ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

La fabrique culturelle de Caen

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Un site dédié reprend les éléments de la première réunion initiée par la Ville de Caen autour de la fabrique culturelle.

Vous pouvez suivre ce dossier en vous rendandt à cette adresse :
http://www.adada-normandie.fr/fabrique/index.html

Une réunion sur la « Fabrique culturelle » aura lieu lundi 11 mars 2013 à 9h30 à la Maison des Associations, en amont du premier atelier des 3 groupes de travail officiels, afin de mettre au point une charte éthique sur laquelle il serait souhaitable que chacun des participants aux discussions s’entendent.

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CEFEDEM de Normandie, La mobilisation continue…

Vous trouverez les lettres adressés à nos élus (fichiers pdf) :
Monsieur Laurent Fabius,
Ministre des Affaires étrangères
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Madame Valérie Fourneyron,
Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la vie associative
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Madame Aurélie Filippetti,
Ministre de la Culture et de la Communication
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Au rendez-vous de la crise …Quelle politique culturelle?

Que faut-il retenir de la soirée organisée ce mercredi soir  par l’adada à la cité théâtre, où Philippe Duron député maire rencontrait un peu plus d’une soixantaine de citoyens, artistes et amateurs de la chose culturelle ?

Retenir que la culture fait recette puisqu’un public assez conséquent était au rendez-vous.

Retenir que Philippe Duron maîtrise son sujet et qu’au final, les deux heures d’explication ont pu paraître bien courtes.

Retenir enfin que cela a pu manquer de « dissensus » et que la culture reste  un objet de polémique bien tempéré. Car à l’évidence, le public présent, sans partager les analyses et propos du député-maire, n’a  pas, sauf exception, brandi l’étendard de la révolte : nous étions dans l’ordre d’un consensus mou plutôt que dans la joute protestataire. Bref  c’était un public en voie de se faire hollandisé et à ce petit jeu, Philippe Duron s’est avéré un expert.

Il aura l’habileté de se couvrir du côté des premiers pas de la nouvelle Ministre, Aurelie Filipetti laquelle, jouit d’un préjugé favorable. Elle hérite d’une situation qui, sans être mirobolante, a vu la Culture tenir son cap, quoiqu’on en dise. Dégradation sans doute, mais la montée en puissance des collectivités locales et territoriales ont, dans la période qui se termine, compensé largement le déficit de la politique de l’État . Mine de rien, les collectivités locales et territoriales sont devenues le principal bailleur de fond du secteur. Comme on dit au pays du rugby : les mouches ont changé d’âne. Donc fort de cette réalité, Philippe Duron a eu beau jeu d’expliquer qu’il y avait pire comme détresse ou marasme que celle des artistes en souffrance ! De quoi relativiser l’inévitable chœur des plaintes et autres colères qui pouvaient monter des travées. On est donc resté entre gens bien élevés  et  l’on attendra la prochaine émulsion du débat promis le 6 juin prochain où tous les candidats sont invités à la cité théâtre (même principe, même heure et même lieu) pour  savoir si  un nouveau deal peut soulever l’enthousiasme des foules pour la culture.

Comme disait une chanson des années 70 « la dou ron ron » : ça a ronronné gentiment et sûrement à la cité théâtre ce mercredi soir.
Pourtant il fallait être là !

Parce que, au demeurant, ce fut un exercice de démocratie participative, original. Original en cela que ce sont les citoyens (ADADA) qui ont mené le bal  et à l’évidence librement !

Le fait mérite d’être relevé car de la démocratie participative dûment téléguidée et « instrumentalisée », nous n’en manquons pas.

Que des citoyens roulent pour l’intérêt général et à leur compte, sans cautionner quelque politique que ce soit, la chose est assez rare et mérite d’être relevée .

En ce sens la deuxième manche de mercredi prochain, méritera qu’on y prête attention.

En attendant, offrons-nous un condensé de ce qu’ont pu être  les échanges de ce mercredi soir (18h/20h) .

Outre l’annonce d’une loi d’orientation et de programmation sur la culture et le dégel des 6% de son budget global1, on notera la mise en place d’une  cellule de réflexion sur la loi hadopi et semble-t-il une volonté réelle de faire de l’éducation artistique, une priorité.

Enfin l’intermittence ferait l’objet d’une mise à plat, passé la première année d’exercice.  Outre les dispositions nationales, Philippe Duron va être toute la soirée mis sur la sellette pour sa politique de maire ; c’est d’ailleurs pour cet aspect des choses qu’adada souhaitait  lui réserver le régime spécial d’un forum exclusif. Sur le terrain local, Philippe Duron pût faire l’aveu de quelques insuffisances, nonobstant la démission de son adjoint à la culture, suivi de la défaillance technico-administrative de la Direction des Affaires culturelles de la ville, aujourd’hui en voie de correction.

Il est vrai que Caen est la seule capitale régionale d’importance sans adjoint affecté aux affaires culturelles. Il fut donc vivement déploré par l’assistance l’absence de concertation s’agissant de culture et  le dommage qu’il en résulte pour la démocratie.

En règle général, comme le soulignera vivement, un intervenant, c’est la société civile  et le secteur indépendant qui souffrent de maltraitance par absence de concertation.  Il fut évoqué le projet de fabrique en maintes occasions comme révélateur d’un flou qui n’avait rien d’artistique. La ville aurait-elle à charge d’accompagner les initiatives citoyennes ou d’instruire elle-même certains dossiers ?Doit-elle aller jusqu’à la maîtrise de dispositifs nouveaux ?. Là-dessus, la position de Philippe Duron n’a pas paru véritablement tranchée. Pas plus que sur les modalités d’intervention des artistes dans le cadre du Plan Educatif Local Le SYNAVI est intervenu pour soulever la problématique des intervenants artistes dans le cadre scolaire et leur absence de statut.

Va-t-on vers l’identification d’un nouveau métier ou verra-t-on l’intermittence s’adapter à ces nouvelles pratiques ?

Quelques intervenants n’ont pas manqué de souligner la réalité d’une culture à deux vitesses avec un sous-traitement  constant du socio-éducatif, l’existence d’un secteur institutionnel outrageusement privilégié et un secteur associatif outrageusement maltraité. Philippe Duron dira via les contraintes budgétaires, la nécessité de faire des choix, qu’au demeurant, il dit « assumé ». Oui mais sera-t-il relevé :  qui « décide » du politique ou du conseiller technique ? Et où et quand ces « choix » font-ils l’objet d’une discussion ?

Et c’est là, où le serpent se mord la queue et que l’absence de concertation devient une carence rédhibitoire : les décisions semblent prises sans transparence et sans débat avec les intéressés ou avec leur représentants.

Apparaît alors une nouvelles questions : où sont les représentants légitimes du secteur des arts et de la culture ? Les jugements émis sur le terrain de l’art seraient toujours subjectifs, en marge  d’une évaluation qui se voudrait objective. Raison de plus pour en discuter objectera Adada. Philippe Duron récusera toute volonté du politique de revendiquer un parti pris  esthétique. Il observera que les artistes s’associent librement dans des dispositifs de mutualisation  et  s’en félicitera en se demandant si ce n’est pas cette orientation qu’il faut encourager comme par ailleurs celle du théâtre de rue qui avec Presqu’île en Fête trouve sa mesure. Finalement la concertation sera promise pour 2013, et  le député évoquera l’emploi à travers le renouveau du dispositif « emploi/jeune », l’espoir d’une meilleure distribution des artistes sur le territoire où ils seraient  trop présents sur Caen et moins sur l’ensemble de l’agglo… Au passage sera dressé un diagnostic sévère du fonctionnement de Pôle Emploi mis dans l’impossibilité de remplir sa mission au grand dam des chômeurs. La précarité devient dans cette période de délitement du tissu industriel, le symptôme récurent d’une société en crise. Le public ne manquera pas d’évoquer la situation « dramatique » fait aux arts plastiques et les difficultés du secteur danse. Nouveau : un Appel au soutien à la chanson et à la reconnaissance des cultures venues d’ailleurs. En règle général, le secteur indépendant souffre d’être laissé à l’abandon et comme en écho à cette triste réalité, Ouest-France publiait ce Vendredi 1er juin, un article sur la culture et le pari nantais qui se concluait par une réflexion de son adjoint à la culture (car Nantes a un adjoint à la culture) Jean-Louis Jossic (chanteur de Tri Yann) : « On ne va pas chercher ailleurs des stars qui coûtent cher. On utilise nos propres talents, on mouille la chemise. » La journaliste Isabelle Labarre  observe que « il y a deux ans, sous la pression des acteurs et structures du cru, la Ville a recadré sa politique culturelle en aidant des petites salles de spectacles et des créations dans les quartiers. » Jossic conclut «La Ville a compris que la culture est un poil à gratter qui transcende. Ce n’est pas seulement faire fonctionner un opéra ou un grand orchestre. Mais inventer des choses qui ne passent pas ailleurs».
Adada ne dit pas autre chose et le redira le 6 juin prochain à qui voudra l’entendre.

Debriefing et Eléments de Compte-rendu  critique recueilli le 31 Mai 2012 par J. M.

Note : 1 Le coup du gel du 6% consiste à ne pas dépenser 6% du budget du ministère avec l’arrière pensée d’arriver à boucler l’exercice sans ces 6%.

Synthèse de Robert Weil intitulée « Patience du politique… Impatiences du citoyen »

 

Obstacles levés

Deux  obstacles majeurs aux attentes culturelles du citoyen semblent levés :
La fin d’un état dominé par la culture patrimoniale au détriment du spectacle vivant, conformément à la volonté du nouveau Ministère de la Culture et de la Communication
L’aboutissement d’une lente restructuration des services culturels de Caen et Caen la Mer avec la mise en place d’une équipe de conseillers fraîchement nommés et nous l’espérons donc, la fin de ce que le citoyen local ressentait comme une inertie dommageable.

Reconnaissance des manques

La démocratisation culturelle est en panne.
Le numérique est en gestation.
La danse, la musique, la chanson, les arts itinérants, l’éducation artistique ne connaissent pas la place et la reconnaissance qu’ils méritent.
La précarité des artistes est à son comble.
L’information peine à circuler et rend les démarches périlleuses.


Des opportunités se présentent

Le politique réaffirme son esprit d’ouverture, son refus de toute chapelle et  sa disponibilité à l’égard du monde artistique.
Un personnel qualifié a été recruté ou est en passe de l’être au sein du service culturelle.
Le développement du numérique offre des usages à investir.
Le spectacle vivant devrait être davantage aidé.

La question de la Fabrique reste posée

Cette demande portée par l’ADADA tarde à se préciser.
Le rapport que  Samia Chehab devrait rendre sous peu pourrait éclaircir un horizon incertain, deux options sont envisagées :
Soit renforcer les équipes existantes comme le Bazarnaom, les  Ateliers intermédiaires la Fermeture Eclair…
Soit créer une nouvelle structure.


En conclusion

On peut espérer que les conditions soient enfin requises pour démarrer la co-construction d’une  politique artistique et culturelle capable de faire face  aux grands défis culturels à savoir :
Comment créer un véritable statut des artistes et la reconnaissance de ceux-ci par les partenaires, en particulier, l’éducation nationale ?
Comment revenir à des financements qui assurent la continuité des actions et mettent fin à la généralisation des financements au projet ?
Comment revenir sur des choix budgétaires ayant mis plus fortement à l’écart certaines disciplines comme la chanson, certaines courants de musique, les arts itinérants… et des formes artistiques plurielles échappant aux catégories sectorielles ?
Comment sensibiliser les publics afin qu’ils participent activement à la demande de culture, notamment ceux frappés par la marginalité à travers la précarité, la pauvreté, l’éloignement des centres urbains… ?
Comment enfin débuter le vaste chantier de la démocratie participative et amorcer un changement de modèle social voulu par le candidat à la députation ?

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ADADA Appel à contribution / à la rencontre du 30 mai 2012 : PHILIPPE DURON RÉPONDRA À VOS QUESTIONS SUR LA POLITIQUE CULTURELLE


LE 30 MAI 2012 À 18 H À LA CITÉ-THÉÂTRE : PHILIPPE DURON RÉPONDRA À VOS QUESTIONS SUR LA POLITIQUE CULTURELLE
À l’invitation de l’ADADA, Monsieur le Député-maire Philippe Duron répondra à toutes vos questions à propos de sa vision, ses choix et ses ambitions en matière de Culture et d’Art.

Ce sera le moment de le questionner en tant que député de la première circonscription du Calvados, mais également en tant que maire de la ville de Caen et en tant que président de la Communauté d’agglomération Caen la mer.

Nous nous sommes mis d’accord, lors de l’AG du 30 mars, sur l’idée que le forum soit divisé en deux temps : un temps de questions ciblées, suivi d’un temps de débat libre et spontané.

Afin de préparer au mieux cet évènement et notamment le temps des questions ciblées, nous vous proposons la démarche suivante :

1) Vous nous communiquez toutes vos questions sur un document commun, en ligne à cette adresse http://goo.gl/5wZf1, ou vous nous les adressez directement sur la boîte mail de l’association adada.normandie@gmail.com.

2) À partir des différents thèmes émergeant de cette compilation, nous vous proposons de diviser le travail en plusieurs groupes thématiques. Une fois ce découpage thématique validé collectivement et les groupes de volontaires constitués, nous passons à la troisième et dernière phase.

3) Chaque groupe de travail thématique se réunit pour élaborer une liste de questions synthétiques et pour définir sa propre stratégie de questionnement (ordre des questions posées, personnes posant les questions…).

Si vous avez des commentaires sur la démarche envisagée, faites-les nous connaître sur la boîte mail de l’association adada.normandie@gmail.com.
Sinon, à vos questions, car ça va venir vite… !

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Motion / Disparition du département Danse du CEFEDEM de Normandie – Appel au vote

Chères adhérentes, chers adhérents,

veuillez trouver ci-dessous la motion que nous envisagions de proposer au vote hier soir pour nous élever contre la fermeture annoncée du département Danse du CEFEDEM de Normandie. Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de la  présenter.

La réunion de la dernière chance sur ce dossier a lieu mardi 3 avril (mardi prochain) à Rouen.

Nous vous demandons donc de vous prononcer pour ou contre cette motion. Les propositions d’amendements sont bien entendu possibles, mais le temps est surtout à l’urgence d’une prise de position.

Adadaïstement,

Julien Danlos

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Foucault

La justice – je parle là de l’institution – finit par servir le despotisme si ceux qui l’exercent et ceux-là même qu’elle protège n’ont pas le courage de la problématiser… Une justice doit toujours s’interroger sur elle-même tout comme une société ne peut vivre que du travail qu’elle exerce sur elle-même et sur ses institutions.
Michel Foucault, “Vous êtes dangereux”, Libération (10 juin 1983.

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Cela passera-t-il ! – contribution d’un de nos adhérents suite à une représentation théâtrale au sein de notre bonne ville …

Lundi soir, je me suis rendu au Théâtre de la rue des Cordes pour voir la représentation du spectacle N’être que joue le Papillon Noir.

Le spectacle évoque la naissance d’une femme venue du Maghreb à la République.

Le spectacle est agréable, tout se passe bien et comme seul le théâtre l’autorise, je me mets à discuter avec mes voisines. Nous parlons de la condition de la femme, de la révolution Tunisienne, les difficultés du peuple algérien. Le spectacle est fini depuis 20 mn quand un gaillard affublé d’une étiquette sécurité nous demande sur un ton qui ne suppose aucune réplique de quitter l’établissement. Bien qu’habitué aux interventions les plus surréalistes dans la rue, je comprends tout de suite, qu’il s’agit là véritablement d’un vigile, ce qu’il confirme, en nous disant que nous pourrions continuer notre conversation dehors.

Vous remarquerez que la Comédie de Caen a tout de même eu l’élégance de choisir un vigile s’appelant Rachid.

Il ne manquait plus que les chiens policiers pour que cela rappelle quelques incidents notoires qui ont marqué la conscience du Théâtre Caennais.
Il est vrai que le Papillon Noir ne bénéficiait que d’un créneau ville et qu’il est toujours préférable de payer des vigiles plutôt qu’un artiste pour ouvrir le bar.

Je ne sais pas si je dois être en colère ou avoir honte d’être sorti.

René Pareja

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Intervention ADADA lors du rassemblement du 25 janvier 2012

Conjointement avec trois autres organisations (SYNAVI, Solidaires Précaires Chômeurs et AC !14-Caen), l’ADADA appelait à un rassemblement le mercredi 25 janvier 2012 devant la préfecture pour manifester son désaccord avec la politique suivie par Pôle Emploi. Les comédiens de l’Oreille arrachée et Yo du Milieu participaient également à l’animation de ce rassemblement.

Voilà le texte prononcé à cette occasion par le secrétaire général de l’ADADA :

L’ADADA et le SYNAVI se joignent aux organisations de chômeurs parce que les artistes, quelle que soit leur discipline, sont victimes de la même politique rétrograde et injuste.
Intermittents du spectacle et artistes en général sont les premiers à pâtir des politiques d’austérité ! Dès que la précarité et la misère s’aggravent, le chômage grandit dans leurs rangs. Alors, comme tous les chômeurs, ils ont affaire à Pôle Emploi, et comme tous les chômeurs, ils subissent les mauvais traitements que Pôle Emploi inflige !
Le pire, c’est cette ritournelle insidieuse selon laquelle les artistes seraient des privilégiés ! Comment cela « privilégiés » ? Avec une moyenne de salaires en dessous du SMIC ? C’est un fait : la plupart des artistes (peintres, comédiens, danseurs, musiciens et j’en passe) vivent en dessous du seuil de pauvreté… Bien sûr, il y a des stars ! Mais celles-ci sont les quelques arbres qui cachent la forêt d’une immense majorité qui n’a pas de moyens décents pour vivre et est souvent contrainte au chômage.
Pour les artistes comme pour tous les travailleurs, le chômage est une plaie. Certes, il est vrai que les artistes entretiennent un rapport singulier avec la question du chômage. C’est bien entendu pour cette raison qu’une partie d’entre eux disposent du régime de l’intermittence : un régime particulier cependant très loin de constituer un régime de faveur – l’emploi dans le secteur étant en effet, comme chacun peut l’imaginer, sujet à de nombreux aléas.
Les artistes sont donc des usagers très assidus de Pôle Emploi et demeurent de fait des victimes de la maltraitance ordinaire de cette institution. Cette maltraitance est le fruit de la politique que ses agents sont sommés d’appliquer. Pour assurer le plus mauvais traitement possible des dossiers et des hommes, Pôle Emploi tourne en permanence en sous-effectif. Le fric ou l’humain, il faut choisir et cela est tout à fait clair : la direction de Pôle Emploi n’a pas choisi l’humain. Le cas de notre camarade Lehodey illustre, hélas, cette triste orientation.
Christophe Lehodey était un intermittent du spectacle et, comme beaucoup d’entre eux, il exerçait son talent en de multiples occasions et dans des cadres variés. Pôle Emploi a pris ce mauvais prétexte pour lui refuser sa qualité d’artiste et le transformer en « enseignant »… De suite, notre camarade s’est vu rétrospectivement contesté ses indemnités au chômage sur – tenez-vous bien – une période de 4 ans ! En application de cette froide logique, Pôle Emploi l’a sommé de rembourser la modique somme de 35000 euros ! Le plus cruel étant sans doute que cet « indu » remonte désormais à une dizaine d’années – entre 2001 et 2004 pour être précis… Pôle Emploi a été jusqu’à porter l’affaire devant la justice… Espérant que Christophe Lehodey soit reconnu pénalement coupable ! Le procureur n’a pas suivi Pôle Emploi au pénal – c’est déjà ça – mais le Tribunal de Grande Instance de Caen a tout de même condamné Christophe Lehodey à rembourser les 35000 euros. Bien qu’il vive avec le RSA et ne soit aucunement en mesure de rembourser cette somme colossale, Pôle Emploi s’obstine à le tourmenter ! Quand nous demandons à discuter avec Pôle Emploi, nous nous heurtons à une fin de non recevoir ! Pire, Pôle Emploi nous envoie des sbires !
Nous ne pouvons que nous étonner de cet acharnement, mais il a sans doute un but : tout simplement celui de faire peser une menace permanente sur les artistes… Celui de faire culpabiliser les artistes en tant que chômeurs… comme si les artistes choisissaient délibérément de ne pas travailler ! Et c’est bien pour cette raison que nous nous déclarons solidaires avec tous les chômeurs, doublement et même triplement victimes d’une société mise en couple réglée par le fric et le fric et… toujours le fric ! Outre le fait de ne pouvoir gagner sa vie par soi-même, souvent vécu comme une humiliation, s’ajoute pour des millions
de chômeurs la stigmatisation et l’injustice, comme s’ils étaient les premiers responsables d’une organisation sociale qui les condamne à l’inactivité…

Alors, nous sommes là aujourd’hui pour dire fermement à Pôle Emploi : « Retirez votre plainte contre Christophe Lehodey ! Elle n’a pas de sens ! ».

Le fric ou l’humain, il faut choisir !

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Chômeurs, intermittents, précaires, ça se dégrade

 

Oui, ça se dégrade ! La crise comme argument pour dégrader les droits des chômeurs, intermittents et travailleurs précaires, ce n’est pas nouveau ! La vedette, aujourd’hui, c’est la dette ! Dans un pays regorgeant de richesses et des moyens matériels ou humains pour les produire, elle devient le leitmotiv pour s’attaquer aux soit-disant privilèges des plus démunis ! Restriction des droits collectifs, diminution des moyens de la culture, de l’éducation, des soins ou de l’urgence sociale, précarisation des métiers et des parcours sont les solutions que le gouvernement veut nous imposer comme les seuls moyens d’en sortir ! Ainsi, les plus précaires se voient sommés de payer la crise ! Dans cette logique, avoir un droit revient à être considéré comme en dette, redevable et coupable (1). L’idée que les droits collectifs seraient un abus conduit à une répression de plus en plus arbitraire de la part de Pôle emploi :

Pôle emploi multiplie les procédures administratives et juridiques pour rogner les allocations des chômeurs, précaires, intermittents. Réclamation de trop perçus (2), suspensions et radiations abusives (3), allongement des délais d’ouverture de droits, dématérialisation des correspondances écrites et humaines (le 39 49, plateforme du répondeur téléphonique de pôle emploi qui ne répond à … rien !) pour les « usagers » ; dégradation des conditions de travail, pressions managériales pour multiplier les contrôles et les radiations du côté des agents de Pôle Emploi (passés de 45 000 en 2010 à 42 000 aujourd’hui, – 3000 en un an alors que le nombre de dossier à traiter par agent explose !). L’arbitraire devient un mode de fonctionnement sciemment organisé de Pôle Emploi.

Le comble a été atteint avec le cas de notre camarade Lehodey condamné en Janvier dernier à rembourser 35 000€. Ce dernier n’étant pas en mesure faute de ressources d’exécuter le jugement, Pôle Emploi a tenté d’empêcher Christophe Lehodey de faire appel du jugement qui l’a condamné ! Indécence totale de la démarche qui, hélas, confirme que Pôle Emploi entend mettre en œuvre une ligne répressive, d’ailleurs vivement encouragée par le Président de la République en personne !

En île de France Pôle Emploi a porté plainte contre des intermittents pour outrage à Pôle Emploi au motif que des intermittents avaient fait usage de mots désobligeants Pôle emploi (Incompétent, fainéant et bon à rien en matière de droits des chômeurs). Sur le fond, les intermittents réclamaient leur dû c’est-à-dire le versement d’allocations non versées ! (4) Le procureur a dû finir par admettre que « Le fondement juridique [de cette plainte] était « fragile ». Tandis que la défense réclamait la relaxe, le représentant du Ministère public qui avait pourtant engagé les poursuites suite à la plainte d’une directive de Pôle n’a pas même requis de condamnation.

Nous disons clairement et fermement, qu’à tous les niveaux, les pouvoirs publics n’apportent pas de réponses à la mesure des problèmes posés. Dans notre région, dans le secteur du spectacle vivant, on relève 1512 demandeurs d’emploi ! Sur ces 1512 artistes et techniciens, seuls 734 accèdent au régime chômage de l’intermittence ! Autrement dit, 778 artistes et techniciens n’ont pas de couverture et émargent au RSA ou à rien du tout ! À cela s’ajoutent 58 000 chômeurs (catégorie A, +1,6%) en Basse-Normandie : voilà une situation massive de précarité et de pauvreté dont on ne saurait se satisfaire !

La politique de culpabilisation et de répression des chômeurs, intermittents et précaires est d’autant plus injuste, inacceptable, insupportable qu’elle est menée en temps de crise !

LE 08 DECEMBRE, MOBILISONS NOUS ! CONTRE LA POLITIQUE RÉPRESSIVE DE PÔLE EMPLOI !

RDV 10h au siège départemental de Pôle Emploi, à la Cotonnière à Caen, à l’appel de Adada et Synavi Basse Normandie.

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Affaire Yo Burka tricolore : l’artiste relaxé !

C’est avec une joie manifeste et indescriptible que la cinquantaine de citoyens et artistes rassemblée devant le tribunal administratif de Caen, ont accueilli l’annonce de la relaxe par le tribunal de notre camarade YO de toutes poursuites concernant le port d’une Burka tricolore dont il lui était fait grief !

Dans son prononcé le tribunal a fait référence au conseil d’état qui avait bien stipulé qu’en aucun cas cette loi récente d’outrage au drapeau ne pouvait concerner les artistes.
Adada et tous nos adhérents ne peuvent que se féliciter de s’être associé à cette lutte répondant à l’appel de la ligue des droits de l’homme.

Cette victoire, car c’est une victoire de la liberté d’expression à laquelle tous les acteurs du spectacle et tout les artistes en général ne peuvent qu’être très attachés, est un signe encourageant ! Tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont apporté leur soutien doivent considérer qu’ils ont eu raison de faire entendre leur voix ! Oui, il arrive que la lutte paie  et à la sortie du tribunal YO n’a pas manqué de remercier tous ceux qui ont fait le geste de le soutenir. Reste que dans cette période de crise où l’on pressure plus que jamais les précaires et les plus fragiles de nos concitoyens, il devient impératif de nous mobiliser et de résister de toute les manières. Avec toutes les forces progressistes Adada tiendra sa place et ce dès ce Samedi 26 nov après midi place Bouchard à Caen où l’on dira haut et fort : Stop à la violence faites aux femmes !

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L’imprévisible

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