ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Compte-rendu Délégation Adada/Synavi reçu en juin à la Drac

Le 17 juin 2010, dans le cadre de la mobilisation nationale des acteurs de la culture pour dénoncer les politiques de destruction des services publics et de la diversité artistique et culturelle, une délégation a été reçue à la DRAC de Basse-Normandie. Cette délégation composée de représentants de l’UFISC, d’ADADA, du SYNAVI et du collectif Danse a exposé à Mme la directrice adjointe, Catherine Reflé, les motifs de sa mobilisation.

Seront d’abord évoqués les effets sur le secteur culture de la volonté gouvernementale de réduire de 10% la dépense publique dans les trois ans qui viennent. Qui va payer la facture ?

Il est fait observé que ce sont d’abord les marges artistiques des entreprises qui seront affectées et que donc, une fois de plus, les intermittents et les artistes indépendants vont servir de variable d’ajustement. Ce sont donc les plus pauvres et les plus fragiles qui paieront les pots cassés !

Il paraît impératif que des mesures et dispositifs de première nécessité soient avancées par le ministère pour éviter cette désastreuse perspective et dans un souci d’équité.

Ultime observation, dans cette conjoncture, il n’y aucune entreprise à l’abri, fut-elle une institution labellisée. Ce sont bien sur le dos des seuls artistes que se feront les « économies ».  Contre cette politique du laisser-faire sans dispositif de correction  nous proposons l’étude sérieuse d’un plan de relance et  la mise en place d’un système de protection des plus fragiles.

On ne peut pas « compter » sur l’intermittence pour camoufler les carences de financement. De fait la réforme de 2003 a exclu des milliers d’intermittents du régime …mais on sait aujourd’hui qu’ils sont toujours là, devenus massivement des  travailleurs pauvres.

Avec la politique actuelle, c’est une deuxième vague massive d’exclusion sociale des artistes qui se prépare.

La délégation a pris en exemple le problème des retraites pour souligner que les artistes sont deux fois victimes !

Victimes de la réforme actuelle notoirement injuste ! Victimes d’un régime particulier, l’intermittence, distributeur de retraites à minima en dessous  du minimum vieillesse. Les artistes sont donc massivement maltraités !

Que leur fait-on payer ? Leurs refus d’avaliser l’ordre social, économique et culturel établi ? On peut le penser mais un art qui ne bousculerait pas l’ordre établi est-il encore un art ?

La délégation a pointé l’urgence de concertation et de structuration  que réclame le secteur indépendant des arts vivants.

Aujourd’hui, l’Etat ne reconnaît ni ne soutient suffisamment ce secteur.

Les organisations présentes dénoncent la baisse des financements de la culture, via la réforme des collectivités territoriales, la RGPP, le budget du Ministère ; baisse des financements publics d’autant plus grave qu’elle va d’abord affecter les plus fragiles et les plus précaires des entreprises culturelles. Que les plus faibles soient appelés aux plus lourds sacrifices est proprement inacceptable!

D’autre part, nous sommes toujours sans nouvelle de la conférence régionale qui devrait être organisée par la DRAC. Ce qui inquiète dans la lenteur de sa mise en place, c’est avant tout, le doute sur la réelle volonté de l’Etat d’ouvrir à la concertation sa politique culturelle. La Drac s’appuiera-t-elle sur les structures de concertation déjà mises en place par les syndicats et les professionnels (Comité Régional du Spectacle Vivant de Basse Normandie) ou en ignorera-t-elle les travaux?

La concertation implique qu’enfin on accepte de discuter  et co-construire la politique culturelle comme le souhaite l’Ufisc notamment.

Nous voulons une concertation effective avec tous les représentants du secteur des indépendants  dont on occulte trop souvent les avis.

À titre indicatif la délégation évoque la perspective d’ouverture d’une classe théâtre au conservatoire et pose la question de la concertation : les pouvoirs publics s’appuieront-ils sur « l’existant » (classe professionnelle financée par la Région, nombreuses formations dispensées par les compagnies indépendantes,) où imposeront-ils une formation d’en haut, sans lien avec le tissu local, au détriment de ce dernier ?

Les mesures de rigueur annoncées sont celles voulues par l’état et il a les moyens d’ imposer sa politique ! Les collectivités locales et territoriales ne seront pas en mesure d’infléchir sérieusement  les effets négatifs de cette politique. Surtout si l’on amoindrit leur capacité d’intervention en limitant les moyens dont elles disposent via Réforme des collectivités territoriales et suppression de la taxe professionnelle. En imposant une politique « forcée » d’économie et d’austérité, l’état reste par la force des choses, un chef d’orchestre même si il est clairement établi qu’il n’est plus le principal bailleur de fonds de la politique culturelle.

Il faut donc remettre les choses à plat et cette remise à plat doit se faire avec tous les acteurs.

Sur la marchandisation excessive est évoquée le recours aux appels d’offre, pratique commerciale étrangère aux valeurs du secteur culture.

Il s’agirait de directives européennes ainsi transposées strictement  par l’Etat français imposant l’application des règles du marché au domaine de la Culture.

Qu’en est-il de l’exception culturelle française?

Doit-on  désormais considérer l’art comme une marchandise comme les autres?

Enfin, la délégation a rappelé que le collectif danse et l’adada attendent confirmation d’un rendez-vous avec la Drac, avant la fin du mois. Nos camarades chorégraphes présents ont attiré l’attention de la Drac sur les efforts de structuration opérés par ses acteurs de ce secteur : les collectifs danse commencent à s’organiser nationalement, ici ou là. En Basse Normandie, il réclame la mise en place d’une conférence permanente danse au niveau régional…De son côté, l’adada propose la création d’un centre ressources. Comment l’Etat envisage-t-il d’accompagner ces efforts?

Compte-t-il un jour rétablir l’équilibre dans les disciplines des arts vivants pour que la danse n’en reste pas l’éternel parent pauvre?

Pour conclure, la délégation exige un plan national de relance de la politique culturelle et que priorité soit mise sur l’éducation, la recherche et la culture. »

Pour la délégation, Romuald Duval. 17 juin 2010

La délégation comprenait  JP Dupuy (président adada/Synavi/Collectif danse)  Romuald Duval (Secrétaire régional du Synavi BN/ théâtre) Julien Coste ( Synavi-Ufisc/Musiques ) François Boros (Adada/Synavi/ musique) Salomé Marais (Adada/synavi)  Valérie Colette-Folliot  (adada/ Danse) Nicolas Maurel (Adada/synavi/ Chorégraphes associés :Collectif Danse)

Austérité :  Qui va payer la facture ?

La coordination des artistes de Basse Normandie s’associe à la journée nationale de protestation pour la défense de la culture. Avec l’ensemble des organisations syndicales, Syndeac, Synavi, Sfa-Cgt, Fsu, Culture-Sud, Ufisc, nous nous inquiétons  d’une politique gouvernementale  qui compromet la capacité des collectivités locales et territoriales à subventionner  les entreprises culturelles. Le dynamisme et la vitalité de ces dernières dépendent, pour l’essentiel, de fonds publics. Toute récession dans les financements de la culture va entraîner la disparition des acteurs les plus fragiles opérant sur ce secteur. Autrement dit : ce sont les moins bien lotis, les artistes et entreprises culturelles les plus précaires qui seront les premières victimes. Voilà le marasme annoncé.

Par ailleurs, chacun sait que ce sont les intermittents du spectacle qui dans le secteur des arts vivants, servent de variable d’ajustement pour l’équilibre budgétaire des entreprises! Ce sont donc d’abord eux qui vont payer les pots cassés. C’est donc bien des plus faibles que  l’on attend les plus lourds sacrifices.

Les « économies » annoncées : 10% de réduction de la dépense publique seraient selon le gouvernement équitablement répartis sur toute les couches de la population ! Concernant le secteur de la culture, c’est faux !  Archi-faux. Les économies pèseront avant tout sur les plus pauvres car elles vont se traduire

1 par du licenciement massif !  Une baisse d’activité qui condamne les entreprises les plus fragiles

2 la voie ouverte à une marchandisation outrancière et une augmentation des prix à la consommation. Un accès plus difficile  aux biens culturels. Seules, les industries culturelles pourront tirer leur épingle du jeu.

C’est à terme la fin de l’exception culturelle française. C’est à terme la réduction de la liberté d’expression et la perte des valeurs qui ont justifié la politique culturelle.

C’est enfin, sans que cela soit dit, le refus d’élargir la base sociale  des  publics. Régression de l’éducation artistique et de l’éducation populaire.

L’art et la culture sont des traits de civilisation : l’imagination, le rêve et le goût de l’utopie sont des éléments constitutifs  de la capacité de transformation sociale et politique. Se priver de cette richesse, va donc à l’encontre des buts recherchés : moderniser  et développer  la société, permettre à chaque citoyen   d’affronter et assumer le monde d’aujourd’hui.

Par voie de conséquence,  avec la régression des moyens alloués à la culture, c’est sur l’avenir même de notre pays et l’avenir de nos enfants que le pouvoir fait peser une lourde hypothèque.

Nous invitons nos concitoyens à dire non, de toutes les manières, à cette politique  de régression sociale et d’obscurantisme rétrograde.

Exigeons un plan national de relance de la politique culturelle !

Exigeons une priorité absolue pour  l’éducation, la recherche et la culture !

Défendons nos artistes

Communiqué Adada 17 Juin 2010

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AC pACa organise dans le cadre d’Avignon Le Sens de la Barre 2, rencontre collective et citoyenne le dimanche 18 juillet 2010 au CDC Les Hivernales

AC pACa organise dans le cadre d’Avignon Le Sens de la Barre 2, rencontre collective et citoyenne le dimanche 18 juillet 2010 de 10h à 20h au CDC Les Hivernales.

La ligne de moindre résistance est à l’endroit du corps, un état juste, propice au déplacement par où quelque chose s’ouvre et trouve contact avec l’extérieur, le monde, les autres… Tout ce que nous prenons en charge collectivement fait sens, afin que l’irrigation de la société à laquelle nous participons porte ses fruits. A travers l’éclairage de nos métiers, de nos cultures, dans quelle mesure pouvons-nous participer à l’élaboration d’une nouvelle intelligence et économie sociale ? Toutes questions, curiosités, désirs, propositions alimentant la création d’une nouvelle circulation au sein de nos métiers et de leurs territoires sont bienvenus ce 18 juillet 2010.

Plus d’informations sur http://www.ladanse.eu

Notez que le compte-rendu de la journée du 29 mai 2010 Le Sens de la Barre 1 est disponible à cette adresse.

AC pACa – Acteurs Chorégraphiques en région Provence-Alpes-Côte d’Azur

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