’un modèle social façonné de siècle en siècle qui, sans la préserver de tous les ravages et traumatismes de la dite crise, lui en atténue les plus douloureux effets. Nous estimons que l’exception culturelle française appartient en propre à ce modèle et cette tradition qui fondent les valeurs de la République. Par voie de conséquence, le Président de la République a pu évoquer, en Mars dernier, un plan de relance pour la culture lors de sa rencontre avec les principales organisations représentatives du secteur culturel.

C’est dans ce contexte que nous avons à apprécier la mise en œuvre des Conférences Régionales du Spectacle Vivant. La coordination des artistes de Basse-Normandie (Adada14) espère pouvoir, aux côtés des forces syndicales représentatives, pouvoir y apporter son concours et témoigner des difficultés qui préoccupent les artistes.

Bien sûr, les conférences se focaliseront sur le spectacle vivant, mais les problèmes spécifiques qui le concernent, ne peuvent se traiter sans une vision d’ensemble. L’Adadat occupe une place originale et à nulle autre pareille dans le paysage culturel et de ce fait peut  apporter un éclairage particulier, précieux à la meilleure compréhension possible des problèmes.

Il s’agit pour notre organisation de structurer une volonté de solidarité et de développement concernant tous les arts qui puisse se confronter à l’intérêt général…Autrement dit nous sommes préoccupés par une série de questions : quelle place pour les artistes, dans l’espace public ? Quel rôle peut-on attendre d’eux comme ciment de la vie sociale et collective, étant entendu que ce rôle n’est pas nécessairement consensuel.

Depuis sa création (janvier 2007) l’Adadat s’emploie à stimuler la réflexion et la capacité des artistes à prendre leur responsabilité.

S’emploie tout autant, à mobiliser responsables culturels (formateurs et enseignants compris), responsables politiques et « usagers » (on peut préférer dire amateur, voire « publics ») autour de l’objet artistique. Ainsi constats et analyses s’enrichissent de l’appétit commun d’échanger. Ainsi, l’Adadat est en mesure de traduire, ou d’essayer de traduire  sous l’angle d’attaque qui est le sien  (le plus large rassemblement possible des acteurs du secteur artistique) les effets heureux ou malheureux de la politique culturelle en cours. C’est ce travail d’observation et de réflexion qui nous autorise à avancer des propositions et à nourrir les débats en cours.

État. Collectivités locales et territoriales. RGPP. Conférences du Spectacle Vivant. Plan de relance.

La RGPP aura jusqu’à ce jour, nourri une forte inquiétude quant à l’avenir même  des Affaires Culturelles. Une forte suspicion persiste sur le désengagement de l’État et un nouveau partage des rôles et responsabilités vis-à-vis de la politique culturelle. Les Conférences régionales annoncées seront-elles  en mesure de rétablir la confiance ?

Seul, nous semble-t-il, un fort plan de relance peut donner marges de manœuvre et crédit  à une redistribution et redéfinition des rôles et responsabilités. Telle est notre conviction, qu’il n’y aurait pas de réformes possibles sans garantie de moyens. Si l’État peut et doit tenir son rang, il ne le pourra le faire qu’à la mesure des moyens qu’il s’accorde…D’autant que l’on a assisté, ces dernières années à une montée en puissance des financements publics des collectivités locales. On voit mal qu’elles se laissent « dicter » leur conduite dès lors qu’elles deviendraient le principal bailleur de fonds. En phase d’équilibre relatif et instable  qui peut et doit piloter l’avion ? La question paraît incontournable. Verra-t-on les Affaires Culturelles opérer un repli stratégique sur le pré carré  de « ses » institutions labellisées…laissant le secteur indépendant s’en remettre aux collectivités locales et territoriales ? On voit bien pointer là une source de clivage sérieux, porteuse à court terme, de désastreux antagonismes.

Culture à deux vitesse qui « dupliquerait » le clivage déjà bien consommé et tout aussi désastreux du culturel et du socio-culturel.

Certes, secteur institutionnel et secteur indépendant n’obéissent pas strictement et nécessairement aux mêmes logiques…Mais en dernière instance, ils ont (ou devrait avoir) la même finalité d’ordre artistique. En réalité, nombreuses sont les pistes et dispositions à explorer qui pourraient assainir et dynamiser le secteur artistique et culturel dans son ensemble. Nous nous contenterons ici, sans prétendre à l’exhaustivité, d’en relever quelques unes :

Priorité absolue à la recherche et l’émergence.

Ce qui est vrai des techniques et des sciences ne l’est pas moins des arts.

Quelles que soient les difficultés, recherche et émergence ne peuvent être tenus que pour des priorités absolues. L’Adada a pu le dire de vive voix au Président de la Région, elle renouvellera volontiers sa démonstration devant les instances de l’état. Préfet ou Directeur des Affaires Culturelles.

Car, il s’agit en tout état de cause, de préserver l’avenir en s’appuyant sur l’heureuse exception culturelle française qui demande à faire école à l’échelon européen.

Nous considérons que le dispositif actuel de lecture et d’accompagnement de l’émergence est particulièrement défaillant …Notamment de la part de l’État !

En effet, l’État n’est jamais là quand ça commence… Pas de mise à l’épreuve, pas de banc d’essai sérieux, pas d’accompagnement. Il y a là –estimons-nous- une carence récurrente aux conséquences les plus lourdes, qui laisse la porte ouverte à tout et n’importe quoi..

L’évaluation : L’excellence ? critère un peu court pour justifier les labels.

Fonder l’octroi de labels sur la reconnaissance d’une quelconque excellence nous paraît un  peu court, tant  l’exigence artistique à quoi se reconnaît l’artiste, rend bien superfétatoire pour l’artiste une quelconque échelle des valeurs. L’excellence est donc un bel habit  d’ordre fort académique, dont on veut affubler les artistes ! Faut-il le dire ? ils n’en demandent pas tant !

Ce que nous demandons avec insistance, c’est une plus grande transparence et un plus grand souci de justice dans le « travail » d’évaluation, en se rappelant à quoi invite la charte sur la diversité culturelle promue par l’Unesco. Le respect donc de la diversité est une donnée essentielle. L’évaluation est un sujet sensible pour beaucoup d’artistes, elle doit être pratiquée avec retenue et en s’entourant des plus sages précautions. L’Adadat Souhaite dialoguer et discuter sur l’évaluation et ses critères, souhaite que les artistes concourent  suivant des modalités à réfléchir à affiner le travail d’évaluation.

Permettre au secteur indépendant de se structurer. L’innovation incontournable.

Sujet sensible s’il en est : la structuration du secteur indépendant sur des modes qui lui sont propres. Eviter un trop lourd maillage institutionnel ; Au contraire le secteur indépendant doit se doter d’une réelle capacité et inventivité pour se structurer ! Innover, il n’a pas d’autres perspectives. En l’état, le secteur indépendant souffre d’un trop grand morcellement. Il s’atomise et se paupérise à grande échelle.

Quel que soit l’artiste et la dimension de l’entreprise dans laquelle, il s’inscrit…Il est porteur d’une démarche singulière. C’est une réalité incontournable. Que faire ? Comment peut-on alors inventer des dispositions et outils praticables avec la multiplication des structures ? Comment gérer, « capitaliser » toutes ces énergies et cette richesse « explosive » ?

Par exemple : 300 structures et formations de musiques actuelles sont opérantes sur Caen et la Basse-Normandie…Comment gérer et réguler ce flux sans dispositifs nouveaux ?

Ceci, alors même que le Cargö vient à peine d’entrer en service, pour le bonheur du secteur.

Apparaissent en conséquence des outils mutualisant, des regroupements qui permettent une meilleure lisibilité du secteur, qui permettent aussi une meilleure gestion de l’intérêt collectif  des acteurs, et une meilleure appréhension de l’intérêt général dont se réclament de plus en plus le secteur indépendant.

En même temps croissent et se renforcent de nombreuses organisations de type syndicales qui expriment et traduisent chacune à leur manière les changements intervenus dans le paysage culturel. Une mutation considérable est en cours qui induit un réel changement des règles  et conduites jusqu’ici adoptés, qui implique un effort de réflexion et une révision certaine des valeurs tenues pour établies. Comment accompagner et soutenir les transformations en cours..Aucun responsable ne peut s’épargner la question.

Redéfinir les relations avec  les institutions.

La mutation, les évolutions  indispensables qui font un devoir impératif au secteur indépendant de se regrouper et  de  s’organiser,  demandent aussi un effort considérable aux institutions qui doivent se recomposer et se repenser.

Un système plus ou moins pyramidal  peut devoir laisser place à  des relations plus horizontales. Au lieu de modéliser à partir d’une « pseudo » excellence, (comme si la seule perspective était de s’institutionnaliser), l’institution se voudra porteuse d’exemplarité, garante de la diversité et  partenaire du mouvement en cours.

Institutions et indépendants doivent « réformer » leur point de vue et leur stratégie, réviser en profondeur leur relation (sans hiérarchie ni condescendance pour les unes, sans infantilisme ni nombrilisme pour les autres).Un tel esprit, une telle réforme ne peuvent être opératoire sans remise en question des rentes de situation. Interroger la gouvernance des institutions et en revoir les modalités de gestion pour leur assurer un nouveau crédit et une nouvelle assise qui puisse les justifier comme  pôle de référence pour l’ensemble d’une discipline. Faire comme « avant »  ne peut plus « marcher » sans révision des rapports contractuels des uns et des autres à tous les niveaux.

Des États généraux pour la Danse

Le problème est d’abord national pour le développement de la danse en France, et c’est l’inspection générale des affaires culturelles qui a pu dresser un constat alarmant. Depuis certains  comités d’évaluation régionaux ont alerté l’opinion et refusé de siéger en déplorant une insuffisance de moyens. Dans ce contexte alarmant, la Basse-Normandie se distingue par une peut enviable dernière place ! Et on ne peut incriminer les acteurs de la danse opérant sur notre territoire, ils font ce qu’ils peuvent et même plus !

Au stade de dégradation que connaît la danse dans notre région on ne peut pas se contenter de replâtrage. Un plan d’urgence est nécessaire et ce plan doit impliquer tous les acteurs. Les pouvoirs publics doivent donc –nous semble-t-il- prendre le taureau par les cornes. Des États généraux de la danse  devraient permettre un juste diagnostic et  permettre de mettre  en œuvre le meilleur traitement possible.

Pièce jointe : Compte-rendu et argumentaire Débat  Danse du Comité Régional du Spectacle Vivant (pdf).

Illustration : Simone Decker Chewing in Venice

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Danse en Danger – Pour des États Généraux de la Danse en Basse-Normandie

dansendanger

Le constat est unanime, la danse souffre en Basse-Normandie, d’une situation devenue insupportable.

Le problème est d’abord national et relève d’une politique culturelle de l’État bien trop frileuse …La danse demeure le parent pauvre dans le soutien de l’État, et de fait, la Basse-Normandie se traîne en queue de peloton des régions les plus mal loties en fonds d’États. L’aide consentie aux compagnies de danse indépendantes y est dérisoire, on relève qu’aucune compagnie n’est conventionnée… À cela s’ajoute : Absence de lieux propres indépendants véritablement soutenus, absence de réseau de diffusion organisé et structuré.

Tout repose sur le Centre Chorégraphique National qui fait l’impossible, mais avec des moyens qui lui sont chichement comptés…Le festival « Danse d’ailleurs » en dépit de son succès populaire, ne dispose pas d’une assise financière digne de ce nom ! Pourtant chacun sait combien la vitalité de la danse dépend d’une judicieuse circulation des œuvres, de l’ouverture et la richesse des échanges et d’un entretien exigeant et constant de l’appétit du public.

Hélas, on ne finirait pas d’énumérer les obstacles qui nuisent à la dynamique et au développement de la danse. Il n’y a pas que la danse professionnelle qui souffre de mauvais traitement. Toute la chaîne des intervenants est affectée, toutes les formes de danse maltraitées et à tous les niveaux de la pratique.

Quoique la danse soit la discipline artistique la plus populaire…elle souffre d’un manque de considération notoire de la part des responsables politiques.

De la formation des professeurs, aux écoles de danse, en passant par les pratiques amateurs… Il faut penser une véritable politique de soutien et d’encouragement pour cette discipline… C’est malheureusement, le contraire qui se passe. Et c’est pourquoi il devient urgent de convoquer des « États généraux de la danse ». Il faut mettre un terme à cette situation tant au plan national qu’au plan local. Nous sommes convaincus que des solutions existent pour remédier aux difficultés présentes … Mais il faut réunir tous les acteurs et mettre à plat tous les problèmes. Les bonnes volontés existent : nous n’en doutons pas.

Par conséquent, il suffit de s’organiser et d’écouter chacun pour que du dialogue sorte la mise en œuvre d’une nouvelle politique possible, qu’enfin soient offertes des perspectives à un secteur riche de forces vives nombreuses.

Depuis longtemps, les acteurs de terrain ont multiplié les actions, ouvert des pistes de travail, créé des lieux… Avec passion et courage, ils ont pris des initiatives… Et avec elles, pris les risques nécessaires et affirmé leurs sens des responsabilités !

Oui ! Les acteurs du secteur danse ne demandent pas la charité, car d’une manière riche et variée, ils ont fait leurs preuves, démontrer leur dynamisme ! Ils demandent un juste soutien, la juste reconnaissance de leur travail.

Ils se sont le plus souvent comportés en professionnels conséquents… Face à ce mouvement, il paraît normal que les pouvoirs publics répondent avec les mêmes exigences, le même professionnalisme… Que demande l’ensemble des acteurs de la Danse ? Seulement ceci : que s’organise un vrai partenariat avec les pouvoirs publics, une évaluation correcte des besoins et des moyens à mettre en œuvre, la juste reconnaissance des rôles et missions remplis par chacun, sans oublier personne ! Ils demandent une chose simple : que justice leur soit rendue.

Vivement, la tenue d’États généraux de la danse !
La danse veut vivre ! La danse vivra !

JP Dupuy Président de la coordination des Artistes de Basse-Normandie ADADA

Texte remis aux participants du Comité Régional du Spectacle Vivant Mairie de Caen
Vendredi 5 juin 2009

Illustration : à partir d’une photographie d’lga Spessivtseva, danseuse étoile

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Vive le CIRQUE !

Vive le Cirque !

Ce jour le cirque du docteur Paradi qui était en grave difficulté par une coupe sèche de presque la moitié de sa subvention allouée par le conseil régional remercie l’ADADA ( communiqué : quel cirque) et le Synavi (communiqué de mars dernier) de son soutien.
Il a reçu un courrier du Président du Conseil Régional très instructif lui accordant le soutien nécessaire et marquant un souci important pour la transmission.
C’est un élément nouveau d’appréciation très intéressant pour l’avenir de nombres d’entreprises de notre secteur !
Le synavi comme l’adada souhaitent travailler à une élaboration la plus pertinente possible des critères qui autorisent aide et subventions.
Nous voulons être partenaires des élus et techniciens pour mieux discerner la notion d’intérêt général et de bien public.
Se priver du point de vue des artistes c’est se priver d’une meilleure compréhension (on pourrait dire évaluation) des buts de l’art et de la création artistique.
Notre présence dans les instances qui concourent à la prise de décision peut apporter -pensons-nous- un bénéfice non négligeable ;  étant entendu que nous n’envisageons pas en aucun cas d’être co-gestionnaire des décisions finales !
Elles appartiennent aux politiques.
Nous voudrions seulement que le décisionnaire soit à l’écoute de l’avis des artistes sur toutes mesures ou décision les concernant, et s’assurer par là d’une meilleure prise en compte possible de tous les paramètres.

Vive la Danse !

Il s’est passé hier LUNDI DE PÂQUES un ÉvÉNEMENT assez peu ordinaire !
!l y a une quinzaine de jours… JP DUPUY assez peu au fait du calendrier religieux propose à ses camarades dadaïstes de faire une réunion le lundi 13 à 10h sur la danse.
On sait que cette discipline se trouve particulièrement en difficulté.
Par le bon office de Michèle Latini nous étions aimablement reçu à l’espace danse !
N’empêche que vendredi dernier j’ai du prendre conscience que c’était un lundi de Pâques et que… peut-être il fallait mieux annuler pour cause qu’il y aurait personne… Bah tant pis ai-je fugacement pensé nous ne seront que trois, quatre mais on essaiera d’échanger quand même …
Alors ce lundi matin qu’on se retrouve à 15, 16, 18 ! Ce fut je ne vous le cache pas un intense moment d’étonnement !
Chapeau aux camarades présents …
Belle démonstration qu’il faut agir et que les danseurs de plus en plus se mobilise et franchement ce lundi matin je suis convaincu que nous avons collectivement franchi une étape ! dans la douleur parfois mais se donner des perspectives étaient à ce prix !
Un gros boulot nous attend mais on va y aller …
Avanti popoulo ! ( vous connaissais la chanson ?) On va faire de notre forum du 20 Mai prochain une joyeuse belle manif de soutien à la danse.
Dans la diversité , dans le respect et la tolérance des uns et des autres nous allons appeler nos concitoyens à la riscossa ! ( rescousse).
On va le faire !
Se faire entendre TOUS.
Mercredi 20 mai 14h30 place du théâtre
Forum débat public : place de la danse dans nos vies !
Citoyens qu’en pensez-vous ?
Voilà de temps en temps, on arrête de se plaindre … on met un disque sur le phono …
On danse, on galipette : Entre Cirque et Danse , on se réalise tout simplement.
A Plus.
JP Dupuy
PS : merci encore à tous les interlocuteurs de ce lundi matin

Document  : Réponse du Conseil Régional de Basse Normandie concernant le Cirque du Dr Paradi au format PDF

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On continue ! l’Évaluation artistique ? Un sujet sensible … Et incontournable

Cinquante ! Grosso modo c’est le nombre d’artistes qui ont honoré de leur présence, l’assemblée générale de l’Adada. À quoi s’ajoute la présence d’une dizaine d’invités qui se sont prêtés de bonnes grâce au jeu pas toujours facile d’un vif questionnement. Enfin une vingtaine d’amis se sont excusés avec pouvoir remis pour 13 d’entre eux. Au total, l’adada sort renforcé de cette assemblée générale  qui devrait nous voir passer de 60 adhérents (2008) à 80 adhérents 2009. (Sous réserve que chacun renouvelle son adhésion).

Merci à tous ceux qui se sont mobilisés : ils ont donné par ce moyen une force conséquente à l‘adada. C’est stimulant pour le travail à venir. C’est la première chose à méditer, nous y reviendrons.

La deuxième c’est que l’assemblée s’est emparée d’un sujet sensible s’il en est : l’évaluation. Elle peut s’entendre sous différents aspects : objectifs poursuivis, type de services rendus, exigence artistique…C’est plutôt sous ce dernier aspect l’exigence artistique que fusèrent passionnément les interventions. Malheureusement, le temps imparti et les limites de l’animateur (moi-même) ont pu générer des frustrations (paroles « coupée », ou non donnée) regrettables. Je m’en excuse. C’est pourquoi je dis : n’en restons pas là ! et je propose ceci : continuons sur ce sujet et varions le dispositif de débat. Travaillons pour que ce qui est aujourd’hui vécu comme un face à face devienne un côte à côte. Nos différences, c’est notre richesse…À nous de jouer. Et surtout n’écartons personne : que les personnalités politiques, ou des publics…soient les bienvenues. Apprenons à travailler ensemble.

En conséquence, à la demande de nombreux participants,  nous vous proposons une nouvelle rencontre pour « débriefer l’AG » , permettre à ceux qui le souhaitent de compléter leur propos, à ceux qui n’ont pu s’exprimer d’avoir une nouvelle opportunité de le faire. J’ai sollicité de notre ami Jean-Luc Charlot qu’il anime ce « retour sur débat ». Tous ceux qui n’ont pas pu venir, trouveront là, une opportunité de rentrer dans le vif du sujet et de s’impliquer dans la vie de l’adada.

Jean-Marie Mallet et Sophie Distéphano qui animent la compagnie de danse AMAWADA seraient d’accord pour nous accueillir le vendredi 13 mars à 18h, dans leur  local/danse Studio 50, au 50 de la rue Eugène Boudin à Caen.
Situez via Googlemaps !

Belle occasion de découvrir une compagnie de culture africaine implantée à Caen.

L’ordre du jour sera donc : retour et examen critique de et sur notre assemblée générale. En prime : Préparation de la manifestation du 19 mars prochain. Questions diverses.

Enfin toujours pour le traitement du problème qui nous préoccupe : l’évaluation.

Nous souhaiterions organiser avec le concours de Yannick Butel un grand débat public sur la « critique »  et l’évaluation.  À découvrir sur le web,  le site de yannick Butel et ses collaborateurs http://www.insense-scenes.net/site/

De son côté le Synavi a vainement tenté de provoquer une rencontre-débat avec le comité d’experts drac, il y a de cela  trois ans et il s’était heurté à une fin de non recevoir du Directeur en place à l’époque.

JP Dupuy

A lire  également : Caen capitale Appeler un chat, un chat. une contribution de JP Dupuy pour l’AG 2009 -  27 fév 2009 au format PDF

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Quelles perspectives, avec quels moyens ? – Motion 4

Chers amis pour faire un maximum de place au débat lors de notre AG de vendredi, faites part de vos observations le plus possible cette semaine de façon que nous consacrions un minimum de temps à voter nos motions.
merci,
JP Dupuy

Motion 4 : Quelles perspectives, avec quels moyens ?


Voici la quatrième et dernière motion qui doit permettre de mettre à jour le mandat que les adhérents entendent confier à la future équipe dirigeante de l’ADADA.A.

Faire de l’adada.a, la coordination la plus représentative possible des artistes de Basse- Normandie n’a de sens que si –dès cette année- nous conduisons fermement une bataille des moyens ! Notre motion 1 a rappelé sur quelles orientations nous souhaitions travailler. La motion 2 a mis en lumière les modalités d’action. La motion 3 a proposé une approche du  contexte de politique générale dans lequel nous sommes appelé à œuvrer. Il reste donc à examiner les moyens que nous serions tentés de nous donner à court et moyenne échéance et mettre ces objectifs en rapport avec nos fins. Pour le moment l’Adada.a n’a pas d’émules. Nous sommes la seule organisation de ce type, visant à rassembler des artistes de toutes obédiences et de toutes disciplines. Nous ne sommes en concurrence avec personne. À tout prendre, nous espérons plutôt stimuler l’ensemble des organisations et institutions qui opèrent dans le champ de l’art et de la culture. À  nous de faire le nécessaire pour convaincre de l’utilité de notre présence. Nous ne sommes pas là pour nous substituer à qui que ce soit, ni pour co-gérer la situation des uns ou des autres. Si outil nous devons être, c’est en tant qu’outil au service de la liberté que nous souhaiterions-nous penser. Cela dit se battre pour une telle valeur mérite qu’on ne soit pas en manque d’ambition : de cela chacun doit se convaincre.

Nous avons pu faire le bilan d’une année sans moyen autre que nos convictions et capacités d’action militante, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est (le bilan) plus qu’honorable. De cela, retenons–en, un stimulant facteur d’encouragement : nous sommes en capacité de faire plus, beaucoup plus. Comment solliciter davantage des uns et des autres. Comment s’enrichir mutuellement  et  mieux se rencontrer. Comment s’organiser. Comment travailler ensemble. C’est une série de conditions qu’il faut rassembler et veiller à ce que son orchestration soit efficace. Un local ? Oui ! Sans budget de fonctionnement ? Non ! Un site Web ? Oui ! Sans un suivi permanent ? Non ! Ainsi de suite…Beaucoup de choses sont possibles …Le veut-on ? Et, surtout les pouvoirs publics le souhaitent-ils ? Le secteur privé serait-il intéressé ? La bataille des moyens va sérieusement nous éclairer  sur le crédit  et l’intérêt qu’on peut nous porter. Bref, a-t-on besoin de nous ? de ce type d’organisation ?

Nous en sommes convaincus… Serons-nous, pour autant convaincant… C’est l’enjeu de cette année. Elle peut être, la dernière comme –tout au contraire- l’amorce d’un long cours.

1. Priorité des priorité : un local
Disposer rapidement d’un local permettant une vie et une concertation permanente, peut être décisif. Nous avons demandé à la Ville de Caen la mise à disposition d’un local. (courrier à Samia Chehad /mai 2008). Disposant d’un local, nous serions en capacité d’explorer des possibilités d’emploi, en termes de secrétariat, d’animation et d’impulsion d’activités. La jouissance ou non d’un local s’avère donc déterminante. Nous avons vocation à être nombreux et, de fait, porteur de multiples initiatives. Celle  d’animer  pour nous-même, un lieu de réunion, de rendez-vous et de rencontre  est la plus probante des mises à l’épreuve. De fait avoir pignon sur rue peut nous conférer  une légitimité et une attractivité décisive ; par conséquent  la jouissance d’un local nous paraît un préalable incontournable. Dépourvu de moyens financiers conséquents, nous ne sommes pas en capacité d’en louer un. Nous attendons donc la réponse de la ville avec un intérêt non dissimulé.

2. Un site internet. Une communication
Nous aurions besoin d’un site internet, régulièrement animé. Besoin que paroles, idées, observations des uns et des autres soient recueillies, classées, exploitées. Nous aurions besoin d’organiser une lisibilité nouvelle des forces vives qui se sont multipliées. Le site pourrait être l’expression et la traduction de la richesse  et de la diversité des acteurs de la culture. Indépendant, il peut apporter un éclairage précieux sur ce qui anime, vit, croît et meurt dans la sphère des arts dans notre région. Tout art est art vivant.

3. Être présent dans les instances consultatives et décisionnelles
Besoin de participer aux instances de concertation avec les pouvoirs publics (Corepse/ Comité régional des Arts Vivants/ Conférence Régionale des arts vivants ? Comité municipal, Conseil d’Administration). Il ne s’agit pas d’y être présent pour une figuration intelligente..mais d’y  représenter les idées et orientations de l’ensemble de nos forces à partir d’un point de vue travaillé. En réalité, il faut savoir si entendre le point de vue  de tout un ensemble (d’artistes et proches)   mérite attention et porte à quelque intérêt…Où si l’on peut s’en passer !

À l’évidence recueillir et exposer  nos idées devraient retenir l’attention. À condition que deux obstacles soient franchis. Le premier relève de notre propre mobilisation : faire la démonstration constante de notre intérêt pour nous exprimer. Le deuxième c’est qu’en notre absence (parce que trop nombreux, morcelés et « atomisés ») d’autres s’expriment en notre lieu et place. Cautionner ou pas une telle usurpation  (dont maintes institutions tirent avantage quand elles ne vont pas à l’encontre de nos intérêts collectifs ! C’est tout le questionnement de nos camarades de l’audiovisuel sur la Maison de l’Image par exemple, ou des théâtreux qui s’interrogent sur le fonctionnement de  l’ODIA  qui s’est arrogé un pouvoir discrétionnaire sur la participation de telle troupe plutôt que telle  autre au Festival d’Avignon).

L’Adada.a n’est pas candidate à une cogestion, mais l’Adada.a plus simplement, souhaite avoir son mot à dire et jouir d’un droit de regard –à minima- sur les procédures, décisions et orientations prises concernant les artistes et leur travail.  Il va de soi que les artistes, présents dans les instances, y sont mandatés par leurs pairs et porteurs d’une parole responsable vis-à-vis d’eux. L’Adada.a a donc un travail à faire si toutefois une volonté politique existe pour permettre que ce travail se fasse !

4. Évaluer l’utilité, l’impact et la fonction des artistes
On ne peut prétendre à jouir de fonds publics et se dérober à rendre des comptes. L’Adada.a doit prendre la question de l’évaluation à bras le corps. C’est un chantier complexe, si l’on veut dépasser l’obstacle de la nature subjective et singulière de l’œuvre, mais nous estimons que l’évaluation doit être un travail  qui réclame le concours des artistes eux-mêmes.

L’Adada. A n’est pas vouée à s’en tenir à du lobbying  en faveur de l’art et des artistes…Mais  doit servir à traduire la volonté d’organisation des artistes et à  leur appétit  de réflexion sur la conjonction possible de leurs intérêts particuliers avec  l’intérêt général.

Tel est le fondement de la politique culturelle publique dont beaucoup d’entre nous se réclament. Cette occurrence n’est pas exclusive : un développement des arts est aussi possible à partir d’une problématique strictement privée (voire de formule mixte !). Nous devons réfléchir toutes les hypothèses pour que notre rassemblement soit le plus probant possible.

5. Partenaire tout terrain.
Si nous sollicitons un dialogue constant avec les politiques, c’est que le développement de l’art passe par un approfondissement de la démocratie, passe par des transformations sociales dont nous serions aussi des agents actifs. Confrontés à un système économique, à des modes de gestions, à des règlements souvent inadéquates à nos pratiques ; confrontés à des publics que nous souhaitons de plus en plus actifs, il nous appartient de faire d’abord un effort de réflexion sur nous-même ! Conduire cet effort avec tous les partenaires… Et en tout premier lieu avec les publics, c’est  réfléchir sur le fond  aux nouvelles formes d’échanges (culture et lieu de proximité), et d’économies solidaires. Réfléchir à la portée politique de notre travail.
Réfléchir à  une démocratie concrète et active, à des conditions d’existence qui accorderont  à chacun une meilleure emprise sur sa vie.

« Comment partager le mystère de l’homme sans en répandre le secret ? » interrogeait René Char… Comment, dans le respect des plus intimes convictions, partager des idées ?L’exercice est délicat, périlleux et difficile…C’est pourtant là que réside toute entière notre tentative.

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