ADADA

Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts

Intervention ADADA lors du rassemblement du 25 janvier 2012

Conjointement avec trois autres organisations (SYNAVI, Solidaires Précaires Chômeurs et AC !14-Caen), l’ADADA appelait à un rassemblement le mercredi 25 janvier 2012 devant la préfecture pour manifester son désaccord avec la politique suivie par Pôle Emploi. Les comédiens de l’Oreille arrachée et Yo du Milieu participaient également à l’animation de ce rassemblement.

Voilà le texte prononcé à cette occasion par le secrétaire général de l’ADADA :

L’ADADA et le SYNAVI se joignent aux organisations de chômeurs parce que les artistes, quelle que soit leur discipline, sont victimes de la même politique rétrograde et injuste.
Intermittents du spectacle et artistes en général sont les premiers à pâtir des politiques d’austérité ! Dès que la précarité et la misère s’aggravent, le chômage grandit dans leurs rangs. Alors, comme tous les chômeurs, ils ont affaire à Pôle Emploi, et comme tous les chômeurs, ils subissent les mauvais traitements que Pôle Emploi inflige !
Le pire, c’est cette ritournelle insidieuse selon laquelle les artistes seraient des privilégiés ! Comment cela « privilégiés » ? Avec une moyenne de salaires en dessous du SMIC ? C’est un fait : la plupart des artistes (peintres, comédiens, danseurs, musiciens et j’en passe) vivent en dessous du seuil de pauvreté… Bien sûr, il y a des stars ! Mais celles-ci sont les quelques arbres qui cachent la forêt d’une immense majorité qui n’a pas de moyens décents pour vivre et est souvent contrainte au chômage.
Pour les artistes comme pour tous les travailleurs, le chômage est une plaie. Certes, il est vrai que les artistes entretiennent un rapport singulier avec la question du chômage. C’est bien entendu pour cette raison qu’une partie d’entre eux disposent du régime de l’intermittence : un régime particulier cependant très loin de constituer un régime de faveur – l’emploi dans le secteur étant en effet, comme chacun peut l’imaginer, sujet à de nombreux aléas.
Les artistes sont donc des usagers très assidus de Pôle Emploi et demeurent de fait des victimes de la maltraitance ordinaire de cette institution. Cette maltraitance est le fruit de la politique que ses agents sont sommés d’appliquer. Pour assurer le plus mauvais traitement possible des dossiers et des hommes, Pôle Emploi tourne en permanence en sous-effectif. Le fric ou l’humain, il faut choisir et cela est tout à fait clair : la direction de Pôle Emploi n’a pas choisi l’humain. Le cas de notre camarade Lehodey illustre, hélas, cette triste orientation.
Christophe Lehodey était un intermittent du spectacle et, comme beaucoup d’entre eux, il exerçait son talent en de multiples occasions et dans des cadres variés. Pôle Emploi a pris ce mauvais prétexte pour lui refuser sa qualité d’artiste et le transformer en « enseignant »… De suite, notre camarade s’est vu rétrospectivement contesté ses indemnités au chômage sur – tenez-vous bien – une période de 4 ans ! En application de cette froide logique, Pôle Emploi l’a sommé de rembourser la modique somme de 35000 euros ! Le plus cruel étant sans doute que cet « indu » remonte désormais à une dizaine d’années – entre 2001 et 2004 pour être précis… Pôle Emploi a été jusqu’à porter l’affaire devant la justice… Espérant que Christophe Lehodey soit reconnu pénalement coupable ! Le procureur n’a pas suivi Pôle Emploi au pénal – c’est déjà ça – mais le Tribunal de Grande Instance de Caen a tout de même condamné Christophe Lehodey à rembourser les 35000 euros. Bien qu’il vive avec le RSA et ne soit aucunement en mesure de rembourser cette somme colossale, Pôle Emploi s’obstine à le tourmenter ! Quand nous demandons à discuter avec Pôle Emploi, nous nous heurtons à une fin de non recevoir ! Pire, Pôle Emploi nous envoie des sbires !
Nous ne pouvons que nous étonner de cet acharnement, mais il a sans doute un but : tout simplement celui de faire peser une menace permanente sur les artistes… Celui de faire culpabiliser les artistes en tant que chômeurs… comme si les artistes choisissaient délibérément de ne pas travailler ! Et c’est bien pour cette raison que nous nous déclarons solidaires avec tous les chômeurs, doublement et même triplement victimes d’une société mise en couple réglée par le fric et le fric et… toujours le fric ! Outre le fait de ne pouvoir gagner sa vie par soi-même, souvent vécu comme une humiliation, s’ajoute pour des millions
de chômeurs la stigmatisation et l’injustice, comme s’ils étaient les premiers responsables d’une organisation sociale qui les condamne à l’inactivité…

Alors, nous sommes là aujourd’hui pour dire fermement à Pôle Emploi : « Retirez votre plainte contre Christophe Lehodey ! Elle n’a pas de sens ! ».

Le fric ou l’humain, il faut choisir !

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