ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Disparition du 2 Bis : fin de partie pour un haut lieu de l’underground caennais


C’est fini …
Retour des vacances, les caennais ne seront plus jamais invité.

A prendre la route qui conduit au 2 bis rue de l’union. C’était  avant tout la salle de travail du théâtre Ecole de Caen, structure de formation ouverte aux amateurs de théâtre et futurs professionnels de la région. Mais, depuis sont aménagement dans les années 90, la salle sous l’impulsion d’Olivier Lopez  était devenu un véritable outil professionnel bien équipé, utilisé à plein temps par les élèves acteurs et  amateurs ou émergents… dans des conditions défiant toutes concurrences. Actea  Compagnie dans la cité en offrait la jouissance gracieusement !

C’est donc là que certains artistes désargentés pouvaient avec ce lieu trouver un recours exceptionnel.
Sans tapage et sans but lucratif, tel fonctionnait le 2 bis et c’est par fidélité à ce fonctionnement qu’Actea se voit dans l’obligation (financière) d’en fermer  les portes.

C’est bien un haut lieu de l’underground caennais qui disparaît.

Cette fermeture, en catimini, au cœur de l’été… fera parti des mauvaises surprises de la rentrée.
Les citoyens connaissent la musique : la période des vacances est propice aux coups bas de la part des pouvoirs publics !

La fermeture du 2 bis pose en effet de graves questions…
À commencer par le rôle et l’impact des fonds publics sur la politique culturelle.
La gestion des fonds publics et le contrôle citoyen vont devenir une question clef du développement culturel.

La disparition du 2 bis vient corroborer la non moins évidente disparition de l’ancien Espace Puzzle rebaptisé Cité-Théâtre (Actea devra y rabattre ses activités de formation)… C’est d’une pierre, deux coups !

La régression est manifeste… Des explications pourraient bien s’avérer nécessaire !
Il n’est pas l’heure pour moi d’en demander !
Je m’exprime ici à titre personnel car la période des vacances n’autorise pas les consultations nécessaires pour élaborer un avis commun.

C’est donc en mon nom propre qu’ici je m’exprime. Après tout comme beaucoup d’autres j’ai participé à l’effort commun et à la sueur de mon front pour que le 2 bis puisse exister… J’en suis aujourd’hui pour quelques semaines le dernier usager : j’y poursuis une recherche qui me tient à cœur sur  qu’est-ce qu’un acteur et qu’est ce qu’un théâtre et qu’est-ce qu’un public, questions récurrentes que tout artiste se pose de création en création mais sans trop avoir le loisir de se la poser sans pression dans un pur protocole de recherche. C’est donc bien underground que je m’offre cette recherche comme un caprice … Et pour ce faire j’ai du m’en remettre à la générosité et au don ; tant de mes camarades que des pouvoirs publics …Mais sans le geste de mes amis d’Actea : tiens voilà la salle et ses projos et sa sono …je suis out. Has been. Ce que je suis. Indéfendable. Inutile ? En trop ? Pas grave. Ça peut se comprendre. Ce que je comprends moins c’est le sort réservé à celui qui vient , au premier et dernier venu.  Qui le prendra dans ses bras ?

JP Dupuy, le 14 juillet 2011

Illustration : Terrence Malick, Badlands, 1973.

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