ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Discours de Monsieur Tourret lors de l’assemblée plénière du Conseil régional de Basse Normandie les jeudi 17 et vendredi 18 décembre 2009

M. Tourret lors de l’assemblée plénière du Conseil régional de Basse Normandie les jeudi 17 et vendredi 18 décembre 2009

A visionner en cliquant sur ce lien…
A propos de la Commission 7 : Partie Culture et Commission 8 : Solidarités , politique de la ville, logement, santé, handicap (23 min.)

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A propos de Culture : Soutien au programme de développement de projets audiovisuels (8 min.)


Dans l’attente de vos commentaires…

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Lettre à Monsieur Philippe Duron, Député-Maire de Caen en date du 13 décembre 2009

Monsieur le Maire,

Comme j’ai pu vous le dire de vive voix ce samedi dernier, lors du débat consacré à l’Education Populaire, les artistes  sont inquiets quant à la place qui pourrait être la leur dans le Projet Éducatif Local (PEL). Au nom de l’Adada, j’ai pu  insister sur le fait qu’il ne saurait y avoir d’éducation artistique digne de ce nom, sans le concours des artistes eux-mêmes. Ce concours aurait l’air d’aller de soi  alors même que l’on se passe de les consulter.  Comme vous nous l’avez précisé, étude et concertation seraient déjà en cours avec les enseignants d’une part, avec les associations d’éducation populaire  d’autre part.

Autrement dit : quand on aura besoin de vous …On vous le signifiera !

Vous comprendrez aisément que ce n’est pas dans cet esprit que nous avons, par lettre, interpellé Pascale Cauchy, dès le 24 octobre dernier. Pour quelles raisons, nous estimerions-nous indispensable, dès maintenant, de procéder à des échanges et de participer  à  un véritable travail de concertation ?

Permettez-moi, rejoignant en cela  maints intervenants, d’en rappeler et développer ici les motifs.

Sortir des bonnes œuvres  et dépasser la problématique de la bonne conscience.

La première raison fut justement relevée par Marie-Christine Bordeaux. Ce serait celle qui voudrait que l’éducation populaire (et artistique parfois) procède du « malheur social ». On trouverait avec l’éducation populaire un adjuvant à la misère sociale, un baume au cœur, un bien de consolation courant.

D’où, souligné par un intervenant, l’intervention  souvent appréciée et parfois critiquée de la CAF…D’où, une telle orientation tenue pour des plus contestables, nous serions désolés que  le projet culturel de la ville puisse lui apporter une quelconque  caution. L’absence des artistes à l’étape initiale du PEL conforte notre appréhension.

Le piège de l’animation culturelle comme solution à l’éducation artistique.

La deuxième raison, il est revenu à un responsable de mouvement d’éducation populaire (notre ami Philippe Clément, responsable de la ligue de l’enseignement) d’en faire état.

En substance, il a pu relever que les animateurs n’avaient pas le niveau de formation requis pour dispenser et satisfaire les besoins d’une  éducation artistique digne de ce nom. Façon implicite de déléguer la mission de l’éducation artistique à  des agents qu’on identifie  comme animateurs. Façon  structurelle de mettre les artistes sur la touche et  d’entériner     (pour ne pas dire enterrer d’entrée de jeu)   une éducation artistique  digne de ce nom. Il y a des « accommodements  pédagogiques »  avec l’artistique qui signent l’arrêt de mort de l’art lui-même. Il faut pour une éducation artistique réellement possible mettre dans le chantier les artistes eux-mêmes et une vraie circulation des œuvres.

Voilà parfaitement condensé, le problème sur lequel en son temps, 1999, Madame Catherine Trautmann, Ministre de la culture devait achopper et je me suis permis de l’évoquer samedi.
Oui on peut, à l’infini professer  les bienfaits d’une éducation artistique massive et prioritaire (le pouvoir en place fait-il autre chose[1] ? y compris via sa réforme des lycées !) et  achopper sur les moyens  (en l’occurrence pas tant les moyens financiers que l’absence en nombre d’artistes sensibilisés et disponibles pour cette vaste mission). Il y fallait donc une authentique et courageuse volonté politique !  Cette volonté n’avait pas manqué à la Ministre…Lui aura manqué un environnement favorable politiquement et culturellement…car l’éducation artistique ne peut que déranger l’ordre culturellement établi et la distribution des rôles  que cela implique !

Mettre l’artiste au cœur du dispositif.

Fut évoqué ce samedi l’admirable ouvrage de Jean-Gabriel Carasso, son « manifeste pour une politique de l’éducation artistique et culturelle »[2] À travers ce manifeste, c’est toute l’action de l’Anrat qui retient l’attention. Parce que justement, l’Anrat a fait de la collaboration avec les artistes la pierre angulaire  de son action, les artistes reconnaissent en cette association, un acteur authentique de l’éducation artistique dans les écoles. Si l’artiste revendique (c’est bien l’objet de cette lettre) d’être au cœur du dispositif, ce n’est pas pour s’en faire un monopole et écarter  les précieux partenaires que peuvent être animateurs et enseignants. Il s’agit avant tout, d’appréhender le but final, de ne pas trahir la spécificité de l’artistique . Qui mieux que les artistes peuvent tenter d’en offrir la garantie ?

Le hiatus  de la culture et du socioculturel  a plombé et compromis, hier comme aujourd’hui, avec sa lourdeur historique, de rendre possible un accès authentique à l’art, une tentative réelle d’élargissement  de la base sociale des pratiques artistiques.

Faut-il continuer dans cette impasse ? Ou va-t-on enfin changer le fusil d’épaule et  ne plus se payer de mots ?

L’enjeu s’appelle : liberté.

Et donc, il importe peu de stigmatiser les uns (socioculturel) ou les autres (artiste et culturel) sur leur responsabilité  respective dans la « crise »  toute relative de la démocratisation.

Relative dirions-nous à l’idée que l’on se fait de la culture. Comme si par exemple, la télévision, le numérique, l’explosion des musiques actuelles n’appartenaient pas en propre à la culture ! Comme si  un « modèle culturel » qui s’auto gratifie du label de l’excellence ne devait pas non plus s’interroger sur sa légitimité ! Nous le disons et l’affirmons : l’éducation artistique  fait symptôme pour notre modèle culturel actuel. Elle s’inscrit à la croisée des chemins. C’est donc le meilleur endroit pour  une mise à plat (mise en crise ?)  de tous les problèmes qui travaillent la culture.

L’enjeu s’appelle liberté ! Et pour être plus précis : liberté d’expression. (c’était déjà l’enjeu capital de la crise de l’intermittence en 2003).

Comment expliquer autrement l’incroyable explosion des entreprises et manifestations artistiques de tout genre ? Comment expliquer à Caen, l’incroyable succès et impact des Théâtre-Ecoles (dont celui d’Actea qui a pu compter jusqu’à 800 « élèves » et recueillir jusqu’à 2000 signatures quand son existence fut menacée (1999/2000). Autre exemple  parfaitement significatif : le succès constant et avéré des ateliers d’écriture qui sont loin, très loin, d’avoir donné leur pleine mesure, faute d’un soutien adéquat !

L’éducation artistique, par chance, procède  du désir, d’un appétit  et d’une volonté librement affirmée  par celui qui s’y adonne. Rien d’obligatoire : c’est bien de liberté d’expression dont il s’agit. Il y  a une offre qui parfois peine à répondre aux besoins[3]…Il y a  donc une situation et des aspirations nouvelles à saisir et à analyser.

Il est donc bien entendu que l’éducation artistique doit être d’emblée un objet de concertation entre différents acteurs (ce que l’Anrat a parfaitement compris) qu’ils soient enfants, jeunes gens, adultes, amateurs, artistes, enseignants, éducateurs ou animateurs.

Pour le moment, Monsieur le Maire, les artistes sont parfaitement absents de la politique d’éducation artistique que vous souhaitez initier et nous le regrettons très vivement.

Ce qui me conduit à évoquer la troisième raison qui plaide en faveur  de la mise en place d’un vrai dispositif de concertation.

Formation et reconnaissance du rôle des artistes

On peut se faire l’écho, au plan des artistes, du même souci  éthique qui  fonde les scrupules de nos amis du mouvement de l’éducation populaire ; Mettre devant les enfants des personnels qualifiés. C’est pourquoi le binôme enseignant / artiste reste la meilleure formule par quoi peut procéder l’éducation artistique.

Les artistes de leur côté ne sauraient prétendre  intervenir sans  astreinte, sans s’assurer du concours de médiateurs avisés lorsque cela peut s’avérer nécessaire. Ainsi ils n’ont pas à se départir de leur finalité (finalité relativement rétive à  enseigner, éduquer,  instruire) artistique. Ainsi peut se vérifier un état de compatibilité de la fonction poétique avec la fonction  éducative. Faute d’une entente cordiale, l’artiste peut y perdre son âme et l’enseignant son « latin »[4]. On voit donc qu’un plan d’éducation artistique local sérieux doit s’en donner les moyens.

Ceci acquis …Il restera à régler le problème technique fort judicieusement évoqué par Romuald Duval délégué régional du SYNAVI, concernant l’emploi des intermittents.

Le protocole actuel  de leur régime spécifique de chômage ne permet qu’une collaboration étroite et limitée dans la sphère de l’éducation.  L’Adada a fait signé dans la région, une pétition qui a recueilli plus de 2500 signatures sur la question : Le droit des artistes à intervenir  strictement dans leur champ de compétence …Sans se voir transformés en animateurs ou enseignants au rabais.

C’est bien en porteurs d’exigences artistiques que les artistes se veulent  des collaborateurs à part entière. Et cette exigence peut s’exprimer autrement que par la réalisation d’un spectacle. Il existe un formidable potentiel et réservoir d’artistes[5] (dont beaucoup en situation précaire) qui –sur la base du volontariat- ne demandent qu’à se mobiliser ! Que va –t-on faire de cette  manne ?

L’ignorer ?  Solliciter un travail ?  Mettre en place une véritable offre ?  Structurer  l’action culturelle dans de nouvelles dimensions ?  Donner enfin dans ce processus singulier une vraie place aux citoyens ? Une place active  et responsable?

L’émancipation des citoyens

En effet, au terme de cette trop longue réflexion, il paraît opportun de laisser  le dernier mot au citoyen. Nous voulons parler du « spectateur émancipé » cher à Jacques Rancière ou, tout simplement, de  l’expression culturelle du citoyen  comme a pu l’évoquer René Fix. Qu’en fait-on ?

Voit-on, sait-on voir ce qui dans la société mute et se transforme (prend forme) comme capacité nouvelle d’expression ? Sait-on s’inscrire là où la culture dans son sens anthropologique  (vivre ensemble)  va  produire, rencontrer ou épouser des formes singulières qui –au bout du compte- seront réversible comme art ?

Est-ce qu’effectivement le but ultime qui anime  l’artiste comme le politique n’est pas l’émancipation ?  N’est-ce pas implicitement, ce que chacun entreprend dans la conquête du sens de sa vie ?  N’est-ce pas se vouloir maître de soi et sujet devant l’Histoire ?

Qu’a-t-on trouver de mieux à partager ?

Recevez Monsieur le Maire, l’expression de mes sentiments les meilleurs
JP Dupuy 13 dec 2009


[1] Dans le même temps où se proclame par le chef de l’état la priorité à l’éducation artistique, on observe une baisse bien réelle de la ligne 224 (action culturelle) du budget de la culture !

[2] « Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ? » Jean-Gabriel Carasso. Édition de l’attribut. Mars 2005

[3] On s’inquiète en permanence d’un numerus clausus  concernant la prolifération des artistes ! Cela fait plus de trente ans que ça dure (première vague de chômage et premier choc pétrolier sous Giscard d’Estaing).  Rien, aucune tentative de régulation n’a pu « arrêter » le mouvement…Il serait peut-être enfin temps d’observer ce fait de société autrement qu’avec les grilles du passé.

[4] Il n’échappe à personne qu’un service éducatif qui coordonne deux types d’activités et  implique la collaboration de deux agents coûte plus cher (deux fois plus cher) que l’intervention solo d’un des acteurs. C’est bien là que le bât blesse !Un tel souci d’économie  est peu compatible avec une éducation artistique crédible.

[5] Evidemment nous ne désignons pas exclusivement ici les intermittents mais bien tous les artistes de toutes disciplines sans oublier nos techniciens qui ont toute leur place dans la problématique de l’éducation artistique.

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Protégé : Deb interne #1

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Compte-rendu réunion collectif danse (vendredi 21 nov 2009) aux ateliers intermédiaires : pour continuer le débat !

Vous avez vu passer récemment deux courriers, l’un adressé au Drac, l’autre au Président de Région : ils sont les effets d’une réunion du collectif danse qui s’est tenu le 21 novembre dernier. Nous n’en sommes pas restés là un troisième positionnement plutôt  adressé à la ville et  au maire de Caen a été élaboré. Doit-il prendre la forme d’une lettre ou d’un communiqué ?


Vous avez quelques jours pour en décider. Communiqué , nous ferions coïncider sa sortie avec  le rendez-vous de samedi prochain 9h00 à l’ancien siège du CCI ( centre ville Bd du général Leclerc) Débat projet de ville : quelle économie pour l’art et les artistes !

Cependant Vendredi dernier le collectif/danse a ouvert des discussions dont  je me fais ici l’écho. 5 questions et un brouillon de lettre communiqué  sont soumis au feu rouland de vos observations.

1. Peut-on adhérer au collectif si  on dirige une structure qui ne remplit pas ses obligations économiques et sociales ? Comprenez qui ne paie pas ou incorrectement ses salariés ?

Bonne et vraie question, d’autant que l’on peut adhérer à l’adada que l’on soit employeurs ou salariés. En quoi d’ailleurs l’adada n’est pas un syndicat !

Éléments de réponse :

Nous soutenons les syndicats d’abord de salariés ( solidarité oblige) et d’employeurs ( Synavi ou syndeac participent à la négociation des conventions collectives ; ce qui leur fait reconnaître de facto la nécessité et l’obligation du respect des droits. Certains employeurs syndiqués sont de fait adhérent de l’adada et bienvenu. Côté salariés c’est la grande misère syndicale …Il faut une loupe pour trouver des salariés syndiqués ! On ne peut donc que le déplorer !  En quoi d’ailleurs dans sa forme peu aboutie l’ADADA s’avère indispensable pour que s’exprime et s’expose tous les problèmes. Nous le faisons depuis deux ans sans moyen …Nous en accordera-t-on pour pouvoir continuer cette tâche très lourde ?

Il n’est pas de notre ressort de contrôler et stigmatiser les manquements aux droits sociaux et économiques… Nous n’ignorons pas que l’intermittence est un cache-misère qui dédouane les pouvoirs publics de  financer à sa juste mesure les projets et entreprises artistiques !

La tartufferie que tout le monde connaît c’est que seule les institutions sont sensées avoir les financements « professionnels »  à la bonne hauteur… Les entreprises du secteur indépendant quant à elles doivent des démerder !

Donc qui peut se permettre honnêtement de jeter la pierre ?

Les institutions ? Elles sont les premières a utiliser l’intermittence comme variable d’ajustement de leur finance quand elles relèvent des arts vivants. Relevant des arts enregistrés c’est les grosses boites (télé ou ciné) qui ont inventé la PERMITENCE !

Alors pour ne pas souscrire à l’ hypocrisie ambiante, évitons  d’accuser les plus faibles tout en dénonçant intelligemment la situation.

Oui ! il n’est pas acceptable que l’on ne respecte pas les droits économiques et sociaux dans le secteur de l’art ! Et j’invite à la lecture de la pièce remarquable de Jean-Luc Lagarce Nous, les héros qui traite du sujet. Se rappeler que des premières génération d’artistes produits par la décentralisation vont arriver à la  « retraite »… Le plus souvent des retraites en forme de « minimum vieillesse »  contrepartie d’une pratique constante dans le  non-respect des droits.

Notre impératif ? dénoncer sans cesse  la tartufferie ! appeler à se mobiliser en permanence ! réclamer la mise en œuvre d’une économie solidaire et adaptée à nos pratiques !

Viendrez-vous le dire Samedi prochain 5 décembre à la CCI ?

Dénoncer nos conditions de travail ? Dénoncer la misère ?
Dénoncer la Drac qui convoque les compagnies de danse à Saint-Brieux pour les évaluer  sans s’inquiéter du coût  des prestations ?
Ne voilà-t-il pas un cas flagrant d’hypocrisie bien entretenue ?
Comme l’a suggéré un camarade danseur attentif au discours du Drac sur  les avancées  numériques  ( colloque de Caen du 27 nov 2009) : à quand une évaluation par visio conférence des projets chorégraphiques ?
Notre travail consiste à  inquiéter les pouvoirs publiques . De solliciter qu’elles paient les prestations. Par exemple l’adada réclame que soient rémunérés en régie municipale les prestations des artistes professionnels lorsqu’ils se produisent dans des bâtiments publics ! nous avions soulevé le problème lors de prestations danse à l’église Saint-Nicolas. Nous souhaiterions qu’alors la ville veille au grain ! Idem  lorsqu’un dispositif mobile s’installe au château et que s’y produisent  des compagnies de danse professionnels. Qui les rémunère ?

Tartuffe une fois de plus ! Tartuffe serait-il le premier employeur des danseurs et compagnies ?

L’adada se bat et se battra d’abord résolument contre Tartuffe. Tous ces non paiements  produit de non financement  parce qu’on sait très bien que l’artiste s’exprimera quand même payé ou pas !

De cela on parlera Samedi prochain 5 décembre 2009 à l’ancienne CCI !

Le débat sur le respect des droits est complexe et  le terrain miné :  nous devons faire en sorte que ce problème bien réel ne nous empêche pas de nous organiser et d’agir ensemble. Nous ne devons pas l’ignorer et ne pas ignorer les dégâts qu’il peut produire de toutes les manières. Le collectif danse a aussi abordé un autre problème.

2.Le politique a-t-il le droit d’afficher ses préférences en matière artistique?

Autre terrain miné. Est-ce le rôle de la ville de programmer dans ses salons  une manifestation en faveur d’un artiste plutôt que d’un autre ? Est-il acceptable qu’un responsable politique affiche ses goûts et ses couleurs ?

La réponse qui va de soi est NON ! C’est bien celle qu’avait fourni un responsable socialiste Thierry Legouix  qui avait honoré de sa présence notre dernière Assemblée générale où nous en avions débattu. Non paraît la réponse consensuelle  ce qui convenons–en érige la tartufferie en beaux arts et langue de bois de l’exercice politique. Les politiques comme chacun de nous ont  leur propre opinion et  donc  on peut solliciter discrétion et réserve sur ce terrain au profit de principe égalitaire et républicain. Discrétion et réserve n’interdissent pas une expression à minima sur les goûts et les couleurs.

Les politiques sont en général très avertis des dangers de trop s’exprimer en la matière…De leur côté les artistes sont  moins prudents dans les jugements de valeurs  que parfois ils portent sur la politique. C’est comme souvent Jacques Rancière qui a raison ; Nous devrions pour un heureux développement du fait démocratique redonner au DISSENSUS  sa dimension salvatrice et cultiver plutôt qu’un  art du consensus  souvent réducteur , un dissensus bien travaillé et expressif de notre capacité de tolérance . En matière de politique culturelle, nous dirions dissensus obligatoire et reconnaître par là la vérité irréductiblement visionnaire et singulière de l’œuvre d’art. Son « inquiétante étrangeté ».

Nous devons donc être attentif à démarquer constamment que nous sommes porteurs de deux points de vue qui cohabitent dans un relatif dissensus : le point de  vue « sociétal », une parole de l’ordre du collectif et le point de vue  singulier de l’artiste  dans la dynamique de sa sensibilité poétique.  Concilier l’inconciliable ! Voilà encore profondément un pari tenu par l’adada !

3. Pour arrêter de se marcher sur les pieds  nous devons nous structurer.

Nous avons échangé sur Kaffé croissant et sur le désordre et l’anarchie qui  président plus ou moins à la saison de danse.  Nous avons salué le travail de  Danse perspective pour coordonner et structurer les échanges et la diffusion par delà son investissement précieux dans la formation, mais nous constatons que l’on peut le même jour à la même heure se voir « invité » à  des manifestations très intéressantes sur la danse ..Ce qui ressemble un peu à la fable l’huître et les deux plaideurs. Il y a : NOUS Avons un problème de coordination  et ce problème ne peut se traiter empiriquement !

Comment éviter de se marcher sur les pieds ? Comment à ce niveau organiser une prestation mutualisée. Peut on imaginer un outil annuel en forme de calendrier de saison ? Un Agenda  illustré et commun à tout le secteur danse : il irait de septembre ) fin août… conçu et réalisé au profit de tout le secteur ?

En supposant qu’un tel ouvrage puisse exister  il nécessiterait dès maintenant la collecte des informations  ( une présentation adéquate indiquerait le prévisible et/ou l’aléatoire : ce serait un excellent ouvrage révélateur de la vitalité de la danse en Basse-Normandie)

La question devient combien ça coûte et qui peut le faire ?   Deux questions parfaitement soluble dès lors que les fonds nécessaires serait dégagés par les pouvoirs publics. L’adada pourrait s’en charger ou n’importe structure  candidate… J’en profite pour signaler que comme chaque année, l’association « le jeu de la règle »  propose son « imprévisible 2009 » un agenda unique au monde ! lejeudelaregle@laposte.net

Comme quoi l’association ressource  pour une mise en œuvre existe… On la trouve aussi avec des adhérents de l’adada qui  s’occupent de communication comme  blackmagic  de yann Voraceck et Hervé Mazelin ( membre du bureau d’adada )   Mais encore  nos  chères mutus Bazarnaom ou  ateliers intermédiaires seraient en mesure  de concrétiser une telle iniiative en attendant de nouvelles « fabriques «  à Caen.

4. Événement danse

Il a été suggéré de faire un off au Festival Danse d’ailleurs…Sous l’appellation « danse d’ici ».
Suggestion vivement contestée car fut-il dit  du off c’est du gratuit et du non payé modèle Avignon….Le débat est ouvert ! Mais il manque une grande manifestation populaire sur la danse et par la danse qui doit être pensée …Une grande manifestation citoyenne  car la danse reste la pratique artistique la plus répandue, la plus ouverte et la plus nécessaire au métissage et à la diversité. C’est le premier vecteur de rencontre possible .

5. Danse en danger

Si la danse est en danger c’est  que plus que tout art elle repose  essentiellement pour ne pas dire exclusivement sur  les fonds publics et donc sur une volonté politique. Philippe Duron n’a pas dit autre chose lors de l’ouverture des débats sur la politique de la ville en reconnaissant les difficultés singulières propres à cette discipline ( c’était le samedi 14 novembre  dernier  au théâtre des cordes)

C’est donc en masse que les danseurs doivent venir Samedi prochain 5 décembre à l’ex-CCI, éclairer et défendre les dimensions économiques ( les contraintes qui pèsent sur cette discipline) de leur travail.

Proposition communiqué/lettre pour ville de Caen, Caen-métropole et Caen la mer

La ville de caen se veut porteuse  d’un projet de politique culturelle s’appuyant sur un triptyque :  création/Diffusion/formation. Le collectif danse , avec sa volonté de rassembler dans une commune réflexion et action tous les acteurs de la danse se reconnaît parfaitement dans cette volonté de structurer une politique culturelle  dans tous ces aspects. Qu’en est-il alors au niveau de la danse ? Quelles perspectives se trouvent ainsi posées ?

Nous ne prétendons ici qu’allumer le feu…Solliciter la réflexion et encourager le débat.

1. Création

Le constat est déjà fait : depuis des années les équipes de création, danseurs et chorégraphes souffrent d’un sous financement  avéré à tous les niveaux d’intervention de la puissance publique. Ce sous financement à conduit certaines commissions d’évaluation  à suspendre leurs travaux… La dégradation des moyens financiers affecte d’abord la création et son exigence de qualité.  Que ce soit l’institution (le CCN) ou le secteur des compagnies indépendantes, en dépit de nos protestations, la situation reste fondamentalement  catastrophique. La disparité des traitements fait à la danse par rapport au théâtre reste insoutenable ! Ce qui ne veut pas dire que les « théâtreux » seraient des nantis ou des privilégiés. Cela veut dire qu’en danse on hésite pas à maintenir les structures en état de pauvreté indécente …Pour ensuite déplorer  la pseudo médiocrité des prestations (cf l’ODIA!)

C’est se permettre d’émettre des jugements de valeur compte tenu de la médiocrité des moyens accordés que nous estimons scandaleux et indécents. On ne peut donc parler d’une politique de la danse sans un réel et très significatif effort financier pour tous les acteurs de cette discipline. C’est une vérité incontournable et première à partir de quoi une perspective peut se dessiner !

2. Diffusion

Une politique de diffusion de la danse n’aura de sens qu’avec une mise en réseau consistante d’une part, et une volonté clairement affirmée de promouvoir  la danse.  Mettre un terme à la pénurie de locaux, identifier et promouvoir par des soutiens adéquates tous les lieux existants,

Equiper de nouveaux lieux… Arrêter de laisser les structures « bricoler » et les soutenir  véritablement à la bonne hauteur. Que l’Odia joue son rôle de soutien et non de chien de garde malthusien. Que soit bien identifié un réseau de distribution régional. Que soit créé un nouveau réseau à l’échelle de la communauté urbaine ( un réseau en assurant  des prestations en proximité assurerait aussi un meilleur financement de la création par des achats en coréalisation plus avantageux) ; Caen-métropole  doté d’un office danse  organisé et géré par les artistes eux-mêmes pourrait  asseoir un nouveau réseau (ouvert aussi sur d’autres disciplines) coordonner et harmoniser une vraie diffusion. Ainsi  les petites localités  pourraient jouir de prestations de qualité grâce à l’intelligence  d’une mise en commun de moyens. Bien entendu un tel dispositif suppose une coordination technique et « politique » avec l’office de la culture départemental, en tirant bénéfice de l’expérience acquise. Il n’y a pas de diffusion dynamique en milieu péri urbain comme en milieu rural sans un apport actif des habitants du territoire. La démocratisation trouverait là , un terrain d’élection.

Même en milieu urbain pas de démocratisation pensable sans implication des citoyens pour une culture faite de  lieux de proximité. La diffusion doit être aussi inscrite dans cette perspective.

3. Formation

La formation est l’enfant pauvre de la discipline alors même que chacun s’accorde à penser qu’elle est déterminante ! Le CCN a fait un travail  profond et  constant pour que l’exigence de qualité  soit mieux qu’admise, devenue une exigence très partagée.

Quel danseur néglige de se former, d’entretenir son appétit de progrès et de découverte !

La danse est une discipline où la  recherche  est incontournable.  Pas de développement possible de la danse sans un effort de formation, sans une professionnalisation, un entretien technique de haut niveau !

S’accorde-t-on  des moyens de formation conforme  à  ces exigences ?  Une formation exigeante  implique la rencontre avec ce qui se fait de mieux. Implique circulation des œuvres et des « talents ». Pas de haut niveau sans multiplier la présence de passeurs ( pédagogues/praticiens) omniprésents sur le terrain. Encore une fois le CCN fait beaucoup mais il ne peut pas tout compte tenu des moyens dont il dispose.
Car, hélas, on y revient toujours un niveau trop bas de financement hypothèque crucialement  le développement de la danse.

L’éducation artistiques  des publics comme des enfants  reste en jachère !

Il est vrai que la danse porte des exigences qui s’accommodent mal du professionnalisme marron ! C’est-à-dire de l’imposture de se dire professionnel avec une pratique d’amateur.

Ce brouillage des lignes qui sévit dans toutes les disciplines n’a pas sa place en danse et c’est tant mieux ! La danse heureusement et malheureusement reste le plus sûr révélateur des exigences et problèmes fondamentaux des Arts Vivants.

Pour le Collectif Danse
J.-P. Dupuy

CES OBSERVATIONS NE SONT PAS À  PRENDRE OU A LAISSER MAIS À DISCUTER

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Illustration : Rebecca Horn, Unicorn | Site de l’artiste

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Compte-rendu concernant deuxième rencontre de concertations et débats concernant le projet de la ville de Caen sur la Culture

Forum économie de la culture et du patrimoine

Un homme parti de rien pour arriver à pas grand chose, ne doit rien à personne
Pierre Dac ( Contribution magistrale de notre camarade José Escamez au débat)

C’était la deuxième rencontre de concertations et débats  concernant le projet de la ville de Caen sur la culture. Il portait sur l’économie. Occasion pour l’adada de rappeler par un tract distribué à l’entrée du forum que l’économie, c’est d’abord la réalité d’une économie libérale qui brade les travailleurs, artistes compris.

Il n’y a pas dans cette crise permanente, de lieu ou secteur préservés. La culture connaît le même marasme qui affecte toutes les couches de la population.  Grand merci aux nombreux adadaîstes présents ce matin !

À  la différence de la première réunion  d’il y a trois semaines on a pu constater une forte mobilisation y compris des intermittents.

Je vous rappelle que les débats enregistrés feront sans doute l’objet d’une communication ultérieure et  que de ce fait le présent compte-rendu ne prétend à aucune exhaustivité.

Responsable de notre parole collective, je  rend compte de « mes » propos comme il se doit et j’invite les adhérents qui ont pu intervenir à  nous faire parvenir la quintessence de leurs interventions et leurs observations.

En règle générale, nous avons pu constater  à propos d’interventions émises de la salle par des personnes étrangères à l’Adada une réelle convergence ! Convergence moins évidente avec les discours tenus à la tribune où avaient pris place Philippe Duron Maire de Caen et adjoint à la culture, J-P Quiles collaborateur de l’Observatoire des politiques culturelles, Samia Chehab  adjointe à l’innovation culturelle).

On observera aussi de très judicieuses interventions des représentants du SYNAVI de Basse- Normandie …Et pour la première fois, sera évoqué (par Samia Chehab)  le nom d’une nouvelle organisation, pièce maîtresse de la réflexion en matière d’économie : l’UFISC.

Ufisc, L’Union Fédérale d’ Interventions des Structures Culturelles rassemble plus de 11 organisations et quelque 1500  structures.
L’Ufisc a publié un manifeste pour une autre économie de la culture (document à télécharger en suivant ce lien).

J’ai pris la très lourde responsabilité de poser les questions suivantes :

1 Gratuité.

Rappel  d’une question d’actualité (déclaration dans tendance ouest du Maire) : la gratuité (entrée musée et autres)  est-elle une bonne chose ?

Nous avons souhaité évoquer une autre gratuité, rapportée à l’acte créatif, sensé ne rien rapporter, et procéder d’une gratuité absolue ! Nous trouvons inquiétant, le rappel de « retour sur investissement » trop souvent évoqué en matière de politique culturelle.  N’a-t-on pas avec  une plus grande implication du local dans le financement des arts, une tendance  à moins de désintéressement, vis à vis de l’activité artistique dont on attend retombées économiques ou sociales ? N’y a-t-il pas là, un bien réel danger ? (dont l’attractivité serait  un avatars).

2 Sens politique de la lutte des intermittents

La lutte des intermittents ne fut pas exclusivement une « défense économique » de chômeurs maltraités. Ce que défendirent et défendent encore les intermittents, c’est  un droit : le droit d’expression du plus grand nombre. Droit constitutif de toute volonté d’émancipation.

Primat de la volonté politique sur l’économique ? Est-ce possible ?

3 Une nouvelle politique culturelle est-elle possible ? Le livre sur les pratiques culturelles des français1 met bien en évidence que le développement culturel actuel  largement « dominé » par les institutions aboutit sans cesse à un effet d’aubaine ! On ne prête qu’au riche ! Quand donc cessera-t-on cette politique pour en essayer une autre ?  Une autre dynamique de développement plus horizontale moins marquée du sceau tour Eiffel (Décentralisation sur le modèle  jacobin)

4 L’Europe préparerait (avec la bénédiction du ministère de la culture) une dérogation concernant la circulation des œuvres (art vivant). Ponctuellement, des entreprises étrangères opérant sur notre territoire, seraient dispensées de la  nécessité de se doter de la licence d’entrepreneur du spectacle. Ce qui veut dire -en clair- que le clown polonais  pourra déroger à la législation française sur les droits des salariés, et relevés de la législation de son pays d’origine. Retour en force de feu la directive Bolkenstein de sinistre mémoire. Rappel que les artistes français jouissent d’une protection sociale  des plus avancées  en Europe. Et donc notre devoir c’est  d’accorder cette même protection au clown polonais … Au moins quand il vient en France !

Autres observations :

Quand une institution est en difficulté, du seul fait du non relèvement de sa subvention de fonctionnement : ce maintient  de l’essentiel de ses  recettes en francs constants 2 l’oblige à réduire sa capacité d’emploi des artistes…Les artistes (ou la marge artistique)  sont donc, de fait, la seule variable d’ajustement dont disposent les institutions !

Autrement dit, c’est celui qui, fondamentalement, justifie l’existence de l’institution  qui paie les pots cassés et qui se fait viré le premier3 ! EST-CE BIEN NORMAL ?

Dans le secteur indépendant c’est d’abord du non-emploi plutôt qu’une réduction d’emploi..Mais cela aboutit à la même chose : l’artiste paie la facture !                     Et l’intermittence continue de brouiller les cartes.

Dans ces conditions quelle évaluation économique sérieuse peut se faire ?

On rencontre sur le terrain de la culture, le même obstacle quant à l’estimation des économies clandestines : drogues, travailleurs émigrés exploités en mains d’œuvre clandestine…La culture émarge donc à ce qu’on appelle une économie souterraine ! Mais chuttttt, il ne faut rien dire, loi du silence oblige ! et d’ailleurs je n’ai rien dit me contentant de « suggérer »….que des questions puissent se  poser !

Enfin pour rester sur les sujets tabous  Comment se fait-il qu’il soit mal venu d’évoquer le critère du « prix de fauteuil » ? Pourquoi ne prend-t-on pas la peine  de calculer cle montant des fonds publics permettant à un spectateur de s’asseoir dans un fauteuil  du théâtre de Caen4 ? et combien accorde-t-on de fonds publics pour permettre à un habitant du Quartier de la Guerinière, d’apprécier un spectacle de rue 5?

Cela mettrait-il par trop, en évidence qu’une politique de gauche pourrait  par des choix précis, y compris « financiers », favoriser une autre approche  de la culture ? Qu’est-ce aujourd’hui que l’éducation populaire ? Peut-on fondait sur elle, une perspective politique sérieuse ?
De cela nous serions invités à parler Samedi 12 Décembre prochain à 9h à la MJC de la Guérinière où il sera question d’éducation populaire.

On se souviendra, le maire l’ayant rappelé, que la Jeunesse et Sports sensé tenir la main sur cette orientation et les « services adéquats » en est à une autodissolution indiscernable dans les méandres de l’action sanitaire et sociale du ministère de la Santé.

Mise en gouvernance « fascisante » de la jeunesse en la rapportant à la « bonne santé » physique et mentale aussi douteuse et nauséeuse que peut l’être le débat  sur l’identité nationale !  Ce n’est pas en se faisant rampante que la fascisation  se rendrait acceptable… Elle touche  et gangrène  toutes les sphères de la réalité sociale et culturelle.

Rapport au privé.

Échanges  « esquissés » sur le mécénat . J’ai pu évoquer comment l’adada a pu interpeller la CCI  de Caen à propos de la réalisation d’un film sur Guillaume le Conquérant où notre instance industrielle et commerciale s’est gardée  d’aucune concertation avec les milieux artistiques bas normands ! Notre démarche et notre courrier sont restés sans réponse ! Bref  le temps du mépris reste le temps de référence de nos relations avec le secteur privé !

Conclusions :

Nous sommes arrivés à un stade d’échanges sur le plan culturel de la ville qui permet un début de bilan.

En général, l’écho nous montre très réservés. Nous sommes à peu près unanimes à considérer qu’il ne s’agit pas là -à proprement parlé d’une concertation !

Les adhérents d’adada sont pragmatiques  et souvent , voient midi à leur porte ! Ils -nous- attendent des changements effectifs ! des actes…Le maire répond : patience et longueur de temps !

Mais pendant ce temps là …La défiance avancent assez sûrement !  Il manque quelques signes hautement symboliques ! Qui soient d’un autre ordre que de la belle idée !

En attendant il en est pour penser que  CETTE CONCERTATION Pourrait n‘ÊTRE QU’UN ÉCRAN DE FUMÉE.

En  effet, c’est un fait, la nouvelle politique de la ville, en dépit de la phase de concertation actuelle, rencontre un scepticisme bien réel !

NOUS DEVONS DONC ENGAGER LE DEBAT ! D’abord entre nous pour fixer une ligne et une stratégie, ensuite provoquer les mise au points nécessaires et indispensables !

Le compte-rendu que vous avez pu lire ne rend absolument pas compte des interventions  des camarades présents. Pourquoi ?  Parce que, que ce soit René Paréja, Romuald Poretti, Guillaume Leterrier, José Escamez, Laurent Frattale, ou Jean-Marie Mallet… (Pardon, si j’en oublie)

Ce fut un grand bonheur quand ils ont fait état de leur appartenance à l’adada… Parce que leurs interventions  étaient justes, fines et bien documentées…Et je me disais : « c’est ça notre force et notre richesse… revendiquer une diversité de point de vue ! Continuer à travailler ensemble  avec l’intelligence du dissensus6 ! travailler à  cette démocratie-là, voilà notre boulot ! »

C’est pourquoi je ne rapporte pas  les interventions de mes camarades pour ne pas dénaturer ou  déformer leur propos. Il faut donc si chacun le souhaite que, au sortie de ce genre de réunions, vous fassiez état par écrit de vos observations ! ça vous permet de travailler sur votre point de vue, de l’affiner..Et d’en enrichir notre communauté de travail. Si vous faites cet exercice …Alors notre réflexion deviendra forte et collective et l’adada n’aura plus qu’à s’affirmer comme une caisse de résonance  incontournable  qui dérange et dérangera au mieux les puissants (qui eux ne jurent que par le consensus pour  alibi du pouvoir qu’ils exercent sans partage !)

Que vivent nos désaccords et  que perdure notre union !

Merci .

Pour l’adada  JP Dupuy, le 5 décembre 2009

PS  Je vous rappelle que ce compte-rendu vient en complément de notre prise de position par tract et communiqué en date du 1er décembre 2009.
Il s’agit donc d’une pièce complémentaire. De même l’adada s’est clairement prononcée pour une autre économie ! Economie solidaire et culture de proximité. Mise en réseau et procédure mutualisante. Le manifeste de l’Ufisc  est pour nous  un texte de référence.

——
Notes :

1. Les pratiques culturelles des français par Olivier Donnat.
2. Il s’agit de lois d’économie de ce type d’entreprise connu comme loi de Baumol. Sur le fond le problème vient de ce que aucune machine n’a jusqu’à ce jour pu se substituer à l’homme sur le terrain de l’art vivant !
3. C’est extraordinaire comme les pouvoirs publics s’inquiètent de ne pas accorder aux artistes ce qu’ils appellent des « rentes de situation » !!! Quel acharnement à refuser qu’un artiste puisse ne pas avoir assez de sa courte vie pour « œuvrer » … Picasso par rapport à ce forcing constant des pouvoirs publics à maintenir l’artiste dans la précarité se saurait vu signifié l’interdiction de peindre dès son plus jeune âge… Avant même ou la précarité… qui n’a d’égale qu’une gérontocratie triomphante dans la sphère du politique ( où là les rentes de situation vont bon train… Ce qu’on appelle un train de sénateurs !)
4. Sans compter qu’en raison de son financement d’ordre « municipal » le théâtre de Caen a le bénéfice probable d’un réajustement annuel de ses ressources. La loi de baumol serait donc alors intégrée au mode de gestion de l’établissement. La question mérite d’être posée.
5. Le prix de fauteuil c’est le calcul de tous les paramètres incontournables rendant la prestation culturelle possible. C’est par une étude sur le prix de fauteuil que Pierre Boulez sauva son outil de travail l’IRCAM que l’ « on » (les pouvoirs publics) trouvait trop cher ! Par le prix de fauteuil un comparatif avec l’opéra Garnier et l’opéra Bastille incita les pouvoirs publics a une rapide marche arrière et à foutre une paix royale à Boulez ! Ceci pour répondre aux réticents d’évaluation fiable.

6. Lire et relire Jacques Rancière à ce sujet !

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Illustration : René Magritte, Ceci n’est pas une pipe, huile sur toile, 65 × 59 cm, 1929

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ÉCONOMIE DE LA CULTURE, LA CRISE EST LÀ ! tract distribué le 5 décembre 2009 à l’occasion du débat organisé par la ville de Caen : Quelle économie pour la culture et le patrimoine ?

Nous avons eu ce matin sur l’économie de la culture ce que je crois avoir été une très belle manifestation.
Nombreuses interventions de fort belle facture.
Vous trouverez son compte rendu assez vite sur ce blog.

Pour vous faire patienter, voici la photographie qui atteste que nos Clowns Républicains de Sécurité ( CRS adada)  assuraient la protection du Maire de Caen en raison des risques qu’il pourrait prendre d’une politique culturelle trop novatrice et dérangeante.

Vous pouvez également lire le tract distribué ce matin.

J.-P. Dupuy

_______

Rappel :

La 3ème rencontre aura lieu samedi 12 décembre 2009 de 9 à 12 heures à la MJC de La Guérinière, 10, rue des Bouviers 14000 Caen
La thématique développée sera la suivante :
De l’éducation populaire à la consommation culturelle : quel avenir pour la démocratisation culturelle ?

En présence de Marie-Christine BORDEAUX, enseignant-chercheur à l’Université Stendhal Grenoble III

Le projet “CAEN la culture en capitales. Vivre et s’émerveiller ensemble” est disponible au format pdf à cette adresse.

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