ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Propositions pour concertation et relation constructive des pouvoirs publics et du secteur indépendant des arts et de la culture

Le 28 Janvier dernier, le Conseil Régional a tenu une Conférence Régionale Consultative pour la Culture. Au nom de l’idée que nous nous faisons de la concertation, nous avons dénoncé publiquement cette Conférence Régionale comme étant un aimable fourre-tout. Les bonnes intentions estimions-nous ne suffisent pas !

Derrière les mots il y a des réalités ! Le problème fondamental de la concertation, c’est qu’elle doit d’abord intéresser ceux  qui  s’en trouvent exclus, essentiellement les acteurs du secteur indépendant.

Nombreux mais inorganisés, jaloux de leur indépendance…les acteurs non institutionnels de l’art et de la culture  sont régulièrement tenus pour quantité négligeable. Ils sont ceux avec qui on ne discute pas ! Il est vrai qu’ils sont en partie responsables de cet état de fait car peu ou pas structurés mais que ce soit avec le Synavi, l’Ufisc ou l’adada, ils sont –passez-moi l’expression- en train de corriger le tir.

Au moment où tant à la Région (Pascale Cauchy élue Présidente Culture) qu’à la Ville (Geneviève Heuzé présente et à l’écoute du Spectacle Vivant) se redessine de nouveaux contours du dialogue sur le développement culturel, nous tenons à revenir sur la Conférence Régionale de Janvier dernier et à travers elle, approfondir nos attentes sur la concertation et sur ce que nous appelons la co-construction des politiques publiques. Le texte ci-dessous a fait l’objet d’une large concertation en interne ; il est par conséquences, tout à fait révélateur de nos préoccupations et de notre orientation.

La bonne idée d’une Conférence Régionale Consultative pour la Culture ?

À quoi a pu ressembler la première Conférence régionale pour la culture ? Pas de procès d’intention de notre part ! Nous avons eu vis-à-vis de la Conférence, la même attitude que nous avions pu avoir vis-à-vis des « voix publiques »[1] : préjugé favorable.

Il s’agissait alors d’un soutien critique et nous avions -via le Synavi- invité massivement les artistes à y participer. Les mesures adoptées en Décembre 2007 avaient reçu un accueil tout à fait positif de notre part.
L’adada devait naître et se développer dans la foulée des « voix publiques ». À partir du succès avéré des rencontres, nous avions pu prendre conscience qu’il fallait s’organiser pour rompre l’isolement des artistes et qu’un dialogue permanent de venait indispensable ! Les participants d’ailleurs avaient sollicité la création immédiate d’un site interactif (Il va finalement voir le jour avec un tel retard que  sa création n’enclenchera pas l’interactivité souhaitée…C’est ce qui s’appelle rater le coche ! Avant l’heure ce n’est pas l’heure et après l’heure ce n’est plus l’heure non plus !

Comme quoi, on peut fusiller n’importe quelle bonne idée en la programmant à mauvais escient ! Ainsi en aura-t-il été du site interactif ! Ainsi en  fut-il de la Conférence Régionale !

Temporiser et jouer à cache-cache avec  ce qui ressemblait a priori de bonnes idées, c’est condamner ces dernières  le plus souvent à mort ! En d’autres termes l’opportunisme ou l’attentisme sont les plus sûrs moyens de compromettre une politique !

Chat échaudé craint l’eau froide !

La Conférence régionale de janvier dernier aura été –selon nous-  une illustration malheureuse de notre propos !

Rappelons les motifs et attendus retenus par le Conseil Régional pour justifier  cette initiative ?

«  Au  cours des débats des voix publiques « culture », il a été constaté que le secteur culturel était éclaté, voire atomisé. Les acteurs culturels (professionnels, artistes…) ont fait remarquer leur isolement.

Pensée comme un espace de débat, de construction, de réflexion, d’évaluation, de propositions des politiques culturelles à l’échelon régional, une conférence consultative régionale pour la culture apparaît comme une des réponses pour pallier cet isolement et accroître les liens entre les élus des différentes collectivités, l’Etat, les professionnels et responsables issus de différents domaines dont la formation et l’éducation. »

NOUS SOMMES PARFAITEMENT D’ACCORD AVEC CE DIAGNOSTIC puisque si nous n’avions pas fait le même, en janvier 2008 l’ADADA n’existerait pas !

On aura donc mis deux ans pour traiter le problème ! L’isolement, l’émiettement, le repli  sont des symptômes d’une maladie qui affecte d’abord le secteur indépendant. On l’aura laissé deux ans sans soins …

Qui plus est, a-t-on organisé et composé la Conférence pour  rompre avec le fameux isolement ?  Hélas non !  Les principaux intéressés n’étaient pas là ! Massivement absents. Bref le secteur indépendant, non consulté, n’y trouvait pas son compte ni l’outil de concertation dont il avait impérativement besoin.

En nous accordant un entretien sur la tenue de la conférence, le Président Beauvais a parfaitement compris nos réserves.

Une Conférence pour une vraie concertation? Nous y étions très attachés ; c’est même CE QUE NOUS RÉCLAMIONS depuis bientôt deux ans !

Mais pourquoi à ce moment–là ? (veille d’élection) Pourquoi dans cette configuration là ? (équilibre et utilité des personnes convoquées)

Sans méconnaître la difficulté, fera-t-on MAINTENANT avec pertinence une Conférence efficace et bien venue ?  Nous voulons le croire et nous souscrivons à cette perspective.

Si nous nous sommes montrés si vigilants, si susceptibles, si exigeants avec le mode d’existence de la conférence : c’est que notre survie et  notre développement en dépendent !

Notre raison d’être à l’adada : c’est rompre l’isolement des artistes, de toutes disciplines et de tous secteurs !

En veut-on un modeste exemple ?  Cela fera bientôt un an d’existence pour le Collectif danse soutenu par l’adada : un an de lutte pour que tout le monde se parle …Pour que le danseur, le professeur, l’animateur et le « public » et  tous les artistes  s’informent et s’impliquent  au mieux. Pour qu’enfin soit pris la mesure des graves problèmes qui touchent cette belle discipline. Mais la bonne volonté ne suffit pas ! L’amateurisme de notre organisation a trouvé ses limites.  C’est désormais d’un outil professionnel  que dépend l’avenir du Collectif danse et  la mise à jour d’une politique sérieuse pour la danse en Basse Normandie.

Nous avons  travailler à coordonner un secteur dans toutes ses composantes mais pour l’avoir fait  SANS AUCUN MOYEN, nous n’avons fait que  du travail à court terme. Nous avons besoin de franchir des paliers nouveaux pour  des solutions durables.  Une Conférence Permanente pour la danse  dans le cadre d’un Centre de recherche et de développement des arts et de la culture. Un travail encadré et valorisé par un outil adéquat permettra d’en finir avec une politique à la petite semaine qui épuise tout le monde !

Mais cette politique implique de mobiliser d’abord et en priorité les forces et structures dispersées du secteur indépendant ; Cette politique doit donc se négocier avec lui  avec le concours des institutions et de toutes les composantes de la puissance publique. Il reste que le secteur indépendant doit s’organiser en conséquences. Chacun doit prendre ses responsabilités. En créant leur collectif, les danseurs ont montré la voie. Le Collectif-Danse a donné une légitimité à ceux qui veulent réfléchir et travailler à  une parole commune (fin de l’isolement)  et  plus loin à  l’insertion de cette parole dans l’intérêt général. Au final, on se retrouve sur le terrain des politiques publiques sans que l’artiste déroge à son projet initial ni  à l’indépendance dont il se prévaut.

Besoin de structuration et Co-construction des politiques publiques

Nous appelons à une structuration nouvelle indispensable pour une politique nouvelle !

Nous réclamons sans cesse des outils nouveaux …En veut-on un exemple ? Il suffit de lire attentivement le dernier texte de l’adada sur « l’évaluation  Droit et devoir » présenté récemment au Comité Régional du Spectacle Vivant de Basse-Normandie; On peut lire :

.

« La détermination des valeurs artistiques et culturelles qui sont bonnes pour l’intérêt général n’est jamais réglée une fois pour toute. La politique culturelle s’initie et se construit par et dans la discussion publique, elle est co-construite. Ce principe de co-construction est un enjeu de démocratie. Il signifie que la complexité des situations est en permanence assumée par l’instance qui associe acteurs et décideurs.[2] De nombreux dispositifs de confrontation avec les acteurs associatifs, les professionnels, les élus, peuvent jouer leur rôle sous forme de « comités », « organismes paritaires », « chartes déontologiques », « protocole de travail », « assises locales ou départementales »,… Ils permettent de confronter le sens et les valeurs d’acteurs différents engagés dans un mouvement complexe. La politique publique devient ainsi co-élaborée, elle organise la discussion sur l’ensemble des choix, met en place les dispositifs de concertation. »

À partir de ce texte, on comprendra  d’abord à nos yeux l’importance d’une juste analyse et évaluation de la situation, ensuite qu’il faut peser les mots à l’aulne des intentions !

Il faut savoir de quoi l’on parle ! Viser l’efficacité  et  prendre ses responsabilités.

De quelques précautions…

Qui peut s’opposer au principe d’une concertation ? Personne ! Pourtant on peut y mettre tout et n’importe quoi.  Il faut donc, a contrario d’un consensus mou et sans objet, en préciser les contours et finalité

Nous convenons bien volontiers de la complexité du problème posé  qui serait de rassembler à travers la  Conférence Régionale un organe représentatif !

Complexité pour saisir avec cohérence les problèmes dans toutes leurs dimensions : harmonisation, rééquilibrage, redistribution des moyens et des tâches, réforme des collectivités territoriales, RGPP.

La recomposition du paysage culturel va son train ! Considérations géo-stratégiques, guerre de position et enjeux de pouvoir  brouillent les cartes !

Sur quel pied voudra-t-on danser ? Comment s’organiser ou se réorganiser ?

Qui peut prétendre que la réponse est simple et facile ?

Alors tout le monde[3] s’en mêle et c’est bien  normal. C’est à la fois rassurant et inquiétant.

Rassurant de voir tant de gens soucieux de l’intérêt général. Inquiétant en terme d’outil de travail et de transformation effective des choses : les grands messes coûtent chers et produisent peu !

Elles peuvent donc servir de trompe l’œil à un immobilisme certain !

Pour toutes les instances, publiques ou pas,  de l’état à la région, de la ville (surtout la capitale) à la campagne (les départements), le devenir et la dynamique de la culture (et à travers elle le devenir de nos sociétés) se discutent passionnément, à tous les niveaux et de toutes les manières!

Chaque instance veut accrocher son attrape-mouche au plafond de sa cuisine : est-ce cela que nous voulons ? Pas sûr.

Nouvelle dimension de la politique culturelle

Quel est l’élément nouveau du débat ? Le Synavi dans sa charte fondatrice l’a parfaitement pointé en évoquant la place et fonction des artistes dans les compagnies indépendantes :

« La place essentielle des artistes dans ces structures3 met en évidence les liens de l’activité de création et de la vie publique. L’activité artistique y est en prise directe avec la société et l’espace public, dans un rapport d’interaction concrète, de dialogue, voire de résistance. Les structures artistiques et culturelles indépendantes sont des espaces nécessaires de libre expression et de débats. Elles forment de petites enclaves d’utopie au coeur du réel. Elles permettent de résister au laminage de la subjectivité et à la normalisation des sensibilités. Leur existence fait jouer à la pratique de la création un rôle essentiel dans la démocratie. »

C’est bien la prétention des « indépendants » à s’inscrire en masse dans les politiques publiques qui constitue l’élément nouveau qui alimente  notre réflexion critique.

Cette dimension nouvelle dont le secteur indépendant, avec sa volonté de s’inscrire dans la perspective de politique publique est porteur, permet à travers la culture de proximité  de rendre enfin possible un réel élargissement de la base sociale de la culture.

Y a-t-il une autre perspective pensable pour le développement culturel ? Nous ne le pensons pas !

Sinon, nous en restons et resterons à ce qu’on appelle l’effet d’aubaine ; c’est-à-dire augmenter exclusivement la capacité de jouissance des biens culturels à ceux et pour ceux qui en ont déjà le profit.

Légitimité et secteur indépendant

Il faut donner une légitimé à la prétention du secteur indépendant d’œuvrer pour des politiques publiques : tel nous paraît, aujourd’hui, un des enjeux essentiels qui se négocie à travers  les outils de concertation et d’harmonisation.

Ce n’est pas une affirmation de type corporatiste mais une observation de bon sens !

Il faut faire la pais avec ceux qui font la guerre qu’ils soient structurés en armée régulière ou pas [4]!

Par conséquent la réflexion sur le mode de composition de la Conférence est à nos yeux, tout à fait essentielle. Il ne saurait s’agir d’un simple report sur le papier des interlocuteurs existants et de s’en tenir aux pesanteurs institutionnelles. Nous avons pu reprocher à la dernière conférence de ne s’en tenir qu’à cela !

Il se trouve que le secteur indépendant est aussi le secteur de la plus grande précarité et par conséquent si les grandes messes causent un préjudice moral et matériel à ceux qu’elles attrapent dans leur filet, ce même préjudice s’avère insupportable pour les précaires !

En cette période de crise aigue, personne n’a de temps à perdre en parlotte inutile !

Il faut repenser l’ensemble des rapports institués avec ceux qui veulent bien repenser ces rapports!

L’affaire est délicate : discutons-en et d’abord discutons avec ceux qui veulent en discuter Pourquoi écarter ceux qui demandent le dialogue ? Quel qu’il soit ? La concertation est profondément une affaire de démocratie.  La participation ne s’impose pas, pas plus que le vote  est tenu pour obligatoire. Trouver des modalités incitatives nous paraît la moindre des choses. Oui, mais alors nous serions confrontés à un trop grand nombre ?

Difficulté et objection recevables ! Convoquons un certain amour de la démocratie pour  lever les obstacles.Travaillons à réfléchir aux structurations nécessaires, travaillons à organiser une légitimé.[5]

De la gestion du temps : rien ne sert de courir, il faut partir à point.

C’est bien ce débat essentiel qu’ont pu ouvrir, non sans difficulté, les « voix publiques ». et c’est bien l’objectif majeur qui doit pouvoir se poursuivre avec la Conférence Régionale…Il est donc primordial de reconnaître une continuité et une cohérence des unes à l’autre.

Que faut-il faire pour s’assurer de cette continuité et de cette cohérence ?

Cela mérite que, là-dessus nous chicanions ! Et c’est bien de cela que l’adada veut discuter…Et nous trouvons que si discussion il y a, elle doit assez logiquement précéder l’existence de la Conférence

Mettre en place un outil de concertation sans concertation relève, estimons-nous du paradoxe !

Peut-être cette même Conférence, disions-nous en janvier, pour que le véritable processus de consultation s’engage, devrait-elle s’organiser postérieurement aux élections (autre logique) . NOUS Y SOMMES.

Nous estimons donc que depuis deux ans (décembre 2007), le processus de consultation et de concertation aurait dû être engagé…Faute de l’avoir été en temps voulu , il ne sert à rien de précipiter les choses ! MAINTENANT  ce précieux temps : nous l’avons.

Cela n’empêche que se marque très immédiatement  une volonté de changement comme signes probants et avant coureur d’une nouvelle politique.

Donner du temps au temps, on sait d’où vient la formule et se rappeler « que le temps perdu ne se rattrape guère, que tout le temps perdu ne se rattrape plus » » chantait Barbara.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! De cliché en cliché, on risque de s’éloigner des solutions que nous cherchons !

Concluons provisoirement qu’il faut mettre en place un protocole de recherche : quel peut-être la bonne Conférence Régionale ? Propre à répondre aux attentes de tous ? Assurée du plus large consensus possible ?

Composition de la conférence régionale : une opération à mûrement réfléchir ; Un acte de naissance décisif.

Il importe de veiller à ce que la Conférence ne génère pas, plus de mécontentement que de satisfaction.

Si tout le monde ne peut ou ne veut prétendre y participer, cela implique d’en passer par une consultation générale et il existe d’autres procédés que le rassemblement pour remplir cet office.

Au cours de la Conférence de janvier dernier, un éminent représentant d’une éminente institution a vigoureusement pris fait et cause pour une meilleure représentation du secteur indépendant. Par delà l’élégance du propos, il faut réfléchir à sa pertinence.

Les responsables d’institutions présents ont pu effectivement s’interroger : que pouvaient-ils attendre de la conférence ? Pas grand chose ! Ils répondent déjà, par ailleurs, de cahiers de charges précis. Ils sont déjà « structurés » en concertation quasi réglementaire (comité de suivi ! ou autres conventions)[6]

Certains institutionnels disaient : Qu’est-ce que c’est que cette « usine à gaz » ?

Je leur emprunte l’expression ! Il n’y a pas plus prévenus que les institutionnels sur l’inflation institutionnelle ! N’ont-ils pas, par exemple, vu arriver avec quelques préventions certaines dispositions des « voix publiques » ? Les lieux-relais notamment qui pourtant leur aménageaient des perspectives…(Il est vrai que quand on prétend régner en seigneur et maître sur une discipline…On voit toujours venir avec défiance des « vassaux » à la vassalité incertaine ! Toujours la question récurrente : qui t’a fait roi ? sur laquelle certaines institutions assoient ou croire devoir asseoir leur pouvoir archaïque et féodal. Suivez mon regard !

Pas de politique nouvelle sans une mutation en profondeur des institutions

Il y a donc un véritable travail préparatoire à conduire en dialogue avec les institutions…

Un travail de consultation à approfondir…Faute de quoi, elles risquent de percevoir la Conférence comme une servitude supplémentaire, une couche de plus au mille feuilles !

Est-ce le but poursuivi ? Bien sûr que non …Alors comment se prémunir du piège ? A-t-on le droit de poser la question ?  faut-il se taire ?

Bien entendu que les institutionnels en ont vu d’autres, comme l’on dit …Et  nous leur laisserons le soin de leur défense,  d’autant que nous ne sommes en rien habilité à parler en leur nom. Nos amis institutionnels seraient d’ailleurs, bien avisés, de leur côté, d’éviter de parler au nom des indépendants.

Vous avez dit : indépendance ? Comme c’est bizarre !

L’indépendance est une conquête des artistes obtenue de haute lutte !

Et c’est pourquoi l’invitation de Monsieur le directeur de la DRAC à la soirée inaugurale du Centre Dramatique pose problème !

De la même façon, quand feu notre ex-ministre de la culture parlait, s’agissant des Centres Dramatiques et des Scènes Nationales, de « ses » institutions…C’était INNACCEPTABLE !  Ce genre d’appropriation aurait été vivement dénoncée par les pères fondateurs des dites institutions! Je n’imagine pas Jo Tréhard ou Michel Dubois l’acceptant…

Où est passée la déontologie qui faisait du Ministre de la Culture, le garant de tous les artistes opérant sur le territoire quel que soient leur statut et mode d’existence !

Imagine-t-on dans cette triste dérive, d’entendre  le Ministre parler de « ses  compagnies » au motif qu’il les subventionne ! Nous en serions encore là, d’être les bouffons ou la putain du Prince ?  Qu’est-ce que cela veut dire quand on apprend que l’état –via la Drac- réserve ses prébendes exclusivement à  ses « institutions » ? Qu’est-ce que c’est que cette dérive servile qui transforme l’état en « patron » des institutions pour faire sa politique ?  Va-t-on vers une culture d’État ? N’est-on pas entrain de franchir la ligne ?

Il devient urgent que le secteur institutionnel s’inquiète de son indépendance !

Urgent que les politiques évitent de convoquer des conférences où la présence des institutionnels risque de procéder de l’allégeance ! Concertation d’accord : librement consentie, en toute indépendance !

Nous sommes au cœur du sujet qui nous préoccupe car l’avertissement vaut pour tout le monde ! Sur ce terrain, de secteur à secteur, une même vigilance doit nous rassembler.

Alors où est le problème pour conclure ?

De la politique avant toute chose

Il tiendrait à ce que le secteur institutionnel serait structuré quand le secteur dit indépendant  l’est toujours pas !

Voilà sur le fond, le problème qui doit impérativement se traiter si l’on veut une concertation effective avec le secteur des artistes et micros structures indépendantes.

Il faut le traiter dans l’intérêt de tous et y compris du secteur institutionnel, comme des politiques, si,les uns et les autres veulent pouvoir  discuter avec des représentants et acteurs légitimes.

Lesquels ? La difficulté est là, nous l’avons dit et elle n’est pas ailleurs.  Pas facile !

Veiller à ce que tout le monde  trouve son compte et sa place : nous n’avons pas d’autres objectifs pour ce qui nous concerne.

Nous avons donc dit et le répétons que les indépendants dans l’état actuel des choses n’ont pas trouvé dans la Conférence de janvier dernier, l’outil qu’ils réclament. Nous espérons maintenant pouvoir avec l’ensemble des forces vives y réfléchir et tirer les leçons de l’expérience.

Nous sommes enclins à penser que cela devrait être possible !

POLITIQUEMENT possible !

Car ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas de difficultés d’ordre technique, mais de cultiver et développer une concertation d’ordre politique et avec les politiques.

Nous refusons catégoriquement d’être gestionnaires ou co-gestionnaires. Chacun doit prendre ses responsabilités et c’est avec les politiques que nous devons et pouvons mettre la culture au cœur des transformations et mutations sociétales à venir.

La complaisance n’est pas notre affaire, parce que l’enjeu est considérable pour penser et acter une nouvelle politique.

Une grand politique d’Éducation Populaire implique autant le politique que l’artistique. L’un ne va pas sans l’autre : Marie-Georges Buffet l’avait  parfaitement pointé lors de son passage au Ministère Jeunesse et Sports.

Nous sommes dans l’appétit de trouver et acter avec tous nos concitoyens un nouveau « partage du sensible » [7]. Un nouveau modèle de développement ne saurait entrer dans les mœurs sans que l’imaginaire, l’utopie et le rêve ne soient convoqués. N’est-ce pas l’heureuse tâche des artistes que d’œuvrer à cet endroit-là ?

Pour l’Adada  JP Dupuy  27 mars 2010

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[1] En 2007 le Conseil Régional a pris l’initiative d’une consultation des acteurs de la culture de la Normandie du Sud. Réunis en ateliers plus de 300 acteurs de terrain de toutes disciplines ont  permis à la Région de définir une nouvelle politique culturelle, actée en Décembre 2007. Dix mesures en ont configuré les contours : création de lieux-relais, Caen-Capitale, Convention longue durée aux compagnies, Prime à l’innovation, Site internet, formation et éducation artistique, 1% en faveur des arts …

[2] Ce texte doit beaucoup à Jean-Michel Lucas dont on s’excuse  incidemment d’avoir peut-être  travesti la pensée, mais d’une manière plus générale notre réflexion doit beaucoup au SYNAVI et  à ses  « cahiers ». Cahier n° 1 présenté à Avignon l’été dernier. Juillet 2009.

[3] Tout le monde : c’est aussi souvent personne ! Confer l’enfumage des entretiens de Valois de l’ex-ministre de la culture qui n’ont accouché de rien ! Quel gaspillage de temps et d’énergie…La grand’ messe du Grenelle de l’environnement illustre tout autant comment Concertation et imposture peuvent faire bon ménage

[4] La métaphore est osée et nous nous en excusons mais elle est judicieuse car on veut toujours associer légitimité et conformité à la loi. Ainsi dans les luttes on voit régulièrement naître des coordinations dont les syndicats comme le patronat doivent s’accommoder. L’adada se revendique d’abord et avant tout comme une coordination.

[5] Observons que le taux d’abstention n’enlève rien à la légitimité de l’élu et à sa représentativité même si bien évidemment son crédit et son autorité en sont affectés. De même, hélas bien des artistes et hommes de culture pensent que l’adada ne sert à rien même si  plus de  150 d’entre eux y adhérent ou nous soutiennent. Ce n’est jamais assez puisque la force de l’organisation s’en trouve « affectée » …Mais sa légitimité reste intacte et elle permet que la parole de ses dirigeants soit plus que des paroles personnelles, l’expression d’une collectivité. Il s’agit bien d’une parole élue et partagée…Une parole qui engage : la seule qui m’intéresse ! JP Dupuy n’a rien à dire.

[6] Bien entendu, beaucoup d’institutionnels comme nous-mêmes ne peuvent qu’abonder dans le souci d’une meilleure concertation, répartition des tâches, et lisibilité de la politique régionale. Bien entendu que beaucoup ne peuvent que souhaiter voir harmonisées et mises en synergie toutes les forces vives et les différents acteurs qui composent le paysage. Professionnels compétents et  souvent référence culturel des disciplines qu’ils défendent et développent, ils sont mieux placés que quiconque pour savoir que rien ne peut sérieusement se résoudre sur un mode expéditif et dans la précipitation. Les changements profonds ne peuvent se produire sur un claquement de doigt. Même si, il arrive  qu’un malheureux million d’euros s’égare à la vitesse grand V sur une exposition d’impressionnistes normands.

[7] Allusion non dissimulée aux ouvrages de Jacques Rancière « le partage du sensible » et « haine de la démocratie »

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Article de Dominque Nugues sur la « rencontre » des acteurs de la Culture en Basse Normandie avec le DRAC de Basse Normandie


Au sujet de l’accueil de la délégation des acteurs de la culture en Basse-Normandie reçue ce jour par le Directeur régional des affaires culturelles de Basse-Normandie, retrouvez l’article de Dominique Nugues sur son blog et plus précisément en suivant ce lien.

Rappel : cette manifestation prenait place dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation contre la RGPP (Révision générale des politiques publiques).
Et localement, le SYNAVI, l’UFISC et l’ADADA appelaient à cette manifestation.

Illustration : Barth Peron glob.bargeo.fr a tribute to jaffiche.fr .
Vous avez échappé à ça !

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Conseil Régional de Basse Normandie, Vice-Présidente à la Culture : Pascale Cauchy

J’ai assisté ce matin à l’assemblée du Conseil Régional, qui devait élire le Président, la commission permanente, les Vice-Président et Vice-Présidentes.

Sans surprise Laurent Beauvais est élu Président du Conseil Régional.

La Commission permanente est composée de 32 membres, 22 sièges pour la majorité, 10 pour la minorité.
Il y avait plus de suspens concernant la Vice-Présidence, chargée de la Culture.
C’est Pascale Cauchy (Europe Ecologie) qui est élue.

A la suite du scrutin, je lui ai posé 3 questions :

  • Quid de la co-construction ?
  • Quid des projets et objectifs immédiats ?
  • Quid de l’idée de transversalité ?

Co-construction.
Pascale Cauchy a affirmé que le programme de la majorité régionale considérait la culture comme une composante essentielle de la politique au sens large du terme. La culture n’est pas un secteur isolé et à traiter à part.
Elle a aussi dit que la co-construction concrète des projets et des actions était son objectif et serait son mode de gouvernance. La collaboration avec les acteurs,  les agents culturels et le public sera effectivement mis en place.
Pascale Cauchy considère que la culture est le levier, le vecteur d’une démocratie ouverte où une place doit être donnée à chacun.

Projets et objectifs immédiats
Mise en place très rapide d’une Conférence permanente.
Ce sera l’outil de la mise en pratique de la co-construction.
Mise place, le plus vite possible, d’un centre de ressources.
Un centre physique, lieu de formation, de débats, de documentation…
Objectifs urgents : répondre aux situations de détresse.
En premier lieu à celle de la Danse en Basse-Normandie.

Transversalité
Pascale Cauchy souhaite mettre en oeuvre des politiques et des actions « pluri-sectorielles »  avec les domaines de l’économie,  de la ruralité, de l’enseignement et de la formation.

J’espère ne pas trahir la pensée de Pascale Cauchy en relatant ses dires.
Il est clair que pas mal de fonctionnements et d’habitudes risquent d’être bousculés par la mise en œuvre de ces projets.
Les responsabilités de l’ADADA et d’autres regroupements du même type vont, de fait, se voir renforcées, leurs rôles, leurs détermination pourront peser d’un grand poids.
La politique ne s’arrête pas aux soirs des scrutins, mais l’action et le débat doivent être permanents.

Dominique NUGUES

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Mobilisation le 26 mars à 8h45 VENEZ SOUTENIR une danseuse intermittente du spectacle en conflit avec Pôle Emploi


VENDREDI 26 Mars à 8h45 au Tribunal Administratif (Rue Lebret Face à la Prairie) de Caen !
VENEZ SOUTENIR KATIA LENTIN Danseuse intermittente du spectacle en conflit avec Pôle Emploi

10h au siège social d’aller-retour 10 rue Pasteur à Caen : Réunion du Collectif Danse ouvert à tout le monde.

LUNDI 29 Mars
Pour ceux qui ne vont pas manifester à Paris, le SYNAVI appelle à un pique nique de 12h à 14h dans les jardins de la DRAC 13 bis rue de Saint Ouen …
L’adada s’associe à ces manifestations !
Venez Nombreux !
Montrez Vous !
Apportez votre concours à la défense de l’art et de la culture !
Soutenez les organisations qui vous défendent jour après jour…
Tous lundi MANIFESTONS !

Lisez le Tract Basse-Normandie

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L’ADADA passe à la radio : le projet STORYUS de Dominique Nugues, DN s’entretient avec Jean-Pierre Dupuy

STORYUS vous propose de passer un moment avec  Jean-Pierre Dupuy, homme de théâtre, de culture et de conviction.
La conversation entre Jean-Pierre Dupuy et Dominique Nugues est centrée sur les questions essentielles de culture, de partage et de gratuité.

Pour écouter cette conversation,connectez vous sur  storyus ou/et écoutez  RadioBazranaom mardi 23 mars à 11h ou jeudi 25 mars à 19h.

 »Si vous êtes intéressés par le projet STORYUS / l’esprit face aux technologies édité par Dominique Nugues, le moyen le plus simple d’aider est de participer à la diffusion de ce message par mails, articles sur vos blogs, liens ou citation. Par avance merci. »
Dominique Nugues

On peut aussi l’écouter ici aussi :

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Communiqué ADADA / SYNAVI 17 Mars 2010

Communiqué Adada/SYNAVI 17 mars 2010

C’est avec une vive satisfaction que nous avons pris connaissance de l’accord de gouvernance passé entre Europe-Écologie et  l’union PS/PC/PRG.
En effet, au plan de la culture, l’accord reprend quelques revendications qui nous sont chères et que nous avions mentionnés dans notre communiqué du 14 Mars dernier.

1. Nous disions avec le Synavi : Synavi et Adada estiment qu’il est devenu indispensable d’élargir la base sociale des échanges sur la culture.
Plus que jamais, le secteur indépendant, riche du maillage de milliers de structures et d’artistes de toutes disciplines sur tout le territoire peut devenir la force décisive du développement culturel.

L’accord dit :

La politique culturelle de la Région veillera en priorité au soutien à l’action culturelle de proximité et des pratiques amateurs, appuyées sur les efforts de nombreux acteurs indépendants et assurant un maillage territorial cohérent et une ouverture vers des publics plus large.

2. Nous disions qu’il fallait : rééquilibrer le subventionnement en faveur du secteur indépendant,
moyen d’alléger les charges trop lourdes qui pèsent sur les institutions,

L’accord dit :

Le renforcement du soutien régional à ces actions sera notamment permis par le redéploiement de crédits.

3. Nous disions que nous avions besoin d’un Centre Régional de Ressources et de Recherche pour le secteur indépendant. Il répondrait à un besoin de structuration incontournable du secteur, il permettrait une harmonisation et une mise en synergie tout aussi incontournable. Il permettrait une vraie lisibilité indispensable des forces vives  opérant sur le territoire.  Inscrit au plan État/Région; il serait l’outil de référence  dont ont impérativement besoin les artistes et entreprises du secteur indépendant.

L’accord dit :

La Région conduira une réflexion vers la création d’un Centre de  Ressource de Développement Culturel, lieu d’échanges, de coordination et de valorisation des réseaux d’acteurs.

4. Nous disions évoquant nos problèmes économiques « nous inscrire dans une perspective de politique publique, réfuter une conception de l’art et de la culture réduite à la marchandise et à la consommation. »

L’accord dit :

La Région doublera la part qu’elle consacre à l’économie sociale et solidaire

Difficile dans ces conditions de ne pas nous montrer bienveillant vis-à-vis de cet accord. Nous savons aussi qu’il doit beaucoup à Europe-Écologie, nous devons à la vérité de le dire. Reste l’essentiel ! Quelles que soient les raisons de se féliciter des termes de l’accord…Nous devons nous rappeler À nous-même que nous sommes porteur d’une exigence précise et incontournable : LA CO-CONSTRUCTION de la politique culturelle. C’est la garantie que les promesses seront tenues.

Je sais, beaucoup de camarades du Synavi et de l’Adada  peuvent considérer avec fierté le travail accompli  pourtant c’est maintenant  -plus que jamais- qu’il faut mettre les mains dans le cambouis et ce quelle que soit l’issue des élections. Pour nous le programme reste toujours le même ! Vigilance et détermination : PAS SANS NOUS !

Et nous disons à tous les artistes et structures, amateurs, éducateurs :enseignants, animateurs, publics  de toutes disciplines : rejoignez-nous !

Pas sans nous : ça veut dire pas sans vous !  PAS SANS VOUS !

Pour l’Adada JP DUPUY                         Pour le Synavi Romuald Duval

Téléchargez l’accord définitif concernant les régionales 2010

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Adada Dernier communiqué avant le premier tour

Communiqué commun SYNAVI /ADADA

Pour répondre à la crise :

Un  développement et une politique Culturelle audacieux sont plus que jamais nécessaires !

Ce dimanche 14 mars 2010, nos concitoyens vont se rendre aux urnes pour choisir leur conseillers régionaux. Le synavi et l’adada souhaitent une participation la plus large possible à ce scrutin, En effet si la Région dispose de pouvoirs limités, à nos yeux trop limités ; elle n’en reste pas moins un acteur décisif pour certains aspects de notre vie quotidienne.

Pour nous en tenir au domaine où nos organisations souhaitent peser : la culture et le secteur indépendant des arts, c’est, précisément pour faire de la culture un bien courant et quotidien accessible à tous les citoyens que nous nous battons.

Tout le long de cette campagne, nous avons appelé les forces politiques à co-construire avec nous, une nouvelle politique culturelle. Nous espérons avoir été entendus.

Plus que jamais, le secteur indépendant, riche du maillage de milliers de structures et d’artistes de toutes disciplines sur tout le territoire peut devenir la force décisive du développement culturel.

À condition d’abord que l’État remplisse sa charge et ses obligations, à condition que les Régions ne soient pas entravées dans leur volonté d’aller de l’avant, à condition de dégager des perspectives réellement nouvelles.

Nous l’avons dit et le répétons : massivement le secteur indépendant (plus d’un millier d’entreprises et artistes sur notre territoire) souhaite s’inscrire dans une perspective de politique publique, réfuter une conception de l’art et de la culture réduite à la marchandise et à la consommation. Nous voulons une culture du droit à l’expression (avec la diversité requise) et de l’émancipation (constitutive de la liberté).

Synavi et Adada estiment qu’il est devenu indispensable d’élargir la base sociale des échanges sur la culture.

Une grande politique de création doit s’accompagner d’une grande politique de diffusion des œuvres, d’éducation artistique et d’éducation populaire.

Pour ce faire, le secteur indépendant doit se mettre en ordre de marche et devenir un partenaire précieux et fiable.

C’est dans ce sens que – quelle que soit l’issue des élections- nos organisations réclament la mise en place immédiate  de deux dispositifs et de quelques mesures de première nécessité.

Le premier de ces dispositifs que nous réclamons depuis des années, c’est la mise en place urgente d’un Centre Régional de Ressources et de Recherche pour le secteur indépendant. Il répondrait à un besoin de structuration incontournable du secteur, il permettrait une harmonisation et une mise en synergie tout aussi incontournable. Il permettrait une vraie lisibilité indispensable des forces vives  opérant sur le territoire.

Inscrit au plan État/Région; il serait l’outil de référence  dont ont impérativement besoin les artistes et entreprises du secteur indépendant.
Dans le même esprit et pour répondre à la grave crise qui frappe la danse contemporaine, nous réclamons la création d’une Conférence Permanente pour qu’enfin, chaque discipline puisse disposer immédiatement d’un outil de concertation fiable. Dans un premier temps, un tel outil serait expérimenté par la Danse. (Proposition jointe.)

Enfin ces dispositifs doivent s’accompagner de mesures immédiates qui  donneraient toute sa cohérence à la politique culturelle : rééquilibrer le subventionnement en faveur du secteur indépendant, moyen d’alléger les charges trop lourdes qui pèsent sur les institutions, consolider l’emploi et les entreprises culturelles et artistiques par  des conventions de longue durée (5 ans) et  des contrats d’objectifs partagés, soutenir et encourager une forte professionnalisation des artistes et des entreprises, accompagner fortement l’émergence et  les nouveaux territoire de l’art où s’investit la jeunesse, expérimenter les formes de l’économie sociale,solidaire et durable, associer étroitement les citoyens au développement du secteur.

Le grand poète René Char définissait ainsi la liberté, il disait : « la liberté, c’est après naître, la difficulté de s’unir ».

« Après naître » disait-il, car ce grand résistant savait  ce qu’une France occupée voulait dire !.

Oui ! il faut d’abord naître dans un pays libre.pour parler de la liberté de chacun. Un pays où l’on peut voter librement ! Chacun doit y penser en ces jours d’élection !

« La difficulté de s’unir » ? : À  qui le dit-on ?  Les hommes politiques ont-ils meilleur souci ?

Par-delà  l’union des forces politiques elles mêmes, l’union avec les citoyens, le partage avec lui des convictions, ne reste-t-elle pas la pierre angulaire de la démocratie ?

Ainsi « la difficulté de s’unir » ne serait-elle pas, au bout du compte, la difficulté  de l’homme de paix ?

De celui qui tend la main à l’autre, dans le respect de sa différence.

Art éminemment difficile, pourtant constitutif de notre liberté.

Le poète a toujours raison.

Pour l’ADADA (JP Dupuy)

Pour le Synavi (Romuald Duval)

13 Mars 2010-

« le poète a toujours raison » Nous ne le savions pas ; c’est un vers de Jean Ferrat ! Ainsi nous rendions à cet homme de généreuse conviction l’hommage qui lui est dû.

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Elections régionales

Elections Régionales : dernière ligne droite !

Il n’est pas dans l’intention de l’adada de donner une  quelconque consigne de vote. Nous sommes respectueux de l’opinion de chacun. Notre travail dans cette période aura été de faire avancer NOS IDÉES. L’idée que nous nous faisons de la culture, de l’art dans la culture et de la place de l’artiste.

Il est bien clair que nous voulons une culture mieux partagée et la plus affranchie possible des forces de l’argent.

Il est bien clair que nous estimons que le temps est venu d’élargir la base sociale de ceux qui peuvent tirer bénéfice des biens culturels et de l’art en particulier.

Une politique nouvelle doit permettre une meilleure osmose entre tous les artistes et les citoyens. Nous voulons de l’art partagé au quotidien. Nous voulons que l’imaginaire, le rêve, l’utopie, la fonction poétique de chacun deviennent des valeurs sociales qui configurent notre manière de vivre ensemble.

Il n’y a pas trop d’artistes dans ce pays …Il faut simplement une grande politique culturelle qui sache les employer, qui puisse exploiter au mieux leur talent et  la passion qui les anime.

La culture est une réponse à la crise : voilà notre certitude. Elle permet de ne pas se laisser abattre ! Elle est le stimulant indispensable pour franchir les obstacles, prendre à bras le corps les mutations en cours et nous inviter à transformer le monde. Elle est force d’émancipation ! École de la vie ..Tout le long de la vie.

Voilà ce qui cadre notre volonté d’action, voilà ce qui nous anime dans l’exercice de la démocratie. Se rappeler que c’est une liberté dont il faut sans cesse refaire la conquête !

Quel sens cela peut-il avoir d’aller voter ? Exercice d’un droit, jouissance d’une liberté.

L’adada a multiplier les rencontres avec les forces politiques en présence sans discrimination.

Notre volonté de transformation de la société ne va pas sans des mesures et dispositions concrètes. Nous nous en tenons modestement à l’espace culturel que nous estimons au cœur de ce qui anime la société. Il n’y a rien d’étroit et catégoriel dans nos demandes.

Il existe pour distribuer les biens culturels des institutions et il existe un secteur indépendant de plus en plus consistant et dynamique. Pas de développement culturel possible sans une recomposition du paysage et la recherche de nouveaux équilibres dans la répartition des ressources publiques !

Pas de développement culturel possible sans une meilleure structuration des forces vives qui dispensent l’art tous azimuts, sans des outils nouveaux.

L’art et la culture ne sont pas des marchandise …Où plutôt nous devrions dire NE SONT PAS QUE DES MARCHANDISES ! La nuance importe car c’est sur elle que se détermine la notion de POLITIQUES PUBLIQUES en faveur de la culture.

Car c’est bien de cela dont il est fondamentalement question : quel équilibre voulons-nous entre le privé et le public ? Quel bon équilibre et quel bon usage des fonds publics ?

L’adada se bât pour que les artistes et les entreprise à vocation culturelles engagés dans les politiques publiques puissent jouir des moyens nécessaires et répondre de leur travail. Conventions et contrats d’objectifs doivent se négocier en concertation avec les pouvoirs publics.

Il faut donc créer les outils de concertation !

Ensuite le partage des responsabilités et le respect des rôles et la spécificité artistique doivent conduire à une co-construction de la politique culturelle. Co-construction cela veut dire que les formes de la démocratie, loin d’être figées doivent être revisitées. C’est parce que nous inventons le monde qu’il est toujours nouveau et qu’il appartient au mouvement de nos vies.

Il est inconcevable de penser un monde où l’homme ne danserait pas.

JP Dupuy  Adada 10 mars 2010

Vous trouverez sur le Blog tous les textes de références fournies par les organisations politiques candidates qui ont bien voulu nous instruire ou le compte-rendu des rencontres que nous avons pu faire.

Télécharger le rapport 2010 sur le SpectacleVivant

Télécharger un extrait du document d’Europe Ecologie – Culture_III. Pillier12

Télécharger le tract « Culture » d’Europe Ecologie 1

Télécharger le tract « Culture » d’Europe Ecologie 2

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Proposition d’une Conférence Permanente pour la danse soumise à Laurent Beauvais

Proposition pour une CONFÉRENCE PERMANENTE de la Danse Contemporaine en Basse Normandie

-1- Que les pouvoirs publics permettent au groupe de travail de s’ériger  en Conférence Permanente pour la Danse contemporaine en Basse-Normandie. Que la composition du groupe de travail soit soigneusement étudié pour que la légitimité de la Conférence ne souffre aucune contestation. Qu’à l’instar du groupe actuel, le secteur  dit « indépendant » soit  très largement représenté puisqu’il ne dispose d’aucun outil de concertation collectif pour négocier avec les pouvoirs publics une politique globale. Que la Conférence soit présidée par une personnalité indépendante et non impliquée dans l’objet traité. Qu’enfin des dispositions financières compensatoires  gratifient le temps de travail exceptionnel  sollicité  des représentants qualifiés  du secteur lorsqu’ils ne jouissent d’aucun dédommagement. Que la Conférence dispose des fonds nécessaires à son fonctionnement.

-2- Que la Conférence Permanente soit missionnée pour,  dans un premier temps, émettre des recommandations de première urgence permettant d’assainir une situation devenue insupportable, pour dans un deuxième temps élaborer  coordonner et harmoniser une politique cohérente  pour la danse contemporaine en Basse Normandie, enfin pour veiller au respect des préconisations qu’elle peut émettre et à la mise en œuvre  de la politique qu’elle recommande.

Adada 3 mars 2010.

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Rencontre Adada Philippe Augier liste opposition régionale

Rencontre entre Philippe Augier et l’Adada représentée par Jean-Pierre Dupuy et Valérie Colette-Folliot, le vendredi 19 février 2010 à Caen.

Mise au point

Comme pour tous nos comptes-rendus, celui-ci n’a rien d’objectif ni d’exhaustif. Philippe Augier nous a accordé plus de deux heures d’entretien. Nos rencontres avec les forces politiques qui ont bien voulu dialoguer avec nous, sont fort instructives ; elles occuperont une large place dans nos débats d’assemblée générale de jeudi prochain, 25 février 2010 (17h00-20h00 mjc chemin vert).

Dans la mesure où le secteur indépendant prétend émarger aux politiques publiques, il est indispensable que ceux – forces syndicales ou para-syndicales – qui représentent les artistes et les structures artistiques fassent de la politique. À l’Adada, nous sommes partisans d’une co-construction de la politique culturelle. Ça veut dire quoi ? Que nous respectons d’abord le suffrage universel et  nos élus, mais que l’indépendance dont aime à se réclamer l’artiste, lui crée quelques obligations de fait, et notamment celle de dialoguer avec les responsables politiques. C’est une des bases du comportement démocratique dont l’artiste doit faire un impératif. Les artistes ne sachant négliger la question : qui t’a fait roi ! À la différence de nous qui nous autoproclamons et répudions l’adhésion d’un large public comme critère de notre légitimité

Les responsables politiques se présentent devant le peuple…Ce qui est – reconnaissons-le – une autre paire de manches ! C’est pourquoi je (Jean-Pierre Dupuis) saisis l’occasion de ces rencontres pour présenter mes respectueux hommages aux hommes politiques, quelles que soient leurs convictions, qui nous reçoivent et nous accordent un temps ô combien précieux en cette période.

L’entretien

Philippe Augier

1million 800000 Euros. C’est avec ce chiffre que Philippe Augier ouvre l’entretien ! (la mimique indique bien que le chiffre en question n’a rien de réjouissant)

« 1 million 800000 Euros, enchaînera-t-il, c’est ce que la Région accorde aux Arts Florissants, sans parler de l’appoint de la ville… Notre camarade Colette-Folliot fera remarquer que c’est effectivement la droite qui a mis les Arts Florissants sur orbite, il y a vingt ans, depuis en résidence à Caen… Et  j’ajouterais que c’est bien Alain Touret qui en a fait une priorité en venant aux affaires à la Région.

Philippe Augier précisera donc qu’il ne veut pas s’inscrire dans la continuité d’une certaine politique de prestige, dont Alain Touret a fait sa marque de fabrique. Dans la foulée, il relève que celle-ci, cette politique actuelle de l’évènementiel, procède d’un certain continuum comme nous lui faisions remarquer, ce qu’il reconnaît. D’autre part, au sujet de la dernière initiative de Laurent Beauvais (actuel président de Région) concernant le secteur Danse, il nous dira en substance comprendre que l’Adada approuve cette initiative d’autant qu’elle correspond à ce qu’il entend mettre en œuvre en cas de succès de la liste UMP/Nouveau Centre. Il  propose donc des états généraux qui permettraient, secteur par secteur, d’élaborer une politique en concertation avec les principaux intéressés.

observation Adada

Nous faisons observer que cette position est la nôtre depuis toujours. Nécessité urgente d’une concertation avec le secteur indépendant à mettre en œuvre, car seul le secteur institutionnel dispose à l’heure actuelle des véritables outils de concertation (comité de suivi, cahier de charge, etc.). Il est vrai que, de notre côté, nous devons faire un effort pour nous structurer car il est impossible de se concerter avec les milliers de structures qui, désormais, opèrent dans tout le paysage culturel. Par ailleurs l’État – selon nous – ne remplit pas son rôle vis-à-vis de notre secteur d’activités. Aussi, nous déplorons à son égard – le secteur indépendant – un repli que nous qualifierions de « frileux » parce qu’il se cramponne au pré carré des institutions labellisées. Ce que faisant, l’Etat néglige le secteur même qui s’avère être le plus porteur d’une dynamique nouvelle. C’est un grave problème sur lequel pèse la Réforme Générale des Politiques Publiques, RGPP enclenchées depuis un an.

Philippe Augier

Poursuivant le débat, Philippe Augier précisera entretenir d’excellents rapports avec la DRAC et son directeur. Il estime, pour sa part, que la Région n’a cependant pas de vraie politique culturelle, et le déplore. Selon lui, elle opérerait par « coup » et de manière peu cohérente. Dans ces conditions, la DRAC n’a donc pas le ou les partenaires dont elle aurait besoin. Il propose alors une politique s’appuyant sur la durée par le moyen des conventionnements. Il annonce vouloir défendre une politique résolument audacieuse en matière de création artistique. Il dira que l’art a vocation à déranger, voire même à provoquer, et qu’il faut en accepter la part innovante intrinsèque. Enfin, il estime que l’évaluation doit être à l’appui, une pièce maîtresse de cette politique menée dans le souci de concertation et de proximité entre tous les partis.

observation ADADA

Concernant l’évaluation, nous objectons qu’il est pour le moins problématique d’évaluer sérieusement le travail d’artistes régulièrement sous financés. Qu’est-ce qu’on évalue ? La performance des artistes qui font œuvre avec seulement la moitié des budgets qu’ils estimaient pourtant nécessaires ? Cela ou bien le résultat en occultant cette réalité préalable ? Le sujet reste en suspens.

Concernant la DRAC, l’Adada s’appuie sur le dernier rapport parlementaire du spectacle vivant où l’on peut lire ceci qui donne à réfléchir :

« De manière globale, les contours de la dépense engagée par les collectivités sont mal connus, car d’une part la nomenclature budgétaro-comptable des collectivités locales ne permet pas d’isoler cette dépense, d’autre part les subventions des collectivités ne sont agrégées par les DRAC que lorsqu’elles participent au financement. »

« Il est donc impossible d’appréhender la dépense globale consacrée au spectacle vivant. »

Oui, ce que vous lisez là est une énormité ! C’est le symptôme : n’existe, par conséquent, que ce qui me coûte de l’argent… Depuis des années notre secteur est dans l’illisibilité de ce fait ! D’ailleurs, le rapport enfonce le clou et « mouille » les régions ; on y lit plus loin :

« – le défaut de lisibilité des aides affecte les bénéficiaires potentiels des crédits, les dirigeants et les lieux d’expression artistique : une formalisation accrue des évaluations des projets améliorerait la transparence de l’action publique. »

Défauts principaux :

– l’État doit repenser son rôle pour tirer les conséquences du soutien croissant des collectivités territoriales au spectacle vivant, et réviser sa stratégie globale d’intervention ;

– la contraction des budgets publics suppose un dialogue institutionnel entre les différents financeurs publics : ce dialogue doit conduire à la définition d’une stratégie régionale du spectacle vivant et à la rationalisation de la carte nationale des labels accordés par l’État.

Nous sommes donc bien d’accord que le rôle de la DRAC est essentiel   mais, compte tenu de la conjoncture actuelle, celle-ci peut devenir un handicap tant les défauts de lisibilité et d’évaluation d’une part, et d’autre part son rôle « non repensé », conduisent à l’inertie et à l’impuissance.

Philippe Augier

Il insistera sur le fait que la Culture est et sera une donnée essentielle dans la construction d’une société à redéfinir. La Région devrait en outre favoriser le mécénat d’entreprise. Il possède ce titre, en tant que maire de Deauville, une solide expérience de cet aspect de la politique culturelle présente.  L’éducation artistique et la formation sont de surcroît des piliers pour une politique culturelle qui doit être partie prenante du développement économique de la Région. Philippe Augier estime que la Normandie est une carte qu’il faut jouer et se bat pour une Normandie réunifiée. Il ajoute néanmoins que tout le monde ne peut devenir artiste. L’attractivité, ce n’est pas nécessairement des opérations coûteuses et prestigieuses (en cas d’élection, arrêt du PRAC, notamment, à cause d’une stratégie insatisfaisante à ses yeux, car soumis aux aléas d’un mauvais emplacement, de mauvais calculs, etc.). Il y a peut-être des dépenses à revoir et des économies à faire à la faveur, dit-il, d’une redistribution des moyens et d’un autre équilibre. Philippe Augier évoquera des grandes figures de la culture qui ont façonné la Région, notamment le regretté Pierre Aguiton, Président du Conseil Général de la Manche, et Vice-Président du Conseil Régional de Basse-Normandie, qui en son temps fit preuve de courage et d’audace. Pour conclure,  Philippe Augier mentionnera les lycées et la jeunesse, disant les espoirs qu’il fonde en cette direction.

Observation Adada

Pour l’Adada, la Culture est en effet un des éléments de  réponse appropriée à la crise comme le faisait déjà observer Jean-François Legrand – Sénateur et Président du Département de la Manche, tête de liste UMP aux régionales de mars 2010, lors de l’entretien menée par les camarades Dormoy et Feron en date du 4 février 2010 à Saint Lô. Nous convenons aussi du fait que la dégradation du tissu industriel de la France est relativement irréversible. Mais par la culture, se recompose un nouveau type de développement, de nature moins productiviste, développement se faisant jour sous un angle plus humain et plus porteur de sens pour la vie des citoyens. La culture n’est dorénavant plus pensée par les politiques en question comme un supplément d’âme… un « extra », mais bel et bien comme un élément constitutif de la société qui doit prendre place au cœur des gens. C’est d’ailleurs là et en cela que la Culture doit trouver sa meilleure définition. Sortir d’une vision étroite « beaux arts » pour une vision anthropologique.

À quoi ressemblent nos vies ? Ainsi « tout le monde n’a pas à devenir artiste », certes, mais tout le monde dispose d’un imaginaire, d’une capacité à rêver son existence et à l’inventer, faculté de rêverie doublée de celle du libre arbitre, capacités amoureuses  qui « œuvrent ». Camus le pensait, et nous avec lui.

Par ailleurs, s’il y a inflation d’artistes, qu’importe donc si la société parvient à transformer cette inflation en énergies et ressources « qualifiées » ! C’est pourquoi l’Adada soutient la proposition du Synavi d’un Centre Régional de ressources, de recherche et d’Innovation Culturel (CRIC). In fine, la professionnalisation restant la grande affaire pour donner des débouchés à cette explosion (magnifique !) d’artistes, promesse d’avenir. Enfin côté lycée, nous faisons observer une vérité statistique dûment vérifiée (cf. enquête des Services des Affaires Culturelles). Ce sont les filières bacs options artistiques, théâtre, danse, musique (massivement choisies par des jeunes filles) qui donnent à la nation le plus de chefs d’entreprise !

Moralité : la carte Culture est en somme la meilleure que l’on puisse jouer – à l’école de la création – pour inventer, créer  et développer le socle économique du pays, avec un très large et heureux concours des femmes… Sans recours, objectera bien sûr Philippe Augier, à l’humiliante nécessité des cotas !

Télécharger ce compte-rendu au format pdf

Vous pouvez lire le compte rendu de la rencontre de l’ADADA avec Jean-François Legrand au format pdf

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L’imprévisible

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