
Année après année, mois après mois, jour après jour une idée faite son chemin : celle qui veut que l’artiste soit au service de l’intérêt général.
Avec l’Adada, quels buts poursuivons-nous ? Qu’est-ce qui fonde pour l’essentiel, notre raison d’être ? Qu’est-ce qui distingue notre association de tout autre ?
La réponse est dès plus simple : avec toutes personnes de bonne volonté, des artistes de toutes disciplines réfléchissent et discutent des problèmes de l’art et de la culture, dans notre société.
Ainsi nous essayons de dégager en matière d’art, la notion de bien commun et d’intérêt général et tout naturellement cet effort de réflexion se mène conjointement entre artistes et citoyens amateurs et usagers de l’art.
Voilà, penserez-vous une profession de foi qui paraît d’une grande banalité tant il est vrai que nous disposons d’un système démocratique pour le faire.
C’est exact.
Nos élus politiques proposent, des dispositions et une ligne de conduite en matière d’art et de culture, sensés satisfaire l’intérêt général.
À toutes fins utiles, ils s’entourent de personnes qualifiées et de services culturels adéquats. Il s’agit de toujours mieux cerner et discerner le précieux intérêt général. Depuis longtemps, ces mêmes élus et leur services négocient et orientent le cahier des charges des institutions culturelles chargées de mettre en œuvre ce même intérêt général.
Si l’adada existe, c’est très simplement qu’en matière de culture, il existe un important secteur dit « indépendant », constitué de très nombreuses micro-structures qui se développe de manière considérable et qui s’ »affirme de jour en jour comme un vecteur capital du développement culturel.
Que veut ce secteur, comment entend-il se définir, comment peut-il heureusement contribuer au bien public ?
Par quel moyen peut-il faire entendre sa voix ?
Ce sont ces questions qui justifient l’existence d’Adada et lui confèrent une utilité. Défense, développement et citoyenneté constitue le trépied de notre action.
Défense
L’intérêt particulier et néanmoins collectif fait l’objet d’une solidarité : ce que nous appelons la Défense des artistes… En quoi, il est vrai, l’activité de l’Adada recoupe et émarge dans un champ d’activités investies par les syndicats. Pour être précis, nous devrions dire qui « devrait » être investi par les syndicats. Il y a là, et nous le regrettons, un nœud de raisons complexes qui font des instances syndicales, un maillon faible de la chaîne démocratique. C’est vrai au plan général, c’est plus que vrai s’agissant des artistes et acteurs de la culture.
L’Adada trouve là, non pas une légitimité, mais une simple raison d’être et notre sympathie confortée de soutien, est tout acquise aux organisations de défenses, quelle que soit leur nature que les « professionnels » ont pu et peuvent se donner !
En attendant ces jours promis où les organisations représentatives le seront effectivement ! … l’Adada assurera du mieux possible une représentation crédible et utile du secteur artistique.
L’Adada se reconnaît tout à fait comme une instance intermédiaire …Un lieu de passage, de transit et de transition.
Nous l’avons dit : aucune question n’est à éluder, non plus que la complexité de tout ce qui s’attache à l’art, à sa pratique et à son développement.
Développement
De toutes les questions embarrassantes qui peuvent se poser, il en est une et pas des moindres qui concerne la nature profondément singulière, personnelle, particulière et quasi asociale et amorale de l’œuvre. L’art n’a d’intérêt qu’à ce prix, de se dérober aux finalités ordinaires. À partir de quoi, pourrait-on dire, les ennuis commencent ! … Y compris les ennuis et incompréhensions propres à l’existence de l’Adada.
Car, qu’on le veuille ou non, le point de vue d’un artiste reste et restera toujours « irréductible » à des valeurs qui lui sont propres et qui n’appartiennent qu’à lui. Il utilise pour cela, les ressources de son art : alors en se mêlant d’intérêt général que vient-il faire – en tant que tel – dans cette galère ?
C’est justement sur ce point nodal qu’Adada a un rôle à jouer qui peut s’avérer déterminant. En acceptant une concertation et mise en commun avec d’autres coreligionnaires et des citoyens intéressés, l’artiste ne défend pas ses intérêts propres mais instaure « la diversité des artistes » comme critère et concept majeur d’un « intérêt général » possible pouvant se reconnaître à travers un rassemblement.
La diversité faut-il le rappeler, c’est bien sur cette notion que s’établit une politique publique de la culture.
Autrement dit, en provoquant et organisant une confrontation des points de vue pour en dégager un consensus, l’Adada répond à une exigence fondamentale : celle qui autorise une couverture des activités artistiques par le moyen de fonds publics.
Le secteur indépendant ne peut se développer qu’avec l’assimilation de cette donnée fondamentale. Quoiqu’on en dise, il y a du pain sur la planche !
Citoyenneté
Adada doit répondre aux exigences d’une association citoyenne : son enjeu procède du progrès démocratique.
Trouver un artiste qui consent à s’organiser avec d’autres artistes et qui consent à discuter avec les citoyens sur la place (sa place ? ) et l’utilité de l’art dans l’organisation sociale, qui consent un tant soit peu, à se détacher … C’est reconnaître et trouver un « oiseau rare ». L’artiste par définition est « absorbé » par son œuvre et sa « vision » et nul ne songerait à lui en faire grief. Pourtant, il existe.
L’Adada essaie de faire la démonstration qu’une évolution/ mutation serait en cours.
Un artiste/citoyen travaille à se configurer, à trouver les termes d’un nouvel équilibre entre l’exigence artistique et l’exigence (citoyenne) politique.
L’enjeu principal, d’ordre démocratique, s’énonce avec la notion de co-construction des politiques culturelles publiques.
Cette co-construction s’inscrit déjà en filigrane dans le paysage culturel via les institutions et les services compétents … Oui mais, elle implique que les artistes et citoyens consentent à se structurer en conséquences. Pour le secteur indépendant, se structurer reste la pierre d’achoppement : il doit le faire dans l’intérêt de tous. Et il doit le faire pour et avec les citoyens.
Il s’agira là de citoyens qui ne se satisfont pas de l’art comme produit de consommation.
Il s’agira d’artistes, certes soucieux de leur indépendance, mais tout autant attentifs à la demande citoyenne et politique.
Respect de la diversité des démarches, juste équilibre entre l’institutionnel et le secteur indépendant, dialectique de l’intérêt particuliers à l’intérêt général… L’Adada se veut à la croisée des chemins pour favoriser le dialogue indispensable des uns et des autres.
JP Dupuy, le 23 septembre 2011
C’est dans cet esprit qu’à partir du lundi 17 octobre prochain Adada proposera tous les troisièmes lundi du mois, un café citoyen de 18 heures à 20 heures
au Bar « Le Régent » à Caen.
Monsieur Jean-Luc Charlot, sociologue et écrivain* animera les débats.
Y participeront des « grands témoins » en rapport au sujet traité.
La première rencontre se déroulera sous l’intitulé : « où en est le public ? »
Image : DR
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