ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Rencontre de Vire 22 Mai 2010 Adada/Synavi et Ministère de la Culture Désaccord total …Mobilisation plus que jamais nécessaire !

Alors ? La visite du Ministre de la Culture à Vire valait-elle le détour ?

Nous l’avons entrevu, fugitivement aperçu, et finalement eu l’immense honneur d’être reçu par  son conseiller en présence de M. Kléber Arhoul directeur de la DRAC. Faut-il le dire, ce dispositif ne fut pas pour nous surprendre. Nous savions parfaitement que l’entrevue espérée n’avait pas d’autre objet que d’amener les organisations syndicales à résipiscence. Éviter que la visite  assez incognito et impromptue du Ministre puisse faire l’objet de vagues et autres facéties incongrues dont les intermittents ont justement montré (et encore récemment) qu’ils en avaient le talent !

Ceux qui s’interrogent sur le pourquoi du comment de l’acceptation par le Ministre de recevoir une délégation d’organisations aussi misérables qu’inconsistantes que sont ADADA et le SYNAVI B-N,  ont en cela la réponse.

C’est notre capacité à troubler l’ordre public qui nous a valu cet honneur !

EST-CE BIEN CLAIR, CAMARADES ARTISTES QUI DORMAIENT DANS VOS CHAUMIÈRES ?… Nous ne pesons que du poids de notre mobilisation !

Voilà la grande, sublime et belle leçon que nous avons apprise  de notre escapade viroise… hors la mobilisation : point de salut !

Ce que le Ministre voulait éviter hier, c’était que nos fameux et célèbres  Clowns Républicains de Sécurité sortent leurs binious ! ( les CRS de l’adada ont déjà sévi et séviront encore )

Sonnez trompettes et battez tambours, les intermittents sont toujours là avec leur chanson favorite qui fait COUAC ou COIN–COIN lorsqu’ils « canardent » !

Bref nous fûmes en l’état, très discrètement, la seule fausse note du rituel de la visite ministérielle.

À preuve, un journaliste plus curieux que permis s’étant inquiété de notre présence auprès des représentants du Ministre fut éconduit par ses derniers  d’un « rien à déclarer » dont nous eûmes à le consoler en lui disant tout !

C’est aussi chers amis pour combler votre frustration que vous trouverez ci-joint un compte-rendu le plus complet possible de notre virée viroise.

Des mauvais esprits diront que nous y sommes allés faire l’andouille…On leur concède volontiers la pertinence de jugement mal accordée à cet inévitable et  mauvais trait d’esprit. On aura fait ce qu’on a pu …Le mieux peut être l’ennemi du bien ! Le plus sûr moyen de discuter par les temps qui courent, c’est encore et toujours, se mobiliser et taper sur nos casseroles !

L’entrevue du Bocage

C’est bien sûr, par un discours lénifiant sur la dette et la crise et les dépenses inconsidérées des français que Monsieur le Conseiller personnel du Ministre nous accueillit !

Nous fûmes surpris et décontenancés de ce règlement de compte car nous n’avions pas sur nous un sou vaillant pour rembourser la dette dont on nous accable …Et dont on menace notre progéniture !

Évidemment, on s’interroge d’emblée sur l’évidente indécence des revendications et propos que l’on est susceptible d’émettre !

Se taire ou passer outre…Nous avons choisi l’outrage.

Sans exprimer le moindre regret, sans essuyer la moindre larme, en mal élevés que nous sommes, sans nous excuser du dérangement de la crise établie et du chagrin que nous pouvions causer au conseiller du Ministre…Nous avons donc outrepassé la décence et fait état de nos préoccupations.

Jean-Pierre Dupuy, Président d’adada, eut donc l’insigne honneur d’ouvrir le bal, en remerciant courtoisement nos interlocuteurs  du temps qu’ils pouvaient bien nous accorder à faire semblant de nous écouter[1].

Comme l’adada l’écrivait dans son dernier courrier adressé au Directeur Régional des Affaires Culturelles de notre Région: il nous paraît important pour ne pas dire décisif que le Ministère de la Culture soit le Ministère de tous les artistes !

Si, en cette heure qui fut solennelle,  nous avons cru devoir souligner cette exigence, c’est pour, hélas, déplorer qu’aujourd’hui cela ne soit pas le cas !

Il y a donc des artistes, laissers-pour-compte de la politique de l’état et justement (avons-nous dit)  les artistes présents en étaient une brochette représentative ! Il y avait là : outre JP Dupuy déjà nommé ( interdit de pratique artistique par décision d’experts en date d’octobre 2005) Romuald Duval secrétaire régional du SYNAVI (animateur de l’Oreille arrachée, membre du Bazarnaom) Laurent Frattale membre du bureau national du Synavi en charge des rapports avec l’Ufisc (Comédien,  Directeur des Ateliers Intermédiaires à Caen) Arnaud Gilberton membre de l’adada, en charge des questions de l’intermittence (Musicien-animateur de musique actuelle ; Membre du Bazarnaom) Nicolas Maurel et Mélanie Marie Adada/Synavi, animateur du collectif danse ( danseurs et chorégraphes Cie Accorps implanté à Falaise Calvados).   Pas un d’entre nous – exception faîte de la Cie Accorps-  ne doit son existence (entendons ses moyens d’existence et de travail… aux services de l’état !). Notre vie et survie, dépendent plus que largement des collectivités locales ! Notre camarade Romuald Duval du Syndicat National des Arts Vivants reviendra sur ce sujet en s’inquiétant de la Réforme des collectivités territoriales[2]

L’adada comme le Synavi essaient d’organiser et défendre les « acteurs » les plus précaires et les plus fragiles  du secteur culturel, lesquels n’entrent que peu ou prou[3] dans les statistiques du Ministère.

Il y a, avons-nous souligné, un problème de lisibilité …Chaque instance publique a « ses artistes » …et certains « artistes » ne le sont, de personne ! « A existe pas » comme dirait la môme Néant de Tardieu[4]

Après cette intro sur l’artiste inconnu tombé au champ d’honneur  des trente ans  de crise d’un système qui n’en finit pas de. Nous[5] sommes entrés dans le vif du sujet.

Récemment, à l’émission « l’objet  du scandale » sur A2 (interrompue par les intermittents du spectacle[6])  le Ministre a dit vouloir  marquer son passage dans ses hautes fonctions du sceau de la démocratisation culturelle, profession de foi ramassée dans la formule : « la culture pour chacun ».

Sur quoi nous rebondissons pour dire : chiche ! Et pour cause, atteindre un objectif aussi généreux qu’ambitieux, ne peut se faire sans la mobilisation de toutes les forces vives de la culture!

Car pour la mise en œuvre d’une réelle politique de démocratisation, d’éducation artistique et populaire qui serait sans précédent, nous ne sommes pas de trop ! Les forces créatives, en veillant à ce qu’elles soient de qualité sont tout simplement dans l’état actuel des choses, insuffisantes !

Nous pensons aussi qu’il y a loin de la coupe aux lèvres …la seule question qui vaille devient Le Ministre se donnera-t-il  les moyens de son ambition ?

Un rapport parlementaire récent (Cour des comptes/ M. Dell’Agnola) sur le spectacle vivant a mis en évidence une certaine incurie dans l’évaluation des moyens et forces en présences concernant  notre secteur (je parle ici du secteur indépendant !) Comment peut-on mener une bataille (la démocratisation) de cette ampleur sans une revue sérieuse d’effectifs ?

Bref  s’il y a carence dans l’évaluation des moyens comment prétendre atteindre l’objectif !

Tant que le secteur indépendant restera en jachère, livré à lui-même, bafoué et  méconnu …Cachez moi ce secteur de la culture que je ne saurais voir ! [7]…le slogan « la culture pour chacun » ne connaîtra pas un meilleur sort que le mort-né « la culture pour tous »… Pour sortir des formules incantatoires qui relèvent de l’exorcisme, que faut–il faire ?

Que Faire ?

Reconnaître et mobiliser le secteur indépendant nous paraît la condition sine qua none -avons-nous insisté auprès du conseiller- ce qui implique que la DRAC s’occupe en concertation avec les autres instances publiques (Région, Départements et Villes) des dossiers nous concernant ! Voire encadré[8] ci-dessous :

Tout au long des interventions de la délégation. Nous aurions souhaité poser des questions précises à Monsieur le Directeur de la DRAC pour éviter de rester  dans l’ordre des généralités. Il lui fut remise la note ci-jointe pour mémoire et fixer notre questionnement.

Le rééquilibrage que nous souhaitons passe certes par la concertation entre toutes les « tutelles » mais nous avons constaté par un comparatif entre toutes les Régions (DRAC comprises) qu’une marge de manœuvre existe. Et que justement  cette marge permet une meilleure attention aux entreprise indépendantes. Pourquoi ce ne serait pas le cas en Basse Normandie ? Pourquoi  serions–nous écartés de cette perspective, indispensable aux objectifs du Ministre ? Illustrations par des exemples précis :

Quelle aide et soutien apporte la DRAC, à la Cie Jacky Auvray qui dispose d’un étonnant outil  de salle mobile ? Comment ce professionnel estimé et apprécié peut-il organiser des manifestations importantes sans aucun soutien sérieux de la DRAC ! Il ne s’agit même pas de lui, à titre personnel, mais de l’effort qu’il fait pour mettre son outil au service des musiciens amateurs ou professionnels et des compagnies de danse de la région. Quel soutien conséquent  à  ces chorégraphes qui, à Caen,  prennent le risque d’ouvrir des salles hippocampe de la Cie Aller retour ou studio 50 de la compagnie Awama , Comment la DRAC accompagne-t-elle la Cie Actea qui porte à bout de bras la formation professionnelle des acteurs dans la Région ? Comment sont soutenus les efforts de mutualisation à travers Bazarnaom ou les Ateliers Intermédiaires ? Et l’association poly-disciplinaire Amavada comment la traite-t-on? Quel intérêt est porté à l’un des rares sites de critique artistique existant en France : « l’insensé » ? Comment la DRAC accompagne-t-elle et s’implique-t-elle dans l’expérience originale des lieux-relais initiés par la Région ? Pourquoi n’a-t-on pas retenu notre proposition d’États généraux de la Danse concernant tous les acteurs de ce secteur ? Enfin nous l’évoquions dans un dernier courrier : pourquoi la compagnie Silenda est-elle frappée d’ostracisme ainsi que la Compagnie émergente « projet libéral » de Thomas Ferrand ? À quoi ressemble cette politique ? Quelle est sa cohérence ? ADADA. 22 Mai 2010.

L’évolution des institutions constitue aussi un des volets incontournables d’une nouvelle phase de la politique culturelle. Une véritable démocratisation ne peut pas se faire sans elles ! Or, le moins que l’on puisse dire, si on en croit la rumeur publique et de récentes manifestations, est qu’elles n’affichent  pas un visage bien florissant

Nous avons donc rappelé au Conseiller que les lois de Baumol [9]depuis toujours mettaient en difficulté les institutions et que si une vraie réforme de l’intermittence ferait du bien au secteur culturelle, une vraie réforme du mode de subvention des institutions, ce serait pas mal non plus.

Soyons concret … qu’est-ce qu’une politique  qui prétend préserver la création ?

Chacun voyant midi à sa porte : Voyons quelle heure sonne au clocher de notre Centre Dramatique de Normandie !

Parler de création –entendons bien- c’est parler de marge artistique ! Il faut appeler un chat, un chat[10]

Donc en quoi les derniers moyens que le Ministère a alloué –via la DRAC – au CDN, ont-ils conforté sa marge artistique ? Comment et pourquoi nous expliquera-t-on, un CDN ne peut se programmer à Avignon sans l’aide exceptionnelle de sa Région ?

Bref dispose-t-il  ou pas de fonds propres nécessaires à l’accomplissement de sa mission ?  A-t-il ou pas, la capacité d’honorer son cahier de charges ? vis-à-vis de l’intermittence ? Vis-à-vis des compagnies indépendantes ?

Vous voyez, avons-nous insisté auprès du conseiller, tout est lié… L’avenir de notre secteur ne va pas sans une saine gestion des marges artistiques des institutions Nous sommes bien conscients  que l’ensemble des forces vives doivent avancer d’un même pas.

Pour conclure notre propos, nous revenons sur le « culture pour chacun »…resucée du « culture pour tous » et nous posons la question qui fâche : comment éviterez-vous l’effet d’aubaine[11] ? C’est à dire faciliter toujours plus l’accès de la culture à ceux qui en ont déjà le bénéfice ?

La volonté d’élargir  la base sociale n’est pas nouvelle …Alors pourquoi cette base reste toujours la même ?

Y aurait-il quelque part un vice de forme ? Une erreur « politique » dans le diagnostic ?  Une mauvaise évaluation ?

Nous sommes enclins à le penser ..Saura-t-on nous écouter ?

On peut toujours rêver.

Mes camarades souhaitent  en témoigner.

Tel fut le propos liminaire du Président JP Dupuy.

Pour l’Adada .  coordination des artistes de basse Normandie. 22 Mai 2010

Réponses du Conseiller

Alors ?  Bon, bien, oui, oui…D’accord !  Voilà Monsieur le Conseiller n’a rien objecté !

Si nous nous ne sommes pas d’accord avec la politique actuellement suivie …Et n’y croyons pas …Monsieur le conseiller trouve à propos, grosso modo, nos propositions[12] …De toute façon le temps pressant  et le rituel syndical étant ce qu’il est nous ne pouvons qu’être d’accord !

Du coup notre camarade Laurent Frattale dont on connaît le goût pour les beaux textes  a cru bon intervenir  en ces termes ; « mais attendez Monsieur le Conseiller … Il faut nous entendre sur les mots ! De quoi parlons-nous ?  Nous ne sommes pas si d’accord que ça …Sémantiquement parlant ! »

Las, la mise au point de l’ami Frattale fut vaine …La langue de bois étant ce qu ‘elle est, nous fûmes invités à poursuivre …

Et donc, c’est notre camarade  Arnaud Gilberton qui s’y colla !

D’emblée l’ami Arno donna dans la discordance et brandit  sous le nez du conseiller la pétition « nous voulons travailler en paix » !

Vous savez ! Cette pétition où l’adada explique que les artistes qui interviennent dans d’autres cadres que les lieux de spectacle  le font cependant à partir de leur réalité d’artistes et d’aucune autre ! Qu’ils ne sont ni des enseignants, (en milieu scolaire)  ni des animateurs ( en milieu socio-cu) et encore moins des assistantes

sociales (dans les quartiers ou dans le social) .

Passé la légère sueur froide provoquée par les 3600 signatures de la pétition ..Arno poursuivit son propos sur les difficultés des chômeurs avec Pôle Emploi,

provoquant l’intervention du DRAC nous assurant d’une rencontre possible et souhaitable avec Pôle Emploi. Transmission au DRAC de la coupure de journal ( OF) sur  le RAS LE BOL de Katia… On s’en occupe ! nous sera-t-il assuré.

C’est le moment que choisit Romuald Duval pour parler de la réforme territoriale …De l’inquiétude ! de l’angoisse ! DE… Je vous arrête  Monsieur !

Comment ? Duval …Monsieur Duval …Oui du Synavi ? Monsieur Duval du Synavi …Il n’y a pas lieu ! Chassez ! Monsieur Duval les lourds nuages qui obscurcissent votre front ! laissez les tomber dans les abyssales profondeurs  de l’océan atlantique ( « in deep bosom  of the ocean burried » dirait Richard III de William Shakeaspeare).

Les collectivités territoriales vont garder leurs compétences !

« Mais » tenta Romuald Duval !

« chutttttt »[13] enjoint le conseiller « garderons, vous dis-je ! »

« Avec quel argent » tenta encore,  blême, livide, désespéré l’ami Duval !

Le conseiller chaussant ses lunettes, laissa tomber un laconique et définitif :

«  Je vais devoir vous quitter »

Stupeur de la délégation. Incrédulité et consternation. Ultime et désespérée tentative :  Nous avons à faire des propositions originales, d’intérêt national ! NATIONAL ! notamment sur la Danse …

Alors Nicolas Maurel et Mélanie Marie avec la vivacité d’esprit qu’on leur connaît vont posément exposer ce qu’on peut souhaiter de mieux pour le développement de la danse contemporaine sur tout le territoire ! Comment en Basse-Normandie mettre en musique une vraie concertation avec une CONFÉRENCE PERMANENTE pour la danse  dont nous avons  pu convaincre la Région à l’initiative de son Président Laurent Beauvais, Président socialiste et Pascale  Cauchy  Présidente Culture d’Europe Écologie ..Donc un contexte local et régional très favorable peut permettre la mise à l’épreuve d’un outil que la France entière va rapidement nous envier.

Et nous avons un collectif danse très actif !  Bref, une chance et à saisir ..Un vrai travail à faire …Et d’ailleurs Monsieur le DRAC en a convenu le 29 Mars dernier quand nous avons pique-niqué à la DRAC et qu’il nous a reçu aimablement.

Enfin enchaînera –t-on,  nous voulons un Centre Ressources qui ne laisserait personne sur la touche ! Une organisation rationnelle  de la concertation et  de la politique culturelle avec le concours de tous les acteurs !

Laurent Frattale membre national  du puissant Syndicat National des Arts Vivants va conclure Il reviendra sur la promesse du Ministre faîte à « l’objet du scandale » de voir tout le territoire couvert pour une TNT accessible partout …Ce n’est pas la « Culture pour chacun » mais la télé …à coup sûr, chacun en aura sa dose.  Significatif dira Laurent …et là ! incident ! Le conseiller sort de ses gongs  NON et non !  mise au point-il ! Vous tirez un mauvais parti d’une anecdote !

Anecdote reprend de volée Laurent Frattale …Il faut s’entendre sur le sens des mots  « anecdote » c’est vite dit  .. « moi, je… »

Parti !  Envolé ! le conseiller …

Nous nous regardons interloqués ? …

Et soudain en rafale :  Rires ! quasi fou rire ..Bon ! Le vin est tiré, il faut le boire ! Nous décidons de quitter la place et de rejoindre le Ministre au plus vite.

On y va ! Et nous allâmes ! …Et c’est comme ça, qu’un journaliste en vadrouille parvint à  nous intercepter sur notre route de Compostelle  vers le théâtre des opérations ministérielles.

Texte collectif . Lu, revu et approuvé par la délégation. 24 Mai 2010.


[1] ça fut plus pensé que véritablement dit

[2] Ce qui fut fait mais sur ce sujet sensible le conseiller jura ses grands dieux que oui, plutôt que non !  on ne touchera pas aux compétences culturelles …Ce qui lui vaudra de la part du camarade Romuald un « ce n’est pas si simple ! Il y a des ressources qui… ». Le camarade n’a pu finir sa phrase car le temps nous était compté !  La question de fond serait plutôt : quels grands dieux convoqua dans sa barbe le conseiller imberbe. Par ailleurs signalons que le Synavi entreprend une démarche auprès de tous les députés de la région pour défendre la clause de compétence générale reconnue à tous les niveaux.

[3] J’ai utilisé là cette expression pittoresque sans trop savoir d’où ce « prou »  tient son origine mais il tient bien en bouche  peu ou prou.

[4] Ça non plus je l’ai pensé mais pas dit pour éviter la cuistrerie dont on accable ceux qui s’invite au banquet des mots poétiques.

[5] Je dis « nous » car le plus souvent, bien sûr, je ne fis que traduire une parole et un sentiment collectif  même si –je le concède- il m’échappa parfois des propos d’une acidité assez corrosive, à la limite du tolérable.

[6] Intermittents à qui sans doute nous devons l’insigne honneur d’avoir pu être reçu

[7] la formule doit se corriger de ce que, bon an mal an , NOUS obligeons, organisations nouvelles Synavi, SMA, Fédurock, Cirque de création, fédé art de la rue, Ufisc, Adada, nous obligeons les pouvoirs publics à compter avec NOUS ! Mais cela se fait si j’ose dire à la force du poignet et nos politiques ont du mal (toutes orientations confondues) à prendre conscience de ce « changement » considérable de la donne  du développement culturel. Mais ne désespérons de rien car les signes existent d’une nouvelle perception politique de la problématique culturelle et de ses acteurs ! Il nous semble que le développement culturel s’aborde aujourd’hui d’avantage sous l’angle du « trait de civilisation » comme Edgar Morin avait pu le pressentir. J’en profite pour saluer ici la naissance, en basse Normandie  d’une fédération régionale des musiques actuelles et plus. Tout effort de structuration participe  de la prise de conscience des changements en cours.

[8] Cet inventaire fait la part belle à Caen-Capitale ! Surtout ne pas en déduire que nous ignorions les problèmes de nos camarades de la Manche ou de l’Orne …L’adada vient d’engager une importante campagne pour obtenir les moyens de mobiliser vraiment tous les artistes de la région  présents sur tout le territoire…C’est donc très tactique que  cette mise en avant de la problématique de Caen-Capitale …C’est que, sur la capitale, de plus en plus, une attente s’exacerbe qui demande des solutions urgentes et concrètes. Comment gérer efficacement  la floraison des structures indépendantes ? Cela ne peut se faire et se penser sans le concours de tous et en tout lieu du territoire.

[9] Qu’est-ce que les lois de Baumol ! Je ne me lasse pas de les expliquer …C’est la règle qui veut que les entreprises à forte  main d’œuvre humaine ( c’est le cas semble-t-il des entreprises artistiques)  ne peuvent prétendre à des gains de productivité en remplaçant l’homme par des machines ( pardon aux marionnettistes) …Donc  le coût des matières premières et  l’augmentation mécanique ( respect des conventions collectives)  de la dépense concernant la masse salariale creuse chaque année pour les institutions un déficit.. Si donc il n’y a pas une augmentation  de la dotation financière  alignée sur le coût de la vie et l’augmentation des salaires .. L’institution doit « ramer » pour « combler » son déficit ! Comme les pouvoirs publics –pure distraction de leur part-  ne veille au grain  que sous la pression…Il en résulte deux choses en forme de dégâts collatéraux :  Ce sont les intermittents ou les indépendants qui opèrent dans le champ institutionnel qui servent de variable d’ajustement ! L’institution fait avec eux ce qu’elle ne peut pas faire avec son personnel permanent qui lui bénéficie de sérieuses protections. Autre dégât et non des moindres : discrédit systématique porté aux gestionnaires d’institution qui passent pour  des « zozos ». Au bout du compte, ce n’est bien sûr, pas par hasard  que la puissance publique utilise les lois de Baumol comme épée de Damoclès, menaçant nos institutions. C’est un chantage permanent  qui pèse sur l’indépendance des institutions !

Parfois, il peut conduire à la démission brutale d’un responsable. Ce n’est pas le cas semble-t-il de M. Jean-Jacques  Passera ex directeur de l’Esam ( nouvelle école des beaux Arts de Caen)  qui vient de démissionner. Les citoyens dont nous sommes, aimeraient bien en connaître les raisons  …Est-ce trop demander ?

[10] Dans les années 80, la maison de la Culture de Bourges en fut réduite à ne plus faire que des « décors » pour les autres, pour cause d’une marge artistique réduite à néant. S’agissant de notre CDN, Monsieur le DRAC saura nous dire que Jean Lambert-wild a eu trois ans pour rétablir les comptes et que MAINTENANT il doit se consacrer à son art ! Heureux fûmes nous, de l’apprendre et nous fut-il dit, d’y trouver le motif de la présence du CDN à Avignon !  Nous fîmes observé incidemment que l’équilibre des comptes et  marge artistique à nos yeux ne se confondait pas ! À preuve , il fallait un coup de pouce financier de la Région pour permettre au CDN de se manifester artistiquement à Avignon !…Par conséquent, pas de miracle ! Marge artistique en peau de chagrin  veut bien dire soutien à la création en trompe l’œil ! Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles !

[11] C’est en s’appuyant sur l’ouvrage sur « les pratiques culturelles des français » d’olivier Donnat  que l’on peut faire le constat que la culture rapportée aux beaux arts  reste toujours aussi peu partagée. Non pas « privilège » d’une élite  ( en quoi cela conférerait-il un degré supérieur d’existence ?)  mais pratique d’une minorité a contrario de la télé qui serait à raison de 3H 30 par jour en moyenne hyper partagée. Ce qui confère aux français un degré de culture très appréciable dont un effet remarquable est la grande popularité de la Culture ! Les français approuvent massivement la politique culturelle à tous les niveaux …C’est le vecteur le plus sûr d’une popularité « cultivée »… Est-ce pour cette intelligence de la chose politique que le Maire de Caen garde sous sa gouverne  la  Culture ?  En tout cas une organisation politique qui sous estimerait  le vecteur culture y perdrait un des meilleures occasions qu’elle a de se rendre populaire !  La visite de Frédéric Mitterand à Vire… Avant sa montée des marches à Cannes ce même jour  avait-elle un autre objet ?

[12] Désolé mais développer ici l’enfumage – discours fumeux et convenu du conseiller présente peu d’intérêt –  Impossible pour moi d’en retenir que des bribes, fasciné que je fut par l’ennui morose et las émanant de nos interlocuteurs chargés qu’ils étaient de distraire un temps précieux gâché en notre compagnie alors  qu’à quelques mètres le Ministre pérorait  tandis que tiédissaient les petits fours.

[13] Si je donne dans une certaine ironie cela n’enlève rien à ce que nous avons pu défendre  sur le fond ! S’en tenir au sérieux  de ma part ne serait pas sérieux… Et puis une fois pour toute nous avons décidé de mener nos luttes joyeusement ! Donc si vous voulez échapper à la morosité ambiante rappelez-vous sans cesse qu’à l’adada on milite la fleur au fusil en gardant toujours le rire à portée de main. En tout cas mes plaisanteries pas toujours fines j’en conviens ne visent pas à blesser qui que ce soit … mais à alléger autant faire ce peu, la lourdeur et longueur du propos.

Télécharger cet article au format pdf

Publicités

Filed under: actualités, , , , , , , , , , ,

Jeudi 27 Mai 2010 Séance de travail du COMITÉ RÉGIONAL du SPECTACLE VIVANT de BASSE-NORMANDIE à l’hippocampe à CAEN

C’est jeudi prochain que se réunit pour la deuxième fois cette année, le Comité Régional du Spectacle Vivant de Basse-Normandie.

Le CRSV B-N  est une instance de concertation  des responsables de la puissance publique et des organisations  syndicales et professionnelles du spectacle vivant.

Le CRSV B-N  est en activité depuis maintenant plus de deux ans.

Il permet  un débat et un dialogue constructif  sur  les problèmes et orientations de la politique culturelle dans notre région.

Les deux syndicats d’employeurs SYNAVI et SYNDEAC coprésident cette instance et  en assurent l’organisation.
Les débats se conduisent en comité restreint mais  ils sont publics et peuvent être suivi en qualité d’observateurs.

L’adada  s’y invite régulièrement ainsi que le collectif danse mais le CRSV B-N est appelé à se structurer pour  plus d’efficacité et  pour voir son  rôle accru et reconnu  comme organisme effectif de concertation.

Il a inscrit cette année l’évaluation comme objet de débat.
À ce titre l’adada  à apporter une contribution  qui demande à être discutée et enrichie.

Pour l’adada JP Dupuy 18 Mai 2010

Télécharger la contribution de l’adada sur l’évalution – nouvelle mouture

Filed under: actualités, contributions, , , , , , , ,

Retrouvez Jean Pierre Dupuy et l’adada sur France 3 dans l’émission « La Voix est libre » du 15 mai dernier

A retrouver en ligne l’émission à cette adresse :
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=e14a_voixlibre&video_number=0
ou directement depuis votre player WMV à cette adresse .

Filed under: actualités, , , , ,

Extension du domaine de la …

A signaler, l’information lue sur le blog LaDanse.eu concernant la  rencontre professionnelle à l’initiative d’AC pACa le samedi 29 mai 2010 à l’Étang des Aulnes à Saint-Martin de Crau.

Le communiqué :
Le Sens de la Barre n°1

A l’heure où le capitalisme fait la preuve de son absurdité et de son essence nihiliste, tant pour les injustices de plus en plus criantes qu’il génère que la dévastation de nos ressources naturelles, à l’heure où les Etats courent après le chaos en faisant semblant d’y mettre de l’ordre, tout ce que nous prenons en charge collectivement fait sens.

Il existe du jeu pour que « ça » bouge : les citoyens s’organisent, se retrouvent, inventent de nouveaux cadres d’assemblées en concertation avec les élus (quand c’est possible). Les artistes indépendants s’organisent, réfléchissent, actent. Pour que l’irrigation de la société à laquelle ils participent porte ses fruits, eux dont la spécificité est déjà d’acter leurs rêves… A travers l’éclairage de nos métiers, de nos cultures, dans quelle mesure pouvons-nous participer à l’élaboration d’une nouvelle intelligence sociale, d’une nouvelle économie sociale ?

La ligne de moindre résistance est à l’endroit du corps, un état juste ou propice au déplacement par où quelque chose s’ouvre et trouve contact avec l’extérieur, le monde, les autres… Notre travail collectif au sein des AC s’appuie sur cette ligne où les semailles poussent, et nous ne sommes pas les seuls !!! (Cf. ADADA et son Collectif Danse)

Toutes questions, curiosités, désirs, propositions alimentant la création d’une nouvelle circulation au sein de nos métiers et de leurs territoires sont bienvenues ce 29 mai 2010.

Au plaisir d’être ensemble !

Info pratiques :
On peut réserver dès à présent sa journée ou sa demi-journée du 29 mai 2010 et participer à cette rencontre collective en écrivant à acpaca@hotmail.fr

Quand ? le samedi 29 mai 2010
Où ? à l’Étang des Aulnes
Horaires : de 10h à 19h
Programme : en cours de finalisation
Invités : en cours de confirmation
Adresse et Plan d’accès : L’Étang des Aulnes – Domaine départemental de l’Étang des Aulnes – Route de Vergières – 13310 Saint-Martin de Crau

plus d’information à cette adresse

Filed under: actualités, ailleurs, , , , ,

L’ adada fait la une du blog LaDanse.eu !

Notre structure fait la Une du blog Ladanse.eu et c’est à lire à cette adresse.

Filed under: actualités, ailleurs, , , , ,

Rappel aux réalités ! La liquidation des intermittents est en cours !


cliquez sur l’image pour lire l’article !
On a vu dans le journal cette semaine à travers le cas de Katia combien la dure réalité rattrape les plus démunis d’entre nous !
rappel ! rappel que l’adada vient de la lutte des intermittents de 2003 !
que la solidarité entre tous les artistes restent notre base de travail !
Ce qui nous plait dans l’article c’est le grand sourire de Katia et de nos camarades José et Arno !
ce sourire dit  tout ! il nous invite à lutter  et que notre lutte ne soit pas sinistre !
Par contre dans le même article on découvre les manœuvres et turpitudes de pôle emploi qui nous enfumes et nous trompe alors on se fend d’un petit communiqué
mais surtout n’oubliez pas cultivons entre nous le dialogue !
Soyons y compris dans l’intelligence de nos différences et de nos désaccords !

Filed under: actualités, documents, , , , , , , , , , , ,

L’adada a rencontré la nouvelle Présidente de la Culture de la Région pour un large débat sur la création d’un Centre de Ressources

Rencontre de l’Adada et de Pascale Cauchy Nouvelle Présidente Culture du Conseil Régional pour un large échange de vues sur la création d’un Centre de Ressources Régional

Ainsi donc, Pascale Cauchy, vice présidente à la culture, est venue ce mardi 27 Avril 2010, à la rencontre d’une cinquantaine d’acteurs de la culture aux Ateliers Intermédiaires à Caen.

Elle était accompagnée de Marine Lemasson, conseillère régionale.

Deux conseillères municipales de Caen, Geneviève Heuzé (qui suit régulièrement les Arts Vivants) et Sophie Vermes, nous avaient fait l’honneur de leur présence, ainsi que Pascal Goureau, de l’Agence Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire.

Absence remarquée de la presse, exception faite de TSF98. Le présent compte-rendu ne prétend pas à  une transcription fidèle des propos et échanges. Nous avons résolument pris le parti de nous en tenir au Centre de Ressources et  d’explorer en quoi la rencontre nous a permis d’en approfondir l’approche.

Deux heures durant, Pascale Cauchy s’est soumise au feu roulant des questions. On trouvera par ailleurs, un bref bilan/commentaire de Dominique Nugues, dont on sait qu’il n’est pas soupçonnable de complaisance.

Compte-rendu

Le compte-rendu dont je m’arroge, ici la charge, est relativement aisé à faire. Pourquoi ?

D’abord, parce que la plupart des intervenants (une trentaine) ont pu faire des déclarations tout à fait en harmonie avec le contenu des documents de l’Adada remis à Pascale Cauchy.

Autrement dit la démonstration fut faite de ce que peut être une pensée et parole collective, structurée et cohérente . La chose n’étant pas si fréquente, elle mérite d’autant d’être soulignée.

Ensuite parce que –cela n’aura échappé à personne, et beaucoup en seront subjugués- Pascale Cauchy est une personnalité politique qui ECOUTE ! Bien sûr -l’écoute : tout le monde s’en réclame  dans le Landerneau du politique… Sauf que ce mardi manifestement, elle a semblé exister !

Nous furent donc épargnés le rituel des faux-semblants, et de la langue de bois à l’usage de la séduction électorale… Et du coup, nous-mêmes avons pu faire l’économie de nos (surtout les miennes) rodomontades habituelles ! Comme quoi un langage de vérité peut se tenir qui induit confiance et respect entre interlocuteurs.

D’emblée Pascale Cauchy dira qu’une réalité existe, un héritage, un passif culturel, et que donc… sauf à s’illusionner d’une table rase improbable, la réflexion et impulsion nouvelles, qui peuvent retenir notre attention, doivent prendre en compte cette réalité.

Autrement dit, seule une juste appréciation des marges de manœuvre peut autoriser des changements de caps !

Nous étions dans la métaphore du paquebot, dont en d’autres circonstances Philippe Duron Député-Maire de Caen, a pu faire usage. Bref, nous fûmes invités à comprendre qu’ un paquebot  se manœuvre avec précaution et dans la durée.

En restant dans la métaphore, Laurent Frattale alimenta la réflexion d’une remarque fort judicieuse. Il se trouve, dira-t-il, que le paquebot du développement culturel a longtemps usé d’un seul moteur. (Les institutions largement impulsées par l’Etat… Grâce leur en soit rendue) Mais aujourd’hui, il y a deux moteurs. Laurent Frattale affinera sa démonstration avec des chiffres à l’appui sur l’emploi et le poids des associations culturelles dans le paysage culturel.

Le nouveau moteur donc, c’est la formidable croissance du secteur « indépendant ». Et ce moteur-là n’est pas assez (parfois pas du tout, c’est le cas, dira plus tard JP Dupuy, de la Conférence Régionale Consultative) pris en compte.

Conséquence de cette mauvaise estimation, il n’est pas sûr que les deux moteurs poussent dans la même direction. Et s’ils ne poussent pas dans la même direction, alors on finit par tourner en rond !  Si une Conférence Régionale Consultative peut avoir son utilité, c’est justement de permettre que secteur indépendant et secteur institutionnel coordonnent leurs efforts !

Le propos de Laurent Frattale était introductif à la réflexion sur le Centre de Ressources, Pascale Cauchy sollicitera de l’assemblée, qu’elle en précise les contours en énonçant cinq questions :

  1. Est-ce que l’ADADA anticipe et modélise par son fonctionnement le futur Centre de Ressources ?
  2. Où sont les institutions dans le projet ?
  3. S’agit-il d’un outil exclusif des indépendants ?
  4. Voulez-vous un lieu de monstration ?
  5. Place de la Conférence Permanente Danse en fait-elle partie ?

Il fut donc apporté des éléments de réponses émanant des uns et des autres.

  1. 1. L’adada et le Centre de Ressources

Que l’Adada soit une organisation porteuse de la philosophie du Centre de Ressources : certainement, mais les missions et services d’un Centre de Ressources dépassent largement le champ d’activités et de missions que l’Adada s’est impartie.. Il n’y a donc pas de rapport de cause à effet. Ce serait trop étroit. Le Centre de Ressources est l’affaire de tout le secteur, et l’Adada n’aura  été qu’un levier bien moindre d’ailleurs que le Synavi, qui en a porté et défendu l’idée depuis 2005.

  1. Place des institutions ?

Impensable qu’un tel centre phagocyte les institutions, ou les ignore. Comment veiller à ce que les deux moteurs tirent dans le même sens ? Cela ne peut se faire sans les institutions.

C’est pourquoi l’idée de la Conférence Régionale Consultative peut trouver son plein emploi avec une juste répartition des secteurs institutionnels et indépendants !

La difficulté tient à la représentativité des « indépendants ».

Qui dans chaque secteur peut parler en leur nom ? C’est à travailler à cette représentativité que s’est engagée l’Adada, justement… Et à ce titre, l’Adada réclame un soutien de la puissance publique (Ville, Départements, Drac, Région) qu’elle n’a pas.

  1. 3. Les indépendants.

Oui résolument le Centre de Ressources devrait être un lieu et un organisme de l’expression des Indépendants. Des indépendants enfin reconnus en tant que tels, disposant enfin d’un organisme ! Fin de l’infantilisme ! Fin de la cooptation à tout crin… Une aire nouvelle commence ! Enfin, le deuxième moteur est identifié, le Centre de Ressources intègre tout le monde (institution en partenariat) mais il est l’outil, la pièce maîtresse du secteur indépendant , sa carte de visite! Le centre  fait valoir l’existence de ce secteur et lui donne une configuration! Et il devient l’ interlocuteur fiable d’un secteur qui n’en a pas !! Tout le monde doit y gagner à voir sortir de l’ombre et de la clandestinité le secteur indépendant.

  1. 4. Lieu de monstration !

À cela nous répondons que l’existence d’un lieu de monstration peut effectivement s’avérer nécessaire  et plus certainement un lieu qualifié de pignon sur rue. Lieu de reconnaissance. Cependant  il n’aurait de sens qu’avec un vrai diagnostic sur

– le plein emploi des lieux existants.à Caen.

– la coordination et mise en réseau des structures. Caen et Région.

– la mutualisation et ses effets dans l’exploitation des lieux.

Un lieu oui mais de quel type ? Lieu de vie ? Un lieu de croisement des ressources ? Un Centre ? Ce Centre-là pourrait s’entendre, décentrement, orchestration, souplesse.

Intersectoriel. Inventer et cultiver une insertion  de type convivial. Lieu de rencontre et d’échanges qui échapperait à l’économie marchande. Lieu symbole d’un nouveau type d’échanges. En marge de  la consommation, à travers lequel se redéfinirait la notion même d’espace public. Maison-Folies comme il a pu s’en épanouir à Lille. Et pourquoi pas un lieu ressources à forte  prégnance européenne (et peut-être d’un fort financement  européen)

Un débat sur l’ODIA viendra un court moment interférer avec le Centre Ressources… Ce dernier marcherait–il sur les plates bandes de l’ODIA ? Oui et Non… Il fut rappeler qu’à l’origine l’ODIA –dans la circulation des œuvres- se voulait au service du « secteur », des artistes, des indépendants. Aujourd’hui ces mêmes « indépendants » accusent l’ODIA de « dérive », et, ne reconnaissent plus cet outil comme étant à leur service. Alors au service de qui ? Il y eut des réponses « brutales » qui dérivèrent vers des mises en cause de personnes. Finalement NON, le Centre de Ressources n’aurait pas à doubler l’ODIA mais une interface est à trouver. Le Centre Ressources prétend relever et  coordonner toutes les offres et demandes, quand l’ODIA les évalue et les « sélectionne ». Ce que faisant l’ODIA, se comporterait-il comme une instance de régulation…sans en avoir le mandat ? Chaque instance ayant « ses artistes ». Drac, Départements, Région, ODIA, Ville…Ce qui conduira  notre camarade Julien COSTE, à dire que chacun obéit à ses critères… sans les partager (j’ajouterais en les négociant de gré à gré, de puissance publique à puissance publique, à l’insu des intéressés. Donc, le non-partage ne concerne que les principaux intéressés : les structures indépendantes. Seules structures dont on décide du sort  à « l’insu de leur plein gré ». Pourquoi ?

  1. 5. La Conférence Permanente de la Danse.

Elle a été ébauchée pendant la campagne électorale de Régionales à l’initiative du Président de Région Laurent Beauvais ! Elle fut en tant qu’ébauche un modèle de concertation. Et par conséquent la Conférence Permanente doit trouver sa place à l’intérieur du Centre Ressources, en être un module de fonctionnement efficace.

Car la concertation n’a de sens qu’efficace et  dans la résolution concrète des problèmes. Faute donc de produire du travail utile qui engage (même si le décisionnel ne lui appartient pas) les instances de concertation risquent de se multiplier en vain !

En réalité une des  questions de fond, c’est la transparence, transparence des décisions prises : Ville, Drac, Départements, Région n’arrêtent pas de se concerter avec plus ou moins de bonheur, au cas par cas, suivant un scénario bien rodé :

  1. – Alors tu fais quoi sur celui-là ?
  2. – Rien
  3. – Ah bon… ! Moi, je

Après le « ah bon »  c’est… tant pis je fais quand même ! ou tant mieux je ne fais rien aussi !

Tous les artistes connaissent ce loto qui n’est pas sportif !

Quand A et B n’aboutissent à « Rien », alors, en principe, ils se couvrent de l’expertise ! Là l’expert (Comité, Odia & cie, etc) devient donc alibi/caution. A et B  sont –courageusement- pour rien de ce RIEN ! C’est l’expert qui devient (valeur d’usage) le bouc émissaire.

Donc résumons. La Conférence Permanente vise à mettre  fin à ce système !

Fin du clientélisme, du féodalisme, et des parades de séduction !

Fin des jeux pervers et autres manigances ! Fin du cas par cas ! Fin du « mes artistes », mon premier choix, ma propriété.

Début de l’Agenda 21, et d’une application possible de la charte de l’UNESCO. Début d’une analyse concertée et de la définition d’une politique concerté de développement culturel.

Fin de la beauté lyrique des discours, on passe à l’ACTE.

la Conférence Permanente heurte par trop les mœurs du sérail  mais peut-être de ces mœurs va-t-on enfin se lasser ?

Voici donc grossièrement résumées, les réponses aux questions de Pascale Cauchy. Elles ne résument surtout pas la richesse des échanges.

Il reste à envisager la poursuite des échanges…Suivant quel méthode et quel échéancier .

Perspectives…

Nous disposons donc désormais de documents :

–       l’un de 27 pages, rassemble les contributions récentes « Pour un Centre de Ressources en Basse Normandie »

–       l’autre de 80 pages, « Dossier et Documents. 20 ans de tentatives » offre une compilation de documents extrêmement probants des tentatives passées. (Malheureusement celui-ci n’est pas disponible intégralement en numérique, seulement en version papier au coût de 5Euros… vu l’état de nos finances, impossible de vous l’offrir !… Nous en aurions pour 1000E de tirage et de mains d’œuvre. Il est cependant consultable en version  réduite ).

–       « À la croisée des chemins » compte-rendu d’approfondissement des positions adada lors de la rencontre avec Pascale Cauchy, accompagné des textes de Dominique Nugues ( commentaire de la rencontre) et JP Dupuy ( propos introductifs). En préparation  (quintessence des positions et propos de Pascale Cauchy)

Bref comme le suggèrent  Emmanuelle Dormoy et Catherine Mazerolle, il nous reste à faire une synthèse et à inscrire le Centre de Ressources dans un calendrier. Notre comité de pilotage  est composé de dix membres :

-Phillipe Colette

-Valérie Colette Folliot

– Emmanuelle Dormoy

-Romual Duval

-Jean-Pierre Dupuy

– Laurent Frattale

-Clotilde Labbé

-Mélanie Marie

– Nicolas Maurel

– Dominique Nugues

Si de notre côté  le travail peut se poursuivre (synthèse et  argumentation) , c’est avec les instances publiques et tous les acteurs du secteur indépendant que la concertation peut et doit s’organiser. Il nous semble que la dite concertation doit concerner au premier chef ceux qui croient en l’existence d’une telle instance ! C’est un préalable, faute de quoi  nous irions , à coup sûr, vers de nouvelles déconvenues.

JP Dupuy. 3 Mai 2010

De la politique, de l’écoute, des idées…presque du bonheur !

La réunion de l’ADADA où était conviée Pascale Cauchy venue, accompagnée de Marine Lemasson, jeune élue du Conseil Régional et accueillie dans les règles de l’art par Laurent FRATTALE, aux ateliers Intermédiaires, m’a réjoui.

Heureux en premier lieu de voir une assistance jeune, attentive, respectueuse et constructive. Réjoui aussi de constater la qualité, la cohérence et la grande maturité des intervenants.

J’ai eu le sentiment tout au long des 2 heures de débat, mené de main de maître, il faut le dire par J.P.Dupuy, d’assister à une véritable proposition de travail, livrée par des professionnels inquiets et en attente de réponses à leurs problèmes, mais enthousiastes et sincères dans leur engagement artistique.

Les informations fournies, les arguments avancés l’ont été avec le sérieux que confère l’assurance de la bonne foi et du droit à la justice la plus élémentaire. Le besoin d’une mise en place d’une structure où chacun se sentira responsable et non-infantilisé par des tutelles incompétentes et partiales a été exprimé clairement. La transparence réclamée dans les critères d’évaluation des projets et des productions résonne comme une évidence.

La responsabilité politique, civique, sociale affichée et défendue par les forces les plus jeunes et les plus dynamiques des professionnels de la culture, me semble être la garantie, que la co-construction prônée par l’ADADA, n’est pas un mot d’ordre, mais une chance à saisir par ceux à qui elle s’adresse.

A ce titre, il faut saluer l’écoute dont a fait montre Pascale Cauchy. Sans impatience ni suffisance, elle a répondu aux questions sans faire de promesses inconsidérées, elle a posé des questions sur des sujets qui lui semblaient flous. De toute évidence, elle veut comprendre la situation de la Culture en Basse-Normandie et apporter des réponses à des problèmes criants, sans avoir de recettes toutes faites ou dictées par de fumeuses et obscures influences.

Il y a au travers de la démonstration apportée par une telle réunion, la « quasi-obligation » pour les pouvoirs publics d’entendre la parole de ces acteurs de la culture.

De l’entendre et d’y être plus qu’attentifs. Cette parole porteuse de projets multiples et singuliers constituant une politique collective tournée vers un public divers et lui aussi en attente est une richesse inouïe pour la Basse-Normandie.

Le travail ne fait que commencer, mais sous les meilleurs auspices.

Que l’ADADA ne se désespère des obstacles à venir, que la volonté politique claire l’emporte sur les inerties administratives ou les coups tordus de quelque fossile de la culture d’avant. D’avant l’émergence de cette vague de volontaires prêts à relever le défi du sens dans nos sociétés en pleine mutation, d’avant les crises de toute nature qu’il faut surmonter. Voilà pour quoi, il va falloir agir, voire se mobiliser.

Oui, je me réjouis de tout ceci, même si je sais que les paroles ne valent rien si elles ne sont pas suivies d’actes.

Participer, selon mes moyens et mes compétences, à l’expérience de la co-construction proposé par l’ADADA et reçu positivement par la Vice-présidente du Conseil régional est de ces aventures qui participent à la possible redécouverte des bonheurs de la vie collective.

Dominique NUGUES

28 Avril 2010

Propos introductifs

Avant de dire quel Centre de Ressources nous voulons, permettez-moi, chère Pascale Cauchy, de vous dire, quel Centre nous ne voudrions pas !

–       D’un Centre qui parle à notre place ! Nous voulons ce centre pour donner la parole aux « sans voix », donc il doit s’organiser pour rendre audible et visible tout le monde ! Tous les amateurs d’art qu’ils soient amateurs ou professionnels… Ces derniers étant de toute façon des amateurs de l’art qu’ils affectionnent !

–       D’un Centre qui nous guide, qui nous coiffe. Qui nous couvre chef ! Assez de Cathédrale et de tour Eiffel. L’horizontalité, voilà notre perspective !

Nous voulons donc un Centre d’Accompagnement ! Enfin un outil pour accompagner, soutenir, rendre lisibles toutes les initiatives de terrain. Cordonner, anticiper, informer de ce qui existe ! Accompagnement.

Proximité, autre mot d’ordre ! Dire l’Art n’est pas une marchandise oui ! Mais en quoi l’art échappe-t-il à la consommation et au marché ? Réponse : quand il est accompagné.

Quand il s’inscrit dans un rapport aux citoyens non-marchands. Educatif par exemple. Rapport interactif autre exemple. Alors éducation artistique, éducation populaire permettent l’élargissement de la base sociale, et des rapports non-marchands. Loin des budgets de communication faramineux qui assurent la consommation en lieu et place du travail éducatif.

Oui, nous voulons nous appuyer sur l’économie sociale et solidaire.

Dans le secteur indépendant se génère jusqu’à 50% de recettes propres. Le travail sur et avec le public est la source de cette marge d’autofinancement !

Et le plus souvent, il concerne de nouveaux publics !

Il faut partir de cette réalité pour une culture de proximité conviviale et partagée sur tout le territoire. La proximité et le travail commun en petit nombre, c’est l’avenir d’une culture sans esbroufe et inscrite en profondeur.

Le métier ! Oui, l’artiste fait un métier en constant renouvellement. Cela veut dire Formation –la plus exigeante possible- la plus large pour le plus de monde possible ! Pas d’art au rabais. Donc monter en puissance les savoir faire, de la capacité d’invention et de création. Priorité des priorités : la formation.

Voilà le trépied sur lequel peut reposer le Centre de Ressources, et c’est ce qui a été « pointé » par le passé. Mieux s’organiser, mieux se comprendre, mieux se structurer pour mieux s’ouvrir et partager.

S’incérer, s’inscrire au cœur des mutations.

Être les premiers acteurs de la transformation sociale.

Pour une autre économie et pour l’intérêt général : soyons déterminants.

N’oublions pas que l’Utopie, l’imagination, l’invention appartiennent à tout le monde, et, qu’au bout du compte, nos vies  disait Shakeaspeare  sont faites de l’étoffe de nos rêves.

JP Dupuy 27 Mars 2010

Filed under: Non classé, , , , , , , , , , ,

L’imprévisible

TWITTER