ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Réforme des collectivités territoriales

Position de l’adada concernant le Projet de réforme des collectivités territoriales.

Comme chacun le sait, le gouvernement prépare une réforme des collectivités territoriales. Elle concernerait essentiellement  une réduction des différentes instances de décision : canton, communauté d’agglo, syndicat de communes, pays,  départements,  régions, tenues pour un mille-feuille dispendieux  … Mais la réforme projetée qui verrait par exemple fusionner département et région s’accompagnerait  d’une révision des compétences dont la compétence culturelle. Sur ce dernier point  les artistes et acteurs culturels ( donc l’adada) sont  donc particulièrement interpellés. Beaucoup pensent que ce sont leurs sources de financements (le plus souvent croisés) qui seraient affectées. Par conséquent, au moment où s’engage la campagne des régionales, comme un préalable à tout débat, il importe que nous nous déterminions par rapport à la réforme annoncée.

Le projet actuel de réforme des collectivités territoriales inquiète les artistes et les professionnels de la culture, en particulier tous ceux qui relèvent du secteur indépendant,.

En effet, en l’état  le projet de réforme en remettant en cause la compétence ou l’engagement des collectivités territoriales[1] sur le terrain de la culture, peut porter un coup fatal au dialogue entre les artistes, leurs structures et les élus soucieux de voir s’inscrire  la création artistique dans la vie des territoires.

Dors et déjà, la Réforme Générale des Politiques Publiques est porteuse de sérieuses menaces sur l’intervention de l’État en matière de Culture.  Les artistes sont bien conscients que c’est une intervention accrue et un renforcement du soutien des collectivités locales et territoriales qui ont « sauvé » la mise  de nombreuses structures culturelles (y compris de label national).

C’est donc bien le développement culturel qui risque de subir un coup d’arrêt décisif avec la perspective de la réforme territoriale.

L’effet pourrait en être terrible d’abord sur l’emploi avec une baisse d’activité inévitable. En même temps c’est la dynamique culturelle  qui touche au plus près les citoyens qui se trouverait affectée.

Parce que  de plus en plus d’acteurs de la vie culturelle réfléchissent à des actions en profondeurs, en liaison étroite avec nos concitoyens, il est nécessaire que s’entretienne un dialogue constant et fécond avec des élus de proximité.

Il est nécessaire de maintenir et développer la création et la production de l’art vivant au coeur de l’espace public et cela à tous les niveaux des territoires.

Il est donc urgent d’inventer et de promouvoir des modes de production artistique qui s’inscrivent dans le cadre d’une économie solidaire, en concertation avec les citoyens.

Au moment où la question d’élargir la base sociale des amateurs d’art et la culture se pose avec acuité, il est mal venu d’opérer une recentralisation rampante qui s’inscrit a contrario du nouveau palier de développement de la culture.

Collectivités territoriales et perspectives de développement culturel

Proximité et diversité sont à nos yeux, les deux valeurs fondamentales pour une approche nouvelle de la politique culturelle. Impossible estimons-nous de mettre en œuvre cette approche sans des instances politiques variées en prise directe sur les territoires. Nous  pouvons tout à fait admettre une révision des découpages territoriaux, voire des réformes adéquates mais  il se trouve que, toujours, la culture peut y trouver des instances propres à satisfaire son développement.[2]

1 Proximité  et diversité

Les petites structures qui configurent l’essentiel du secteur indépendant  et leurs artistes ont besoin de proximité et de concertation au plus près des territoires (urbains et ruraux) qu’ils investissent Fragiles et précaires ces entreprises sont riches de leur diversité,  Il leur faut une grande variété d’interlocuteurs qui autorise une grande diversité d’expériences . Par sa  souplesse, et son adaptabilité, la micro-entreprise  culturelle et l’artiste peuvent  répondre au mieux  à toutes les configurations.

Aujourd’hui, les structures indépendantes peuvent expérimenter et partager avec les élus locaux des modalités très diverses d’intervention. Cette dynamique doit être préservée coûte que coûte.

2 Politique publique et secteur indépendant

Le secteur indépendant se revendique autonome et libre de ces choix mais, de plus en plus, il est porteur d’une exigence de politique publique et il se reconnaît dans ses principes. Porteur d’exigence de qualité, garant de la diversité et de la richesse de l’offre culturelle, il souhaite s’impliquer à tous ses niveaux d’intervention dans une mission de service publics. L’évaluation de son action va donc procéder de cette volonté.

Il importe donc que l’exigence artistique puisse s’exprimer dans une co-construction   et un dialogue constant entre les professionnels et les élus et ce, à tout les niveaux d’intervention possible.

L’artiste sera indépendant, car ne renonçant en rien à ses finalités artistiques quant au politique  il veillera à la juste rencontre de cette indépendance avec l’intérêt général  dont il est l’expression. Cohabitation et convergence d’intérêts différents, voire contraires, pour  satisfaire à l’appétit toujours renouvelé, d’émancipation des citoyens.

Pour l’adada JP Dupuy  8 jan 2009

PS : Nous avons pris connaissance des vœux présidentiels et  pris acte de la promesse de ce que les futures collectivités territoriales ne seraient pas  privées de la compétence culturelle. Citons la déclaration du Président : « Je le réaffirme solennellement pour être bien compris devant vous : toutes les collectivités, des communes aux régions en passant par les intercommunalités et les départements, continueront à exercer leur compétence culturelle après le vote de la loi réformant les responsabilités des collectivités territoriales. »
7 janvier 2009

Nous nous félicitons  de cette déclaration. Cependant un bémol s’impose…Les collectivités territoriales   « continueront  à exercer leur compétence  culturelle » …or  il ne s’agit pas de la compétence culturelle  générale (que la Région par exemple exerce par défaut !) . Autrement dit  se trouve pérennisée la répartition actuelle des tâches.


Notes :

1 C’est un fait que a priori , la culture n’était pas inscrite dans le domaine de compétence du Conseil Régional. Il est donc intéressant de constater que  cette absence n’était pas « tenable »

La culture par delà son étroite acceptation comme beaux arts, c’est avant tout le ciment qui lie entre elles, toutes les dimensions de l’existence. Comment en faire l’économie, dès lors qu’elle décline sur un mode singulier ce qui fait le sel de la politique, à savoir : comment les gens vivent ensemble. Sous des prises d’angles  très différentes artistes et politiques ont la même visée ! 2

En particuliers, nous constatons combien des instances comme Caen la Mer sont très loin de remplir certaines missions que nous pourrions attendre d’elle.

Télécharger le pdf

Publicités

Filed under: actualités, contributions, , , , ,

Bonne Année 2010 !

Filed under: actualités,

L’imprévisible

TWITTER